Camille Rondier

Fille d’une couturière et d’un ouvrier, Camille Rondier est née à Bourges en 1944. Son arrière-grand-père paternel, originaire de Lombardie, a émigré en Alsace. Lorsqu’elle a 7 ans, ses parents quittent Bourges pour s’installer à Verdun. Dès son adolescence elle commence à écrire des histoires et rêve de devenir romancière. Après l’obtention d’un CAP de comptable, elle suit sa famille à Orléans qui obtient, après plusieurs tentatives, un logement HLM.

À 20 ans elle se marie et parvient, au prix d’une  intervention chirurgicale, à avoir un enfant. Devenue secrétaire-comptable, elle prend également des cours d’anglais, puis arrive à intégrer la faculté des Lettres. Se retrouvant au chômage, elle obtient une prise en charge pour terminer ses études. Après un DEA de littérature, elle entreprend une thèse et passe une licence d’histoire. Elle commence à donner des formations pour adultes et intervient peu à peu dans les secteurs les plus variés.

Suivant sa vocation, elle n’a cessé d’écrire. En 1989 paraît son premier livre Elle est debout sur mes paupières. Sollicitée pour des ateliers d’écriture, elle participe en 1993 aux 1res rencontres des ateliers d’écriture. Grâce à son second mari, universitaire, elle donne des cours en tant que vacataire dans diverses facultés.

Elle commence l’apprentissage de l’italien et donne bientôt des conférences sur Sapienza, Bassani, Pavese, Aleramo ou Merini. Elle se passionne pour l’art des  jardins et pour son propre jardin en Sologne qu’elle ouvre au public lors des « Rendez-vous aux jardins » organisés chaque année par le Ministère de la culture.

Une amitié sans faille

George Sand

Aurore Dupin est née à Paris en 1804. Son père, Maurice Dupin est le petit-fils du maréchal de Saxe (1696-1750). Sa mère est issue d’une famille de petits artisans parisiens. Cette double ascendance la marque profondément. Son père a eu un fils non reconnu qui sera élevé à Nohant aux côtés d’Aurore.

Son père meurt en 1808 d’un accident de cheval et la petite fille est placée sous la tutelle de sa grand-mère l’année suivante. En 1817, Aurore entre au couvent des Dames augustines anglaises à Paris.

Sa grand-mère meurt l’année suivante en 1821 et Aurore hérite du château. Elle épouse le baron Casimir Dudevant en 1822. Rapidement elle a plusieurs liaisons.

En 1832, elle publie son premier roman, Indiana, sous le nom de « G. Sand » : le succès est immédiat. Sa création littéraire se diversifie largement et elle collabore aux meilleures revues.

En 1833, elle rencontre Musset. De leur relation, elle tire son roman, Elle et lui (1859), en réponse à La Confession d’un enfant du siècle (1836). En 1838 débute sa relation avec Chopin qui durera jusqu’en 1847.

À Nohant, elle reçoit Liszt, Balzac Delacroix et son grand ami Flaubert. Depuis 1835, elle affiche des idées républicaines et socialistes et participe à plusieurs journaux et revues engagés. En 1852, elle rencontre Louis-Napoléon Bonaparte pour plaider la cause de ses amis opposants.

Le graveur Alexandre Manceau, sera son dernier amour. En 1857, il lui achète une petite maison à Gargilesse, dans la Creuse, d’où ils partent pour des expéditions botaniques, minéralogiques et entomologiques.

Elle meurt à Nohant en 1876.

Ainsi parlait George Sand

Henry James

Henry James est né à New York en 1843. Venu d’Irlande, son grand-père avait amassé une vaste fortune. William, futur philosophe du pragmatisme, aura sur son cadet une forte influence. La famille fait de longs séjours en Angleterre et France, puis s’installe en 1964 à Boston.

En 1865 paraît dans la presse sa première nouvelle. Il effectue en 1969 son premier voyage d’adulte en Europe : France, Suisse et surtout Italie. De retour en Amérique, il écrit son premier roman : Le Regard aux aguets. Son deuxième roman, Roderick Hudson, paraît en feuilleton en 1875. Correspondant du New York Tribune à Paris, il rencontre Tourgueniev, Flaubert, Zola et Maupassant.

