Les Aurores boréales

Avant-propos de W. B. Yeats et Monk Gibbon. Traduit de l’anglais et présenté par Marie-France de Palacio

George William Russell (1867-1935), dit Æ, est une des personnalités les plus originales et attachantes de la littérature irlandaise. Écrivain, peintre et visionnaire, il demeure presque inconnu en France.

Homme d’action, il a joué un rôle important dans le renouveau de l’Irlande aussi bien dans le domaine de l’agriculture, de l’économie, de la presse et des arts. Indépendantiste convaincu, il s’est opposé cependant à toute violence. Marqué par l’influence de la pensée indienne, le présent ouvrage rassemble des textes courts où se déploient le mieux la méditation personnelle et le tempérament visionnaire de Russell.

Spécialiste de la littérature anglaise, Marie-France de Palacio a traduit et présenté pour les éditions Arfuyen le volume Ainsi parlait Yeats et L’Histoire de mon cœur de Richard Jefferies.

En 1884, à la Metropolitan School of Art de Dublin, Russell se lie d’amitié avec un étudiant de deux ans plus âgé que lui, Yeats, et devient un proche de toute sa famille. Les sœurs de Yeats ne tardent pas à le surnommer ce jeune homme aussi original que plein de bonté « l’ange égaré ». En 1902, le même Russell rencontre le tout jeune James  Joyce et le présente aux artistes du renouveau irlandais. Il deviendra l’un des personnages de son roman Ulysse.

« Baptisé le Blake irlandais, écrit George Bataille, l’homme aux mille facettes, ou même l’anarchiste angélique, Russell fut l’un des plus grands mystiques de son temps. » Pour le grand écrivain Patrick Kavanagh, il a été « un grand et un saint homme ». Doué de pouvoirs psychiques étonnants, mais d’une profonde simplicité et générosité, Russell a toute sa vie incarné une forme de sagesse. Comme peintre autant qu’écrivain, ses visions flamboyantes témoignent d’un univers intérieur d’une extraordinaire richesse.

Seuls deux de ses livres ont été traduits en français : Le Flambeau de la vision (2005) et De source (2002). Composé d’inédits, le présent ouvrage rassemble des textes courts où se déploie le mieux la méditation et le tempérament visionnaire de Russell. L’écrivain était particulièrement attaché au triptyque Le Héros en l’Homme, qui tient ici une place centrale.

Un puissant imaginaire personnel se conjugue ici avec la pensée des Upanishads, de la Bhagavad Gîta et de l’Advaita Vedanta. Ses méditations sont des rêveries éveillées ou des transcriptions de promenades oniriques où se retrouvent la sagesse et la force du soleil, l’émerveillement de la nuit.

  Coll. Les Vies imaginaires – 2023 – ISBN 978-2-845-90345-6 – 216 p. – 17 €

Le Livre des Laudes

Suivi de Requiem

Traduit de l’italien et présenté par Christian Travaux. BILINGUE

Patrizia Valduga (née en 1953) est une des plus grandes voix féminines de la poésie italienne contemporaine. Profondément marquée par la littérature française, elle a fait sa thèse sur Céline et traduit Mallarmé, Valéry, Racine et Ronsard. C’est en 1981 que Patrizia Valduga a rencontré le poète Giovanni Raboni (1932-2004, traduit par Philippe Jaccottet) avec qui elle a vécu jusqu’à sa mort.

Le présent ouvrage regroupe deux textes qui sont comme les pôles de son œuvre : Requiem, consacré à son père, publié en 1992, et Il libro delle laudi (Le Livre des Laudes), consacré à Giovanni Raboni paru en 2012. L’écriture de Valduga, d’un admirable raffinement et d’une suprême liberté d’allure, a une exceptionnelle force expressive. Christian Travaux a traduit et présenté en 2022 pour les éditions Arfuyen un livre de Giuseppe Conte.

L’œuvre de Patrizia Valduga a été publiée pour l’essentiel chez l’excellent éditeur italien Einaudi. En 2021, les Cent quatrains parus aux éditions Nous ont permis de découvrir en France le versant érotique de son œuvre. Mais il est une autre composante, plus profonde, plus grave, dans l’écriture de Valduga qui va de l’un de ses premiers recueils, Requiem, publié en 1992, à l’un des plus récents, Il libro delle laudi (Le Livre des Laudes) paru en 2012.

