Jean Pierre VIDAL

Né le 9 août 1952 à Alger, d’origines cévenole, suisse et italienne, il quitte en 1962 sa ville natale pour les Ardennes, seconde terre de naissance : il trouve la paix dans le pays de Rimbaud et de Dhôtel, cette contrée de forêts marquée par les guerres et les exodes. Après des études de lettres à Lyon, il enseigne avec grand bonheur dans divers collèges et lycées entre Saint-Étienne et Lyon.

Depuis 1971, lors de très fréquents séjours en Italie, il cherche à acquérir une connaissance approfondie de la peinture et de la poésie de ce pays, en particulier des œuvres de Giotto, Piero della Francesca, Giorgio Morandi, Mario Luzi. Il travaille longtemps avec Philippe Jaccottet au rassemblement de son travail critique, et publie un ouvrage de référence sur son œuvre.

Ses essais lient le souci éthique et la recherche esthétique, ne refusant pas la confiance autobiographique. Parallèlement, il publie des poèmes en livres d’artistes, accompagnés d’estampes de sa compagne peintre et dessinatrice Marie Alloy. Il poursuit ses recherches autour des peintres caravagesques français, en particulier de l’œuvre de l’énigmatique Valentin de Boulogne, auquel le lie un profond sentiment fraternel.

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Passage des embellies

André SUARÈS

(1868-1948)

Né en 1868 à Marseille, André Suarès est issu d’une famille juive de négociants d’origine portugaise. Il est reçu à Normale Sup’ en 1886 avec Romain Rolland. De retour à Marseille, il écrit fiévreusement mais ne publie qu’une pièce, Les Pèlerins d’Emmaüs. Durant l’affaire Dreyfus, ses positions courageuses le font remarquer. Il publie ses premiers portraits (Tolstoï , Wagner…).

Le Livre de l’Émeraude, hymne à la Bretagne, est publié en 1902. Le premier volume du Voyage du Condottière paraît en 1910 (Vers Venise). Ses chroniques dans La Grande Revue sont reprises en volumes : Sur la Vie (1909-1912). L’hostilité de Jacques Rivière le pousse à rompre avec la NRF en 1919 où il revient cependant grâce à Jean Paulhan en 1926. ll reçoit en 1935 le grand prix de l’Académie française.

À l’approche de la guerre, ses positions vigoureusement antinazies entravent la publication des Vues sur l’Europe à la NRF, malgré le soutien de Paulhan. Pendant l’Occupation, recherché par la Gestapo et la Milice, il est sauvé d’une arrestation imminente par Pierre de Massot qui l’accueille à Pontcharra. Il poursuit la série des Valeurs, et travaille au Paraclet, son testament spirituel, resté inachevé.

Mort en 1948, il repose aux Baux-de-Provence.

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Ainsi parlait André Suarès

Charles PÉGUY

PEGUY

(1873-1914)

Charles Péguy est né en 1873 à Orléans. Son père, menuisier, meurt dix mois plus tard. Sa mère et sa grand-mère, rempailleuses, l’élèveront seules. Grâce à une bourse municipale, il entre au lycée d’Orléans. Reçu bachelier, il prépare Normale Sup’ à Lakanal, puis Louis-le-Grand. Après deux échecs, il est admis en 1894.

Dès 1895, il proclame son adhésion au socialisme. La mort prématurée de son ami Marcel Baudouin en 1896 le marque très profondément. L’année suivante, il se marie civilement avec la sœur de ce dernier. Il en aura 4 enfants dont aucun ne sera baptisé.

Quand paraît le « J’accuse » de Zola (13.01.1898), Péguy devient un ardent dreyfusiste. En janvier 1900, il fonde les Cahiers de la quinzaine. « Nous sommes irréligieux de toutes les religions, écrit-il. Nous sommes athées de tous les dieux. » Péguy s’éloigne progressivement de Jaurès. Dès le coup de Tanger de 1905, il voit venir l’invasion allemande. En 1910 paraît le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc où il déclare son retour à la foi catholique. Mais ses « Mystères » (1911-1912) sont éreintés par la presse catholique.

