Ainsi parlait Pétrarque

Dits et maximes de vie traduits de l’italien et du latin et présentés par Antoine de Rosny. BILINGUE

« Peut-être aurez-vous entendu parler de moi, même si je doute qu’un nom aussi mince, aussi obscur, voyage loin dans l’espace et le temps. » C’est ainsi que Pétrarque s’adresse à la postérité dans sa dernière Lettre de la vieillesse.

Sept siècles après, son œuvre connaît un regain d’intérêt considérable. C’est ainsi qu’ont été publiées récemment l’intégralité des Lettres familières (6 vol., 2002-2015) et des Lettres de la vieillesse (5 vol., à la traduction desquels a participé Antoine de Rosny, 2002-2013). Quant au fameux Canzoniere, plusieurs traductions en été données aux Belles Lettres (2009) ou chez Gallimard (2018).

Pétrarque (Francesco Petrarca) est aussi français qu’italien. Il passe sa jeunesse à Avignon ; c’est là qu’il rencontre Laure de Noves, passion de toute sa vie ; c’est dans sa maison des bords de Sorgue qu’il connaît les plus heureux moments.

L’œuvre de Pétrarque est l’une des plus vastes de la Renaissance italienne. On connaît le poète amoureux, mais on ignore le moraliste ; on connaît  l’écrivain italien, mais on oublie l’œuvre latine ; on prend pour argent comptant le mythe qu’il s’est lui-même construit (très moderne en cela !) et on néglige les textes. En réalité, a-t-il bien effectué l’ascension du mont Ventoux en compagnie de son frère Gérard ? Est-ce bien en l’église Sainte-Claire d’Avignon qu’il a eu la vision merveilleuse de Laure de Noves ? A-t-il vraiment reçu la couronne de lauriers sur le Capitole ?

Nulle vérité définitive chez Pétrarque, qui retouche inlassablement ses œuvres, à la manière du Montaigne des Essais. Son existence entière est placée sous le signe de l’exil et de l’errance. Pas d’écrivain plus cosmopolite que lui. Pas d’écrivain plus tourmenté par un amour impossible.

Les fragments ici présentés permettent de restituer l’unité de cet ensemble indissociable : traités, pamphlets, dialogues, poèmes et lettres. – Il sont été choisis et traduits par Antoine de Rosny, excellent connaisseur de l’œuvre de Pétrarque, qui a également participé à la traduction des Lettres de vieillesse aux Belles Lettres. Antoine de Rosny est également l’auteur du Ainsi parlait André Suarès.

      Coll. Ainsi parlait – 176 pages – 2021 – ISBN 978-2-845-90318-0 – 14 €

Sur les rives de Tibériade

Poèmes épars suivis de lettres et d’articles

Traduit de l’hébreu et présenté par Bernard Grasset

L’œuvre poétique de Rachel (1890-1931), qui lui vaut d’être considérée aujourd’hui comme une fondatrice de la littérature hébraïque moderne, est constituée de seulement trois recueils : Regain (1927) ; De loin (1930) et Nébo (posthume, 1932). Traduite en de nombreuses langues, cette œuvre a paru en français pour la première fois chez Arfuyen avec Regain (2006) et De loin, suivi de Nébo (2013), en édition bilingue hébreu-français et dans la traduction de Bernard Grasset.

Aux 114 poèmes de ces recueils s’ajoutent 30 poèmes épars dans diverses publications, mais aussi des articles et des lettres. Après avoir publié les trois grands recueils de Rachel, les Éditions Arfuyen publient sous le titre Sur les rives de Tibériade l’ensemble de ces poèmes épars, articles et lettres.  Ce titre est celui de son tout premier article, écrit en russe, à Odessa en 1919 alors que déjà la maladie apparaissait : « Ce n’est pas seulement un paysage, le lac de Tibériade, écrit-elle, ni un fragment de nature – le destin d’un peuple s’allie à son nom. Avec des yeux sans nombre il nous regarde des profondeurs de notre passé, avec mille lèvres il parle au cœur. » Ce paysage demeurera jusqu’à la fin son recours spirituel.