Ces deux recueils sont ici présentés ensemble en édition bilingue. Une même tension les habite entre la puissance du sentiment qui s’y exprime et le rigoureux dépouillement de la langue. Comme si les mots étaient définitivement impuissants à rendre compte de l’extrême de la vie et de la mort et s’il n’était d’autre moyen que d’en user de manière oblique, en prenant appui sur leur qualité musicale et leur vertu suggestive.

La langue de Valduga est toute mouvement, profondément baroque en cela et volontiers conjuguant l’archaïsme avec le langage familier, le vers régulier avec le ton le plus libre. « La pensée et l’émotion, écrit Valduga, deviennent une même chose, la même chose, à travers la forme, à travers le travail sur le langage. » C’est là la réussite exemplaire des textes ici présentés.

        Coll. Neige – 2023 – ISBN 978-2-845-90344-9 – 240 p. – 18,5 €

Ainsi parlait Stefan Zweig

Dits et maximes de vie

Traduit de l’allemand et présenté par Gérard Pfister. BILINGUE

L’œuvre de Stefan Zweig (1881-1942) est un phénomène d’édition. Ses nouvelles et ses biographies historiques ne cessent d’être rééditées. Pourtant Zweig estimait ces textes-là d’un intérêt mineur. À côté de la poésie, seule importait pour lui le travail de réflexion et l’autorité morale qu’il pouvait avoir sur son époque.

Cet Ainsi parlait, qui fait largement appel à ses journaux et à ses lettres fait apparaître un homme intègre et inquiet, doutant de lui-même mais ne transigeant jamais sur l’essentiel : la lutte contre les nationalismes, le rejet des fanatismes religieux, le combat contre tous les dogmatismes.– Toute sa vie il a essayé de penser l’universel. Il ne faut pas s’étonner que les trois autorités morales qui lui ont servi de modèles soient des français : Romain Rolland, Castellion et Montaigne.

Les éditions Arfuyen ont fait découvrir en 2021 ses textes poétiques, qu’il plaçait au centre de son œuvre. Or, de même qu’on oublie trop chez Zweig le poète, on oublie trop chez lui le penseur : « Mon but, écrit-il à Rolland, serait de devenir non une célébrité littéraire, mais une autorité morale. »

Grâce à cet Ainsi parlait, c’est bien ainsi que Zweig nous apparaît au fil de ses nouvelles, essais, pièces et biographies mais aussi de ses journaux et lettres. Un homme intègre et inquiet, doutant de lui-même mais ne transigeant jamais sur l’essentiel : la lutte contre les nationalismes, le rejet des fanatismes religieux, le combat contre tous les dogmatismes.

Aux côtés de Romain Rolland le combat qu’il mène pendant le Première Guerre mondiale pour la paix et la réconciliation européenne est d’une admirable clairvoyance. Tout aussi prophétique ce qu’il annonce pour les lendemains du conflit : « Je suis convaincu – dur comme fer – qu’après la guerre l’antisémitisme sera le refuge des partisans de la “Grande Autriche”. » Hitler, on le sait, était autrichien…

Inlassablement Zweig nous met en garde contre les périls du sectarisme et de la violence : « Tuer un homme, insiste-t-il dans son Castellion (1936), ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. On ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle. » À la fin de sa vie, c’est chez Montaigne, lui aussi, qu’il trouvera un réconfort et un modèle : « Je vois en lui, l’ancêtre, le protecteur et l’ami de chaque homme libre. »

      Coll. Ainsi parlait – 2023 – 192 p – ISBN 978-2-845-90342-5 – 14 €

Souvenirs sur Rainer Maria Rilke

Texte original écrit en français. Avant propos de Maurice Betz

En mettant à sa disposition durant plusieurs saisons son château de Duino, dominant l’Adriatique, la princesse Marie de la Tour et Taxis (1855-1934) a marqué l’œuvre de Rilke d’une empreinte indélébile.

C’est en français que Marie de la Tour et Taxis, dotée d’une immense culture et d’une excellente plume, rédige ses souvenirs, notés sur le vif et souvent étonnants, de celui qu’elle avait appelé le Seraphico.