L’année suivante, il part pour Londres où il restera une dizaine d’années. Il publie en 1886 son grand roman Les Bostoniennes. Il s’essaie un temps à l’écriture dramatique, mais sans succès. Il loue en 1897 une maison géorgienne à Rye dans le Sussex, qu’il achète en 1899. Paru en feuilleton, Le Tour d’écrou remporte un vif succès.

En 1903, il rencontre Edith Wharton, qui devient son amie dévouée. Les Ailes de la colombe et Les Ambassadeurs paraissent la même année. L’année suivante, il s’embarque pour l’Amérique après vingt ans d’absence et effectue deux tournées de conférences.

Sa santé se dégrade en 1910. Mais c’est William, accouru à son chevet, qui meurt quelques mois plus tard. Henry est à Rye lorsque éclate le Grande Guerre. Il obtient en juillet 1915 la nationalité anglaise.

Fin 1915 il est atteint d’une pneumonie et de crises de délire. Il meurt en février 1916. Ses cendres sont rapatriées en Amérique.

Retour à Florence

Mal d’Italie

Horace

Horace est né en 65 av. J.-C. à Venouse, entre Naples et Bari. Esclave, son père venait d’être affranchi. Vers 55 av. J.-C., celui-ci trouve à Rome un emploi dans l’admini-stration des ventes publiques. Il s’efforce de lui donner l’éducation la plus soignée, ce dont Horace lui sera très reconnaissant: « Dès mon enfance il osa me porter à Rome, afin d’y apprendre tout ce que le chevalier et le sénateur font enseigner à leurs fils. » Il se rend même à Athènes pour parfaire ses études.

En 44 av. J.-C., César est assassiné. Brutus arrive en Grèce pour lever une armée. Horace s’y enrôle. Mais Brutus bientôt vaincu par Octave, se suicide. En 41 av. J.-C., une amnistie est proclamée en faveur des vaincus. Horace peut revenir en Italie. Avec l’argent qu’il lui reste, il achète une charge de secrétaire du questeur (responsable des finances de l’État), qu’il conservera tout au long de sa vie.

Il compose ses premières Satires et se lie d’une durable amitié avec son aîné Virgile, qui le présente à Mécène, proche d’Octave. Mécène restera lui aussi pour Horace un véritable ami. C’est lui qui lui offre cette villa de Tibur (Tivoli) qui sera son havre de paix. En 27 av. J.-C., Octave reçoit du Sénat les titres d’Augustus, Princeps et Imperator. Horace célèbre le retour de la paix et les succès d’Auguste.

En 19 av. J.-C., Virgile, de retour de Grèce, trouve la mort à Brindisi dans des circonstances peu claires. Horace lui succède comme « poète-lauréat ». Auguste lui propose aussi de devenir son secrétaire particulier. Malgré son refus, Auguste continue de lui passer commande de poèmes pour des célébrations officielles. Horace se retire de plus en plus dans sa villa de Tibur. Lorsqu’il meurt en 8 av. J.-C., Mécène écrit à Auguste : « Souviens-toi d’Horace comme de moi. » Mais le poète meurt brutalement, lui aussi, 59 jours plus tard, à 57 ans.

Ainsi parlait Horace

Vladimir Galpérine

Vladimir Galpérine est né en 1988 à Paris. D’emblée, il a eu à porter l’héritage de deux familles aussi différentes que possible, mais toutes deux profondément marquées par la passion des livres et de la musique.

Du côté de la mère, c’est un monde proustien, très parisien, mais aussi la poésie et la Bretagne. Sa mère (Élise Galpérine), juriste spécialisée dans les droits artistiques, a publié trois romans. Du côté du père, c’est l’omniprésence de la musique, la philosophie, la prégnance de la lointaine Russie et de la culture juive. Son grand-père paternel, qui était sur la liste du Vél’ d’Hiv, a dû se cacher durant toute la guerre. C’est aussi par sa grand-mère paternelle, Marie-Claire Galpérine, petite-fille de Léon Bloy et fille du grand organiste Édouard Souberbielle, qu’il a été marqué : philosophe, helléniste, elle était spécialiste du néoplatonisme.

La vie de Vladimir Galpérine a été placée ainsi dès le début sous le signe de la musique. Son père, Alexis Galpérine, violoniste virtuose, est dédicataire et créateur de grandes œuvres de la musique contemporaine, d’Olivier Greif à Paul Méfano. Il a lui-même étudié le piano au conservatoire jusqu’à ses 18 ans. Après des études secondaires chaotiques, Vladimir Galpérine s’est orienté sans conviction vers le droit et le journalisme, puis a exercé toutes sortes de métiers, de la télévision à la vente de produits informatiques.