Les poèmes ici présentés en édition bilingue sont suivis de quatre lettres écrites de France, alors qu’elle faisait des études d’agronomie à Toulouse entre 1913 et 1916, ainsi que de trois poèmes épistolaires. Quant aux articles, leurs thèmes sont des plus variés : la vie des pionniers, la poésie, le théâtre, la littérature, les arts plastiques, la philosophie ou même saint François d’Assise en qui elle voit un frère des pionniers d’Israël « par leur attachement à la nature et à une pauvreté joyeuse ».

         Coll. Neige – 192 pages – 2021 – ISBN 978-2-845-90316-6 – 17 €

Sur Dieu

Über Gott

Préface de Carl Sieber. Traduit de l’allemand et présenté par Gérard Pfister

Les éditions Arfuyen n’ont cessé d’explorer le rapport entre poésie et spiritualité chez Rilke. Rapport fondateur qui donne à l’œuvre cette  intensité  particulière que ressentent les lecteurs.

Dans son Journal, Etty Hillesum évoque avec admiration un livre de Rilke qu’elle est en train de lire : Über Gott (Sur Dieu). Ce livre a été publié par Carl Sieber en 1934 aux éditions Insel Verlag. Époux de Ruth, la fille unique de Rilke, Sieber fut avec elle l’éditeur de la correspondance de Rilke (6 volumes, 1936-1939).

Dans sa première édition, ce volume comprenait, outre une riche préface de Carl Sieber, la lettre à H.P. du 8.11.1915 et la lettre à M. V., de février 1922, toutes deux rendant compte de la réflexion de Rilke sur Dieu et sur les religions. Le travail d’édition de la correspondance de Rilke lancé par Sieber n’avait pas encore pu être mené à bien et révéler plusieurs autres lettres tout aussi essentielles sur ce même thème. 

Une nouvelle édition de Sur Dieu ne pouvait aujourd’hui laisser de côté ces dernières si l’on voulait avoir une vue vraiment juste de l’itinéraire spirituel de Rilke. C’’est pourquoi la présente édition a été enrichie de trois autres lettres d’une importance majeure : la lettre à Ilse Blumenthal-Weiss du 28.12.21, la lettre à Margarete Sizzo-Noris-Crouy du 6.01.23, enfin la lettre à Witold Hulewicz du 3.11.25.

L’ensemble est précédé d’une étude intitulée « Sur le message spirituel de Rilke ». Message essentiel et passionnant, en effet, mais aussi d’une incroyable modernité : « Rilke, écrivait le grand écrivain Robert Musil, a été, dans un certain sens, le poète le plus religieux depuis Novalis, mais je ne suis pas sûr qu’il ait vraiment eu de religion. Il voyait autrement. D’une façon neuve, intérieure.  »

    Coll. Les Carnets spirituels – 128 pages – ISBN 978-2-845-90321-0 – 14 €

Ainsi parlait Maeterlinck

Textes choisis et présentés par Yves Namur

Sur Maeterlinck (1862-1949), il n’est pas de plus éloge que celui que Rainer Maria Rilke décernait à ses ouvrages : « Je ne connais aucune œuvre, écrivait Rilke, dans laquelle soit enfermé autant de silence, de solitude et de paix. »

L’auteur de Pelléas et Mélisande, de L’Oiseau bleu, de La Vie des abeilles ou du Trésor des humbles, Maeterlinck, est le seul Belge à avoir reçu le prix Nobel de littérature (1911). Mais c’est en France qu’il a passé toute sa vie. Et c’est à Nice qu’il repose, près de l’immense « Palais Maeterlinck » , dominant la Baie des Anges, qui lui appartenait.

Bénéficiant d’une double culture latine et germanique, très marquée par le romantisme et la mystique rhénane, son œuvre a été saluée par les plus grands et a marqué nombre d’écrivains majeurs, de Pessoa à Robert Musil, de Breton à Julien Gracq.