« Duino est l’atmosphère de mon être », écrivait Rilke. À jamais l’œuvre du poète est associée au château de  la princesse de Tour et Taxis, à Duino, près de Trieste, où il trouva l’inspiration des Élégies : « Dominant l’Adriatique, écrit Maurice Betz, à l’extrême pointe d’un promontoire, un antique château, juché sur le roc, qu’isolent d’un côté la mer, de l’autre de profondes forêts de chênes-lièges […] C’est ici que Rilke vint pour la première fois au printemps de 1910, sur l’invitation de la princesse de la Tour et Taxis, et ce bref séjour au château de Duino fut le début d’une longue et féconde intimité avec ce paysage et ses habitants.»

Un jour d’hiver, au début de 1912, durant une promenade sur le chemin du Bastion, les vers d’un poème inconnu lui furent comme dictés. La première Élégie était née.

Marie de la Tour et Taxis, « cette grande dame autrichienne qui était chez elle aussi bien à Paris qu’à Vienne ou à Venise » (Betz), a tenu à rédiger en français ses souvenirs du Seraphico –  c’est le nom qu’avec son accord elle lui avait donné – et à montrer l’homme qu’il était au quotidien, avec toutes ses fragilités et ses étrangetés.

Étrangement, le texte a d’abord paru en traduction allemande en 1933. C’est seulement en 1936, grâce à Maurice Betz, qu’ils ont pu paraître dans leur langue originale, chez Émile-Paul à Paris. En ce dixième anniversaire de la mort de Rilke, paraissaient également les souvenirs de Betz, réédités en mars 2022 par Arfuyen sous le titre Conversations avec Rainer Maria Rilke.

        Coll. Les Vies imaginaires – 2023 – ISBN 978-2-845-90343-2 – 17 €

L’Île du Vésuve

Vita in villa

Traduit de l’italien par Monique Baccelli. Préface de Gérard Pfister

Clotilde Marghieri (1897-1981) a laissé une œuvre de narratrice aussi réjouissante que raffinée. Issue de la haute bourgeoisie napolitaine, elle en a vite défié les conventions, sous l’influence notamment de la charismatique écrivaine féministe Sibilla Aleramo et du fastueux historien d’art lituano-américain Bernard Berenson, pour s’installer seule dans une vaste maison aux flancs du Vésuve. C’est cette vie libre et fantasque qu’elle raconte dans L’Île du Vésuve, le livre fondateur de son œuvre.

C’est la première fois que Clotilde Marghieri est traduite en français. Son œuvre est pourtant profondément marquée par la langue et la littérature françaises, qui ont été presque son seul univers jusqu’à ses 25 ans. La traduction de ce texte a été réalisée par Monique Baccelli, la traductrice des plus grands écrivains italiens, d’Italo Svevo à Alberto Savinio, de Giuseppe di Lampedusa à Carlo Emilio Gadda, de Cristina Campo et Alda Merini.

« Depuis quelques années je me suis retirée à la campagne. La petite maison où je vis, entre vignes et pinèdes, s’adosse au Vésuve et a devant elle le superbe décor du golfe. » C’est ainsi que commence L’Île du Vésuve. Le ton est donné. Suivent 28 courts chapitres où Clotilde Marghieri nous raconte tout simplement, mais avec une grâce, une mélancolie et un humour sans pareils sa vie dans le paysage sublime du golfe de Naples, celui de la Villa delle Ginestre où Leopardi trouva refuge à la fin de sa vie. Leurs titres ? « La Villa des Genêts », « La marquise », « La pinède vendue », «Télévision à la villa» ou « Messieurs (ou les angoisses nocturnes) ».

Marghieri, c’est avant tout cela : une liberté d’allure, une élégance d’esprit, un charme irrésistible qui donnent au lecteur l’impression de partager l’existence d’une amie. Elle aimait le ton de Colette et de Madame de Sévigné. Mais c’est tout autant Proust ou Sagan qu’on retrouve dans ces pages à bien des moments. Une même manière de capter tout à la fois la légèreté de la vie et sa tragédie.

« Les lettres que mon grand-père m’écrivait en pension, se souvient-elle, m’exaltaient à tel point que, ne sachant pas comment en profiter pleinement, comment les faire miennes, j’en découpais les passages les plus beaux et les plus touchants en lanières minuscules et après les avoir lus et relus (je les sais encore par cœur), je les mangeais. » L’écriture est ici chose vitale, mais jamais pesante ni sombre. Vivre aux flancs du Vésuve, c’est cela : célébrer sans cesse la lumière sans oublier, toute proche,  la menace.