En 1913 paraît L’Argent qui dénonce la dévalorisation du travail par le capitalisme. Le 4 août 1914, il rejoint le 276e R.I. Le 5 septembre, il est frappé au front par une balle ennemie.

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Ainsi parlait Charles Péguy 

 

Georges BERNANOS

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(1888-1948)

Georges Bernanos est né le 20 février 1888 à Paris, d’un père tapissier-décorateur originaire de Lorraine, et d’une mère berrichonne. Il fréquente différents collèges religieux, puis est mis en internat à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais).

Après plusieurs échecs, il obtient son baccalauréat. Il obtient une licence en lettres et une licence en droit à Paris. Dès 1908, il s’inscrit aux Camelots du Roi et fait le coup de poing.

Réformé pour raison de santé, il s’engage en 1914  au 6e Dragons où il fera brillamment toute la guerre. En 1917, il se marie avec Jeanne Talbert d’Arc et devient inspecteur d’une compagnie d’assurances.

En 1926 son premier livre, Sous le soleil de Satan remportant un vif succès, il décide de vivre de sa plume. Suivent L’Imposture (1927), La Joie (1929), La Grande Peur des Bien-pensants (1931).

En juillet 1933, un accident de moto lui broie la jambe : il ne marchera plus qu’avec deux cannes. Il  emmène sa famille aux Baléares où la vie est moins chère et y écrit Le Journal d’un curé de campagne (1936), grand succès.

D’abord séduit par Franco, il fuit Palma dès mars 1937 et écrit les Grands Cimetières sous la lune (1938). Deux mois avant Munich, il s’exile pour le Brésil. Après des essais d’élevage, il s’installe à la Croix-des-Âmes et collabore à des journaux. Ses deux fils ont rejoint la France Libre.

Il ne consent à rentrer en France qu’après un télégramme de De Gaulle en juillet 1945. Il refuse l’Académie Française et la Légion d’honneur.

Fin 1947, il compose les Dialogues des Carmélites. Il meurt à l’hôpital américain de Neuilly le 5 juillet 1948.

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Ainsi parlait Georges Bernanos

Virginia WOOLF

(1882 – 1941)

Virginia Woolf est née en 1882 à Kensington (Londres) de Sir Leslie Stephen et Julia Jackson, tous deux veufs et très liés au milieu artistique. Son enfance est marquée par la Cornouaille où sa famille passe tous les étés. La mort de sa mère en 1895, de sa demi-sœur en 1897, puis de son père en 1904 l’ébranlent profondément ; elle est brièvement internée.

Elle déménage pour Bloomsbury : avec des amis se constitue le cercle d’intellectuels qui sera connu sous le nom de Bloomsbury Group. Elle épouse en 1912 Leonard Woolf, membre du groupe et publie en 1915 son premier roman, The Voyage Out.

Avec son mari elle fonde en 1917 la maison d’édition Hogarth Press qui publiera la plupart de ses œuvres. Également au sein du groupe, elle rencontre en 1922 Vita Sackville-West, avec qui elle aura une longue liaison.

En 1925 paraît Mrs Dalloway, suivi de To the Lighthouse (La promenade au phare) en 1927, The Waves (Les vagues) en 1931 et The Years (Les années) en 1937.

Elle se suicide en 1941 en remplissant ses poches de pierres et se jetant dans la Ouse. Elle laisse une note à son mari : « J’ai la certitude que je vais devenir folle : je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. »

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Ainsi parlait Virginia Woolf

Gustave FLAUBERT

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(1821-1880)

Gustave Flaubert est né en 1821 à Rouen d’un chirurgien-chef à l’Hôtel-Dieu de Rouen et de la fille d’un médecin de Pont-l’Évêque.

L’été 1836 à Trouville, il rencontre son premier grand amour, Élisa Schlésinger. En 1839, il est renvoyé du lycée pour indiscipline. À Paris pour étudier le droit, il rencontre Maxime Du Camp et Victor Hugo.

En 1844 première grave crise d’épilepsie. Il abandonne le droit et s’installe en bord de Seine, à Croisset.

Son père meurt en 1846, lui laissant de bonnes rentes. La même année commence sa liaison avec Louise Colet. Il part en 1849 avec Du Camp pour un long voyage en Orient.