« Maurice Maeterlinck, écrivait Cocteau, était habité par un ange. Mais jamais ange ne sut mieux se travestir pour évoluer parmi les hommes que sous une apparence de businessman robuste et sportif.  » De fait, Maeterlinck fut l’homme de toutes les contradictions.

Combien de contrastes, en effet, dans ce destin exceptionnel ! Il a écrit en français l’ensemble de son œuvre, mais il se sentait ardemment flamand et refusait, par exemple, l’idée de siéger à l’Académie française. Il détestait les théâtres et fut pourtant un auteur dramatique à succès, notamment avec L’Oiseau bleu, mis en scène par Stanislavski à Moscou comme à New York, puis adapté au cinéma.

Autres paradoxes : Maeterlinck était peu sensible à la musique et lui doit pourtant une bonne part de sa gloire (Pelléas et Mélisande de Debussy, Ariane et Barbe-Bleue de Dukas, mais aussi Fauré ou Schoenberg). Écrivain, il était fasciné par la sciences naturelles (La Vie des abeilles, etc.). Aimant les pauvres, il n’a cessé de vivre dans des palais, comme le château de Médan ou le fastueux château Castellamare…

Théâtre, essais, poésie, livres de nature : Yves Namur, grand écrivain belge d’aujourd’hui, et secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de littérature française de Belgique, nous aide à la redécouvrir l’œuvre immense de ce « très grand précurseur » (Claude Régy) mais aussi un homme étonnamment fragile et attachant.

     Coll. Ainsi parlait – 176 p. – 2021 – 14 euros – ISBN 978-2-845-90315-9

La Vie d’un poète

Poèmes et écrits sur la poésie

Traduit de l’allemand par Marie-Thérèse Kieffer. Préface de Gérard Pfister. BILINGUE

« On n’aime rien tant que ses poèmes, écrit Zweig en 1905 : ce sont les seuls textes dont on se prend parfois à rêver qu’ils soient achevés, qu’ils aient leur vie propre et qu’ils ne puissent plus mourir. » Stefan Zweig (1881-1942) a beaucoup écrit : nouvelles, théâtre, essais, biographies. Son succès a été immédiat et considérable. Il est aujourd’hui encore l’écrivain étranger le plus lu en France. 

Zweig lui-même s’étonnait d’un tel succès : car ces textes-là n’étaient à ses yeux que d’un intérêt mineur. Ce qui comptait pour lui, c’était la poésie. Car, on l’ignore trop souvent, Zweig a écrit des poèmes toute sa vie. Il en a publié trois recueils (en 1901, 1905 et 1922), pour certains plusieurs fois réédités de son vivant et récemment réédités en Allemagne. Poèmes de voyages, de rêves et de méditations. De façon très étonnante, presque aucun de ces textes n’a été à ce jour traduit en français.  Zweig a également beaucoup écrit sur la poésie et les poètes, qu’il admirait plus que tout. 

C’est donc une sorte d’autobiographie de Stefan Zweig en poète qui est ici donnée : ce poète qu’il a toujours rêvé d’être, sur les traces des idoles de sa jeunesse viennoise, au premier rang desquelles Hofmannsthal. Tout au long de sa vie, Zweig n’a cessé d’écrire à la gloire des poètes : de Kleist et Hölderlin à Verhaeren et Rilke.

Ces textes ici réunis (et, pour les poèmes, traduits pour la première fois en français) constituent le journal d’une vie, la « vie rêvée » de ce poète qu’il brûlait d’être et qu’il est mort, peut-être, de n’avoir pu être pleinement.

   Coll. Les Vies imaginaires – 2021 – 192 p – ISBN 978-2-845-90313-5 – 17 €

Hautes Huttes

Les mille poèmes en un unique poème de Ce qui n’a pas de nom (2019) proposaient une expérience de lecture tout à fait nouvelle : un vaste espace musical ouvert à de multiples parcours, de multiples associations, de multiples résonances.