  Coll. Les Vies imaginaires – 2022 – 192 p. – 17 € – ISBN 978-2-845-900335-7

Ainsi parlait Jean de Ruysbroeck

Dits et maximes de vie

Traduit du moyen-néerlandais et présenté par Marie et Jean Moncelon. BILINGUE

Les Éditions Arfuyen ont publié de nombreux ouvrages liés à la mystique rhéno-flamande : à côté des grands Rhénans Maître Eckhart (1260-1328), Jean Tauler (1300-1361) et Henri Suso (1296-1366), la figure majeure des Flamands est Jean de Ruysbroeck (1293-1381).

Dans la collection Ainsi parlait a paru dès 2015 un Ainsi parlait Maître Eckhart, bilingue moyen haut-allemand / français. Le volume ici consacré à son contemporain Ruysbroeck rassemble ses dits essentiels en bilingue moyen-néerlandais / français. Rappelons qu’en néerlandais a paru également dans la même collection un Ainsi parlait Etty Hillesum, consacré à celle qui fut aussi une grande lectrice des mystiques rhéno-flamands.

Bien que très audacieux dans sa pensée de l’union à Dieu, Jean de Ruysbroeck, « l’ermite de la Vallée Verte » (Groenendael), aussi surnommé par la postérité « l’Admirable », n’a pas été condamné comme Eckhart, mais au contraire béatifié. Sa chance est sans doute paradoxalement de n’avoir pas suivi d’études théologiques ni pris de grades universitaires, comme Eckhart, et de n’avoir donc pas représenté la même menace que ce dernier, prestigieux maître en Sorbonne.

La personnalité fascinante de Ruysbroeck a bien été dépeinte par Maeterlinck, qui en fut l’un des premiers traducteurs en français : « Au fond de cette obscure forêt brabançonne, son âme, ignorante et simple, reçoit, sans qu’elle le sache, les aveuglants reflets de tous les sommets solitaires et mystérieux de la pensée humaine. Il sait, à son insu, le platonisme de la Grèce ; il sait le soufisme de la Perse, le brahmanisme de l’Inde et le bouddhisme du Tibet. »

Dans son « ignorance merveilleuse », Ruysbroeck a médité l’Écriture et surtout vécu une expérience intérieure commencée jeune qu’il a décrite, dans son premier ouvrage : Le Royaume des Amants. Dès ce livre, il a défini son idéal de vie chrétienne, « la vie commune » (ghemeine leven). L’homme qui s’y adonne doit se placer « au sommet de son esprit », écrit-il, entre « la jouissance mystique et l’action ». Telle fut la vie au sein du monastère de Groenendael dont Ruysbroeck fut le premier prieur en 1349. À sa mort, en 1381, le monastère de Groenendael jouissait grâce à son impulsion d’un immense rayonnement.

    Coll.  Ainsi parlait – 2022 – 176 p. – 14 € – ISBN 978-2-845-900336-4

Remédier aux grands désordres

Un message pour l’Église

Préface de Jacques Arènes, psychanalyste. Postface d’Éric de Clermont-Tonnerre, dominicain

Cet ouvrage paraît en écho aux nombreux rapports internationaux sur les différentes sortes d’abus dans l’Église, et récemment celui de la CIASE en France. Marie de la Trinité a elle-même subi et dénoncé les abus commis par les clercs. Remédier aux grands désordres, c’est comprendre ces abus et traiter le mal à sa racine.

La dominicaine Marie de la Trinité (1903-1980) a laissé une œuvre exceptionnelle qui tout à la fois s’appuie sur une très riche expérience mystique et développe une réflexion spirituelle puissante et originale sur le christianisme et sur l’Église. L’importance de son message a été reconnue par des personnalités aussi importantes que le gand théologien suisse Hans Urs von Balthasar ou Antonin Motte, provincial de l’ordre dominicain.