N’oublie pas de regarder le ciel

Edward Stachura

George Edward Stachura est né en 1937 en France, à Charvieu (Isère), où son père est immigré économique. En 1948 la famille rentre en Pologne et s’établit à Łazieniec, entre Poznań et Varsovie.

Après le baccalauréat, il tente d’être admis à l’école supérieure des arts plastiques de Gdańsk, mais échoue. En 1957, il s’inscrit en philologie romane à l’université catholique de Lublin. Renvoyé pour manque d’assiduité, il termine ses études à l’université de Varsovie en 1965 avec une étude sur Henri Michaux.

Il se marie en 1962, mais divorce dix ans plus tard. La même année paraît son premier recueil de nouvelles. En 1963, il séjourne en France et se lie avec Michel Deguy.

Grâce à une bourse d’étude, il séjourne en 1969 au Mexique. Au même moment, paraît en Pologne son premier roman. Rentré à Varsovie, il traduit Garcia Márquez, Cortázar et Borges. En 1974, Stachura se rend par paquebot aux États-Unis pour mener des recherches à l’université de Michigan. Il est hébergé par des commu-nautés hippies. Il séjourne à nouveau trois mois au Mexique et revient en Pologne par paquebot en mai 1975.

Il passe l’année 1977 à écrire Fabula rasa et séjourne trois mois en France. Il suit en Suisse les conférences de Krishnamurti. En avril 1979, il décide de rester sur les rails à l’arrivée d’un train. Il perd l’usage de sa main droite. Au sortir de l’hôpital psychiatrique, il habite quelques semaines avec sa mère à Łazieniec, où il commence à écrire son ultime journal, Se réconcilier avec le monde.

De retour à Varsovie, il commence un traitement psychiatrique, qu’il interrompt. Le 14 juillet 1979, on le trouve mort dans son appartement. Non loin, son dernier poème, inachevé : Lettre à ceux qui restent.

La Marche du scorpion

Joseph Roth

Joseph Roth est né en1894 dans un shtetl de Brody, ville frontière entre l’Empire austro-hongrois et la Russie (aujourd’hui près de Lviv, en Ukraine).

Son père, atteint de troubles mentaux, sera bientôt interné. Sa mère l’élève seule. Il fréquente le lycée de Brody où il est un excellent élève. Il part poursuivre ses études à l’université de Lemberg (Lviv) en polonais puis, dès l’année suivante, à Vienne en allemand.

Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, sa mère le rejoint à Vienne où ils vivent dans la misère. Classé inapte et de conviction pacifiste, Roth entreprend pourtant en 1916 une formation militaire. Il est affecté au service de presse à Lemberg, jusqu’à la fin de la guerre.

Après la guerre, il vit à Vienne, puis à Berlin où il travaille comme journaliste, à partir de 1923 surtout pour la Frankfurter Zeitung. En 1925, il est  nommé correspondant à Paris, puis grand reporter.

En 1928, sa femme, diagnostiquée schizophrène est placée puis internée. Elle sera euthanasiée en 1940 par les Nazis.

Roth connaît enfin le succès avec ses romans Job (1930) et La Marche de Radetzky (1932). Dès janvier 1933, il s’exile pour la France. Il sombre de plus en plus dans l’alcoolisme. Ce n’est que grâce à l’aide d’amis comme Zweig qu’il peut survivre.

Conduit à l’hospice pour indigents de  Necker, il meurt le 27 mai 1939  et est inhumé au cimetière de Thiais.

PANOPTIKUM

George Orwell

George Orwell (pseudonyme de Eric Arthur Blair) est né en 1903 à Motihari, en Inde, où son père est fonctionnaire. Il fait ses études en Grande-Bretagne et obtient une bourse au collège d’Eton. Huxley est son professeur de français. Rêvant de retourner en Asie, il s’engage en 1922 dans la police en Birmanie : «Le fonctionnaire maintient le Birman à terre, écrira-t-il, pendant que l’homme d’affaires lui fait les poches. »

En 1927, il donne sa démission. Au printemps 1928, il s’installe pour 18 mois à Paris où il publie dans des journaux communistes. À son retour, il enseigne dans une école privée. Il termine Dans la dèche à Paris et à Londres, qui paraît en 1933. Une histoire birmane et son roman Une fille de pasteur paraissent en 1935.  Devenu libraire à Londres, il se marie en1936. Une enquête sur la vie dans les bassins miniers le convertit au socialisme et lui inspire son livre Le Quai de Wigan.