Identique par son architecture, Hautes Huttes s’inscrit pourtant, par ses thèmes ainsi que par sa tonalité, en nette opposition avec le volume précédent. Comme le masculin fait contraste avec le féminin, la mort avec la vie, la roche avec l’eau.

À l’épigraphe du poète-philosophe majeur de l’Occident, Lucrèce, répond ici l’épigraphe du plus admirable poète-philosophe de l’Orient, Li Po, quatre vers écrits sur la Montagne des Huttes : « Las d’agiter l’éventail de plumes blanches, / torse nu dans l’ombre verte de la forêt, / j’ai laissé mon bonnet au creux d’un rocher, / doucement sur mon crâne s’écoule le vent des pins. »

Cet homme seul sur la montagne des Huttes, comme abandonné au bord du vide, c’est nous. Cet être sans cesse en déséquilibre, effrayé par la mort et comme incapable pourtant de vivre. « Que peut l’homme, interroge le poème / toujours absent // que cherche-t-il / de son grand pas bancal ». La vie est là, à portée de main, et sans cesse il la fuit. Pire, il la souille, il la détruit, comme si, de ne pas savoir en jouir, il l’avait prise en haine.

« Qu’est-il arrivé / à cette vie // qu’on ne sache plus / l’aimer », interroge le poème. Pourquoi cette pulsion de mort a-t-elle ainsi dévoré nos existences, nous entraînant et le monde avec nous vers l’abîme ?

L’Œuvre poétique I

Sundgäu

Préface de Jean-Paul de Dadelsen. Postface et notes de Yolande Siebert. BILINGUE

Arfuyen a publié la quasi-totalité de l’œuvre de Nathan Katz (1892-1981), découverte grâce à son ami Guillevic qui en a été le premier traducteur. Récemment encore ont paru la pièce de théâtre Annele Balthasar (2018), Prix Nathan Katz du patrimoine, ainsi que le récit de captivité intitulé La Petite Chambre qui donnait sur la potence (2020).

En 2001 et 2003 Arfuyen a publié en édition bilingue alémanique-français les deux volumes de l’œuvre poétique de Katz, édition qui après plusieurs réimpressions est aujourd’hui épuisée. En ce 40e anniversaire de la mort de Katz, le moment est venu de rééditer L’Œuvre poétique dans une version revue et augmentée. Le second volume paraîtra en octobre 2021.

La présente édition est un hommage collectif rendu par les écrivains d’Alsace à celui qui est comme le « père » de la littérature moderne d’Alsace, Nathan Katz. Les textes de ce premier volume ont été traduits de l’alémanique par Claude Vigée, Jean-Paul de Dadelsen, Guillevic, Alfred Kern, Jean-Paul Klée, Gérard Pfister et Théophane Bruchlen. Les postfaces et les notes sont de Yolande Siebert, la meilleure spécialiste de Katz.

Issu de la communauté juive du sud de l’Alsace, Katz est l’un des plus grands auteurs de l’Alsace au XXe s. par l’universalité de ses thèmes et le rayonnement spirituel de sa personnalité.« Katz a derrière lui, écrit Jean-Paul de Dadelsen, de longues générations de paysans qui ont labouré, qui ont semé et qui ont fait l’amour dans les chaudes alcôves au parfum dense et vieux. De là cette poésie profonde, mûrie et comme juteuse, qui fait penser à un fruit plutôt qu’à une couleur ou à une mélodie. »

Si Nathan Katz prend le risque magnifique d’écrire dans une langue connue des seuls enfants de son Sundgau natal, ce n’est pas pour s’y enfermer mais, au contraire, pour la faire accéder à l’universel, du côté de ces œuvres qu’il aime et qui l’inspirent : les poètes chinois et les tragiques grecs, les poètes persans et Rabindranâth Tagore

Durant sa vie de voyages incessants, trois livres n’ont cessé de l’accompagner : le Faust de Goethe, les discours du Bouddha et la Vie de Jésus de Renan. Et lorsqu’en 1972 un hommage solennel lui est rendu pour son 80e anniversaire, il a ces mots qui le montrent tout entier : « J’ai tenté de faire œuvre d’homme. Au-dessus des frontières et des clans. Par-delà le fleuve Rhin. J’ai chanté les paysages, l’eau, les jours et la femme. En paix et en joie. C’est tout.

