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La Marche du scorpion

Się

La Marche du scorpion est le premier grand livre de Stachura traduit en français. On peut s’en étonner lorsqu’on sait combien ses écrits ont marqué les consciences en Pologne et combien son destin tragique a fait de lui une légende. Il est grand temps de le découvrir ici, car c’est en France qu’il est né, à Charvieu (Isère), où son père était travailleur immigré. Il avait 11 ans déjà quand sa famille est rentrée en Pologne. Bilingue, il a fait son mémoire sur Henri Michaux et traduit Michel Deguy.

Stachura a toujours vécu dans l’écart entre le polonais et le français, entre l’Europe et l’Amérique, entre lui et lui-même. En cela comparable à Gombrowicz ou Borges. Proche par le style de Kerouac et de la Beat Generation, Stachura est avant tout un écrivain voyageur. Nous le suivons d’une ville à l’autre, aux États-Unis, au Mexique, en Amérique latine, attentif à toutes les rencontres, à tous les signes. Toujours prêt à sortir sa guitare pour chanter ou à prendre le premier train.

« On marchait sur l’une des innombrables routes parmi des dizaines parmi des centaines parmi des milliers en forme de boucle, une des routes de la Planète. » Sur les routes du Mexique, des États-Unis ou de la Pologne, Stachura, guitare en bandoulière, ne vit que de découvertes et de rencontres. Le mouvement hippie bat son plein, mais déjà il en sent les ambiguïtés et se demande : « Cela peut-il se produire, une aspiration universelle vers l’arrière ? Une reculade universelle ? Oui, ça se peut. » La même année où disparaissent Kerouac et Gombrowicz, en 1969, Stachura publie son premier roman.

Liliana Orlowska et Laurent Pinon ont précédemment traduit sous le titre Près d’Annopol quatre récits aux éditions Alidades (2022).

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