Les éditions Arfuyen ont révélé l’œuvre de Marie de la Trinité à travers sept « Carnets spirituels » : Le Petit Livre des Grâces (2002), Consens à n’être rien (2002), Entre dans ma Gloire (2003), De l’angoisse à la paix (2003), Paule dite Marie (2004), Je te veux auprès de Moi (2005), Le Silence de Joseph (2007). Prenant la suite du travail d’Arfuyen, les Éditions du Cerf ont, sous la direction d’Éric de Clermont-Tonnerre, publié onze gros volumes consacrés à Marie de la Trinité : l’intégralité des Carnets (5 vol.) ; la Correspondance avec Mère Saint-Jean (3 vol.) ; la biographie écrite par Christiane Sanson ; enfin deux volumes d’études.

Un aspect essentiel de la pensée de Marie de la Trinité restait aujourd’hui à aborder : sa réflexion intransigeante et novatrice sur les rôles respectifs des prêtres et des laïcs dans l’Église.

Réflexion qui se fonde sur une expérience personnelle très douloureuse : « Je voudrais, écrit-elle, réunir tous les prêtres du monde et leur montrer en exemple vivant ce que c’est que de faire pression sur les consciences, de se substituer à elle ; de développer, pour obtenir plus de soumission, la défiance de soi-même. » Ce sont précisément de tels abus de pouvoir qui sont à l’origine des terribles scandales dénoncés ces dernières années dans l’Église.

Réflexion qui se fonde aussi sur la mission que Marie de la Trinité a reçue pour « remédier aux grands désordres». Ces désordres, autant spirituels que psychiques, viennent de conceptions erronées de la filiation, et en particulier de l’usurpation par les clercs d’une fausse paternité, entraînant « l’exaltation, transférée au plan religieux – mais souvent non purifiée – de leur sexualité masculine ».

« N’appelez personne sur la terre votre père », prescrit l’Évangile (Mt 23, 9). Pour Marie de la Trinité, le sacerdoce appartient à tous. Prêtres et religieux n’ont qu’un ministère pour le service des laïcs. C’est toute une fausse conception qu’il faut donc renverser.

 Coll. Les Carnets spirituels – 2022 – 176 p – 15 euros – ISBN 978-2-845-90341-8

Le Swami et la Carmélite

I. L’APPEL DE L’INDE

Correspondance Henri Le SauxThérèse de Jésus 1959-1968. Préface et notes de Yann Vagneux

Les éditions Arfuyen ont publié de nombreux ouvrages consacrées à la spiritualité indienne et en particulier à l’Advaïta Vedanta, de Shankara à Annamalai Swami, éminent disciple du fameux Ramana Marharshi (1879-1950).  Henri Le Saux (1910-1973), moine bénédictin devenu sous l’influence de Ramana Maharshi sage indien, s’inscrit directement dans cette lignée. Parallèlement, Arfuyen a consacré toute une série de livres à la spiritualité du Carmel, de Jean de la Croix à Madame Acarie, de Marie-Aimée de Jésus à Marie-Antoinette de Geuser. Le destin étonnant de la carmélite Thérèse de Jésus (1925-1976), alter ego féminin de Le Saux en Inde est ici présenté pour la première fois.

La très riche correspondance Le Saux-Thérèse de Jésus retrace cette aventure. C’est ici le premier volume de son édition intégrale : L’appel de l’Inde. Le second volume s’intitulera La beauté du Gange.

« Entre le 19 et 22 septembre 1976, elle disparut sans laisser de traces. On peut tout supposer : accident, mauvais coup… On ne sait rien et on ne peut rien déduire de ses lettres. » De l’étonnante destinée de Thérèse de Jésus (1925-1976), partie du carmel de Lisieux pour rejoindre en Inde Henri Le Saux (1910-1973) et disparue sur les bords du Gange, il semblait ne rien rester.

En l’espace de trois ans, de Lisieux à Pondichéry, en passant par Delhi, plus de 700 pages de lettres ont été retrouvées par Yann Vagneux, prêtre des missions étrangères et grand connaisseur de l’Inde. De cet ensemble se dégage le dialogue spirituel exceptionnel qui a eu lieu entre cette femme assoiffée d’absolu et pleine de courage et le charismatique moine bénédictin devenu en Inde swami Abhishiktananda.