    Collection Neige  –  2021  –  276 p. –  ISBN 978-2-845-90320-3  –  19,5 €

Ainsi parlait Paul Valéry

Textes choisis et présentés par Yves Leclair

Paul Valéry (1871-1945) a laissé une œuvre immense : essais, dialogues, aphorismes, poèmes, lettres. Sans compter les 28000 pages de ses Cahiers encore très largement inédits. Son intelligence lumineuse et son intégrité morale ont fait de lui une conscience de son époque. Jamais pourtant il n’a été dupe ni prisonnier des honneurs dont on l’a accablé.

Valéry est un éveilleur. Écoutons Rilke : « Un jour, j’étais seul, j’attendais, toute mon œuvre attendait. Un jour j’ai lu Valéry, j’ai su que mon attente était finie. » Quelle plus belle leçon de liberté et d’humour que celle de Monsieur Teste : « Je me suis rarement perdu de vue ; je me suis détesté, je me suis adoré ; puis nous avons vieilli ensemble. » Mais aussi quelle autodérision, quel vertige dans cette auto-analyse incessante !

Le 25 juillet 1945, sur l’esplanade du Trocadéro étaient célébrées les obsèques nationales de Paul Valéry. Deux projecteurs placés au pied de la tour Eiffel dessinaient un gigantesque V dans le ciel, unissant dans un même hommage l’initiale du nom de l’écrivain et la victoire sur l’Allemagne nazie. C’est De Gaulle lui-même qui avait ordonné ces obsèques nationales.

« Valéry, soulignait Georges Duhamel dans le discours prononcé ce soir-là au nom de l’Académie française, n’a cessé de nous rendre sensibles les prestiges de l’intelligence souveraine, pour l’honneur et pour le salut de nos sociétés en péril. » Nos sociétés sont aujourd’hui tout autant en péril et nous avons plus que jamais besoin de l’héritage que nous a laissé Valéry. Mais qui lit encore l’œuvre immense de Valéry ?

« L’humanité, écrivait-il, s’en tirera comme elle pourra. L’inhumanité a peut-être un bel avenir… » L’inhumanité étend de jour en jour son emprise sur nos vies et Valéry mieux que quiconque peut nous aider à y résister. « La plus grande liberté, écrit-il, naît de la plus grande rigueur. »

En notre temps où la vérité semble devenir indémêlable du mensonge, la leçon de Valéry nous est essentielle : « J’ai ressenti et entretenu, note-t-il, à partir de 1892 une haine et un mépris pour les Choses Vagues, et leur ai fait une guerre impitoyable en moi durant toute ma vie. » Est-il plus belle, plus simple leçon de liberté ?

L’écrivain Yves Leclair nous introduit dans cette pensée audacieuse et libératrice : « Si je vous ai bien entendu, écrit-il au terme d’une riche et passionnante préface, faire le procès verbal de la sottise humaine, au nom de l’intelligence éblouissante, dans notre comédie d’ignorants aussi fortuite et futile qu’une charade, il me semble, maintenant, entendre retentir, au sommet de votre arbre de science, un immense rire d’ironie socratique devant l’éternité ennuyeuse de notre médiocrité. »

    Coll. Ainsi parlait – 176 p. – 2021 – 14 euros – ISBN 978-2-845-90312-8

Ainsi parlait W. B. Yeats

Dits et maximes de vie

Traduit de l’anglais et présenté par Marie-France de Palacio – BILINGUE

Prix Nobel de littérature en 1923, William Butler Yeats (1865-1939), est l’un des plus grands écrivains irlandais. Mais si son nom est célèbre, si son œuvre est placée très haut, si l’on a pu lire de lui un jour quelques poèmes, que connaît-on de son itinéraire et de sa pensée ?