Dès décembre 1936, il est à Barcelone avec sa femme et rejoint les milices du POUM où il voit « une sorte de microcosme de société sans classes ». Son Hommage à la Catalogne paraît en 1938. En 1940, il tente de s’engager, mais sa faible santé l’en empêche. Il travaillera d’abord à la BBC, puis dans la presse de gauche. La Ferme des animaux paraît en août 1945 après avoir été refusé par quatre éditeurs.

Envoyé spécial de The Observer en France et en Allemagne en 1945, il rentre à Londres à la mort de sa femme et commence d’écrire 1984. En parallèle, à partir d’août 1945, il devient vice-président du Freedom Defence Committee.

1984 paraît en 1949. La même année il se remarie. Il meurt de la tuberculose en janvier 1950.

Ainsi parlait George Orwell

Bernard Shaw

George Bernard Shaw est né en 1856 dans  un quartier populaire de Dublin. D’origine anglaise, son père n’est qu’un modeste fonctionnaire alcoolique Sa mère a introduit dans le ménage George John Lee, brillant musicien. Elle le suit à Londres en 1873 avec ses deux filles aînées. George reste à Dublin avec son père et apprend seul à jouer du piano. Il abandonne le prénom de George et décide de s’appeler seulement Bernard Shaw .

En 1876; apprenant que sa sœur Agnes est en train de mourir, il rejoint sa mère en Angleterre. Il ne retournera en Irlande que 29 ans plus tard. Lee lui trouve du travail comme répétiteur de piano et chanteur occasionnel, mais aussi comme journaliste musical, ce qu’il fera longtemps.

Il se rapproche en 1884 de la Fabian Society et participe avec elle en 1894 à la création de la London School of Economics (LSE). Il obtient la même année son premier succès au théâtre avec Arms and the Man, qu’on accuse d’être antipatriote. En 1898, il se marie avec une riche Anglo-Irlandaise. En 1906, ils s’installent à Ayot St Lawrence pour le reste de leurs jours. Ils n’auront pas d’enfants.

Shaw participe en 1912 à la création d’un nouvel hebdomadaire socialiste, The New Statesman, dont il devient directeur. Favorable à l’autonomie irlandaise, il est consterné  par la partition de l’Irlande en 1921.

Sa grande pièce Saint Joan, montée à Broadway en 1923, remporte l’enthousiasme. Le prix Nobel de littérature lui est attribué en 1925. Il se rend en URSS en 1931 et se laisse abuser le régime stalinien. Après  l’invasion de la Pologne par les nazis en 1939, il exhorte les États-Unis à entrer en guerre. Il continue d’écrire jusqu’à plus de 90  ans. Il meurt en 1950 à 94 ans.

Les Aventures d’une jeune fille noire

PLATON

Platon est né en 428 avant J.-C., un an après la mort de Périclès. 26 ans de guerre contre Sparte (de – 431 à – 404) et quatre ans de grande peste (de – 430 à – 426) ont eu raison de la grandeur d’Athènes qui reste un centre culturel, alors que Syracuse est une puissance majeure de la Méditerranée. La mère de Platon aurait été une descendante du législateur Solon, et son père un descendant d’un roi d’Athènes. 

Platon aurait rencontré Socrate vers – 407. Il se détourne alors de l’écriture poétique pour entrer en philosophie. Après la condamnation de Socrate, Platon quitte Athènes et voyage dans tous les grands lieux de savoir de l’époque.

Vers 33 ans, à son retour, il sert dans l’armée athénienne, durant la guerre de Corinthe. En – 38, il fonde l’Académie.

Platon répond favorablement, en – 367, à l’invitation de Denys le Jeune, fils du tyran qui, vingt ans plus tôt, l’avait mal traité. Il a 62 ans. L’enjeu d’une réforme politique à Syracuse est de taille. Mais la tentative tourne court. Platon est invité à nouveau en – 361, et c’est un nouvel échec.

Platon continue de rêver à la meilleure constitution et rédige ses Lois, tandis que monte la puissance menaçante du royaume de Macédoine.

Platon meurt à 81 ans, en – 347, sans épouse ni descendant, laissant la direction de l’Académie au fils de sa sœur.

Ainsi parlait Platon