« Nulle âme qui sentit l’appel réel au-dedans ne peut demeurer insensible au souffle qui passe en la tension de l’Inde vers l’absolu », lui écrit le Swami.  « Si la paix demeure au fond, écrit la Carmélite, ce n’est quand même pas sans quelque effroi que j’aborde l’aventure. Je crois que tout cela fera un bon creuset de purification. »

Henri Le Saux a laissé de nombreux ouvrages (souvent hélas épuisés) étincelants d’intelligence et de liberté intérieure. Citons Sagesse hindoue, mystique chrétienne (1965) ou Souvenirs d’Arunâchala (1978). Fondée sur la solide formation monastique des bénédictins et sur la méditation incessante des écritures chrétiennes et hindoues, son aventure spirituelle est l’une des plus fascinantes du XX° siècle.

  Coll. Ombre  –  2022  –  264 pages  –  19,5 euros  –  ISBN 978-2-845-903388

Épicure

(341 – 270 av. J.-C.)

Épicure serait né à Athènes en 341 av. J.-C. Selon une autre tradition, il serait né à Samos où son père Néoclès était un colon athénien. Sa mère, Chérestrate, était magicienne.

Épicure semble avoir été élevé à Samos.C’est dès l’âge de 14 ans que naît en lui la vocation de la philosophie. Il se rend à Athènes vers l’âge de 18 ans pour y accomplir son service militaire puis rejoint son père à Colophon, au nord de Samos, en 323 av. J.-C. C’est là qu’il suit l’enseignement de Nausiphane. 

En 321 av. J.-C., il s’installe à Mytilène et reçoit ses premiers disciples, parmi lesquels celui qui deviendra son successeur, Hermarque. Il déménage pour Lampsaque en 310 où il fait la connaissance de Colotès, Métrodore et Idoménée.

En 306 av. J.-C., il arrive à Athènes qui vient d’être délivrée de la tyrannie et achète un jardin qui devient le siège de la communauté de ses disciples. Il y mène une vie simple et frugale : « Un verre de vin lui suffisait, et il buvait de préférence de l’eau ».

Il meurt à Athènes en 270 av. J.-C. d’une rétention d’urine causée par de très douloureux calculs rénaux. Il lègue le jardin à ses disciples à la condition d’y perpétuer l’enseignement de sa philosophie et d’y célébrer chaque mois une fête en son honneur.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait Épicure

Ainsi parlait Épicure

Fragments inédits extraits des Epicurea d’Hermann Usener

Textes choisis et traduits du grec et du latin  par Gérard Pfister – BILINGUE

La pensée d’Épicure n’a cessé de réapparaître dans l’histoire comme appel à une harmonie du corps et de la nature et comme antidote aux tyrannies religieuses ou pseudo-religieuses. Plus que jamais elle nous est nécessaire aujourd’hui.

Aussi n’est-il pas étonnant que cette pensée essentielle ait sans cessé été menacée de s’éteindre. Des 300 volumes qu’a publiés Épicure – plus qu’aucun auteur de l’Antiquité –, il ne restait, dès le 1er siècle de notre ère, presque plus rien.

L’œuvre a pourtant peu à peu, très partiellement, ressurgi de ses cendres. En 1533, on redécouvre dans les Vies des philosophes de Diogène Laërce les 40 Maximes capitales ainsi que les trois Lettres (à Hérodote, Pythoclès et Ménécée). En 1752, on exhume à Herculanum des fragments presque illisibles du traité Sur la nature. En 1888 enfin, on retrouve au Vatican les 81 Sentences. C’est là l’ensemble des textes qui constituent l’œuvre d’Épicure dans toutes les éditions actuelles.

Or, on ne le sait hélas pas assez, d’autres textes, très nombreux et tout aussi essentiels, se trouvent dans l’édition de référence publiée en grec et en latin par Hermann Usener en 1887 sous le titre Epicurea, mais ils n’ont jamais été traduits en français et publiés en volume.

Le présent Ainsi parlait est ainsi très différent des autres, puisqu’il ne comporte que des textes jusqu’à présent entièrement inédits en volume : 242 fragments extraits des Epicurea d’Hermann Usener qui viennent s’ajouter aux 108 fragments du corpus habituel (compte tenu des recoupements entre Maximes et Sentences). Soit un bond considérable.

Ce livre est dédié à Marcel Conche, philosophe majeur de notre temps, admirable traducteur et commentateur d’Épicure et de Lucrèce, décédé le 27 février 2022 en sa 100e année.

    Coll.  Ainsi parlait  –  2022  –  14 euros  –  ISBN 978-2-845-90334-0