 Les œuvres des plus grands écrivains ont toutes quelque chose de précieux à nous dire : « La littérature, écrit Yeats, est toujours personnelle, elle est toujours la vision qu’a du monde un seul homme, l’expérience d’un seul homme. » Et, dans cette parfaite singularité, elles s’adressent paradoxalement au plus grand nombre : « La littérature est, à mon sens, la grande puissance enseignante du monde, l’ultime créatrice de toutes les valeurs. » C’est le propos même de la collection Ainsi parlait.

 Yeats a abordé tous les genres : essais, théâtre, poésie, mais aussi articles et correspondances. Ses thèmes sont marqués à la fois par la passion de comprendre et l’inquiétude spirituelle ainsi que par le goût de la scène et l’amour de l’Irlande pour l’indépendance de laquelle il n’a cessé de militer

Fasciné par la vie et le mystère du monde, il déteste le dogmatisme et l’intellectualisme. Dans une langue simple, sans jargon ni abstractions, il bouscule les certitudes. Ici, comme le théâtre baroque, masques et métamorphoses sont omniprésents.

Très impliqué dans le mouvement nationaliste, Yeats fut profondément bouleversé par l’Insurrection de Pâques en 1916 et par sa sanglante répression. Les Cygnes sauvages à Coole (1919), écrits à la suite de ce traumatisme, ouvrent une nouvelle période dans sa création, celle de sa maturité.

Marie-France de Palacio, qui présente et traduit ces textes, a été pour Arfuyen la traductrice de L’Histoire de mon cœur, de Richard Jefferies.

      Coll. Ainsi parlait – 176 pages – 2021 – ISBN 978-2-845-90309-8 – 14 €

À l’ombre d’un tilleul

Les Vies des sœurs d’Unterlinden

Traduit du latin et présenté par Christine de Joux – postfaces de Georges Bischoff, Rémy Valléjo et Jeanne Ancelet-Hustache (en couverture détail d’un tableau d’Henry Lebert, Le Couvent des Unterlinden, 1838, Musée Unterlinden)

Traduit en allemand dès 1863, transcrit par Jeanne Ancelet-Hustache, première éditrice en France de l’œuvre de Maître Eckhart, le manuscrit des Vitae sororum est l’un des trésors de la Bibliothèque patrimoniale des dominicains à Colmar.

Écrit par une contemporaine de Maître Eckhart, dans un des monastères dont il avait la charge, le prestigieux monastère d’Unterlinden, à Colmar, ce texte est ici traduit en français pour la première fois.

« J’étais déjà avancée en âge, écrit Catherine de Gueberschwihr au début de son récit, lorsque j’ai écrit et rédigé ce texte de ma propre main, d’abord sur des tablettes de cire, alors que ma vue déclinait, et j’étais remplie de crainte et rouge de honte à l’idée que vous puissiez jamais connaître mon ignorance. »

Il est émouvant de lire ces lignes de cette femme, Catherine de Gueberschwihr (1260-1330) qui, au tout début du xive siècle, écrit la vie de quarante-cinq autres femmes. Car elles sont rares les écrivaines, en cet automne du Moyen Âge, et rares aussi les témoignages sur la vie des femmes d’alors.

Catherine de Gueberschwihr est une authentique écrivaine : elle a l’art du récit et de la notation concrète. Elle dispose d’une documentation sur ces sœurs – dont beaucoup ont été mariées – qui donne à son texte un grand intérêt historique et sociologique.

L’intérêt de ce texte est encore renforcé par le fait que le monastère d’Unterlinden, dont elle raconte les origines, est aujourd’hui encore un lieu culturel de premier plan : il est le siège du musée d’Unterlinden qui conserve le fameux Retable d’Issenheim de Mathias Grünewald.

♦♦♦  Voir l’article de Serge Hartmann

  Coll. Les Vies imaginaires – 336 p. —  2021 – ISBN 978-2-845-900311-1 – 20 €