Madame Bovary, qui paraît en 1857 (comme Les Fleurs du mal), est poursuivi pour atteinte aux bonnes mœurs : mais Flaubert, grâce à ses relations, est acquitté tandis que Baudelaire est la même année condamné.

Il se partage entre Croisset et Paris. En 1862 paraît Salammbô, en 1869 L’Éducation sentimentale, mal accueilli par la critique. Il reçoit la Légion d’honneur en 1866 et resserre ses liens avec George Sand. Victime de problèmes d’argent et de santé, il quitte Paris en 1872.

En 1874 paraît La Tentation de saint Antoine, en 1877 Trois contes. Il poursuit la rédaction de son Bouvard et Pécuchet, qui restera inachevé.

En 1880, il succombe à Croisset à une hémorragie cérébrale.

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Ainsi parlait Gustave Flaubert 

Marie JAËLL

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(1846-1825)

Marie Trautmann est née en 1846, à Steinseltz (Bas-Rhin).

Enfant prodige du piano, elle donne ses premiers concerts à neuf ans et joue à Londres en 1857 devant la reine Victoria.

En 1862, elle emporte le premier prix du Conservatoire de Paris. En 1866, elle rencontre le pianiste Alfred Jaëll, né à Trieste, et l’épouse. Ils donnent ensemble des concerts dans toute l’Europe.

Elle poursuit sa formation avec César Franck et Saint-Saëns et commence à composer. Liszt fait éditer ses Valses à quatre mains, qu’il joue avec Saint-Saëns à Bayreuth.

Après la guerre de 1870, elle renonce à sa carrière en Allemagne et décide de vivre à Paris.

Après la mort de son mari, elle fait de longs séjours auprès de Liszt à Weimar (1883-1885). Liszt lui dédie sa Troisième Valse de Méphisto.

Elle est en 1887 la première femme admise à la Société nationale des Compositeurs de Musique de Paris. Elle élabore une nouvelle méthode de piano et forme de nombreux élèves.

Passionnée par la relation entre le cerveau et la main, elle se lie avec Charles Féré, médecin disciple de Charcot, et suit à la Sorbonne des cours de physique, botanique et biologie.

Après la mort de Féré (1907), elle se replie dans son atelier parisien. Elle y a notamment pour élèves Albert Schweitzer et Catherine Pozzi.

Elle meurt à Paris en février 1925.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN 

Je suis un mauvais garçon. Journal d’une exploratrice des rythmes et des sons. 

 

 

Giacomo LEOPARDI

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(1798-1837)

Giacomo Leopardi est né en 1798 à Recanati, dans les Marches (États Pontificaux). Son père, le comte Monaldo est un homme pétri d’érudition et de tradition. Sa mère est froide et autoritaire. L’année suivante naît Carlo, qui sera son « confident universel ».

Giacomo se passionne pour l’étude. Un prêtre alsacien ayant fui la Révolution française Joseph Vogel, philologue de haut niveau, l’incite à apprendre le grec, l’hébreu, l’anglais et l’espagnol.

À seize ans, il rédige son Discours sur l’état actuel des mœurs des Italiens. Dans le même temps, il ne cesse de traduire du grec et du latin. Ses recherches philologiques attirent l’attention des lettrés mais, de constitution fragile, ses excès de travail ont ruiné sa santé.

En 1817, il fait la connaissance du critique Pietro Giordani, qui devient son mentor littéraire, et commence à rédiger son Zibaldone. En 1819, il tente d’organiser son départ de Recanati, mais son père découvre le projet et il doit renoncer.

En 1822 son oncle obtient l’autorisation de l’emmener à Rome. Sans cesser de revenir à Recanati, il fait de longs séjours à Milan, Bologne puis Florence où il fait la connaissance d’Antonio Ranieri, jeune écrivain napolitain qui devient son ami le plus proche.

Ce n’est qu’en 1830 qu’il quitte définitivement le palais familial. En avril 1831 une nouvelle édition des Canti reçoit un accueil très réservé. Sa santé se dégradant, Leopardi s’installe en 1833 à Naples auprès de Ranieri.

Durant l’été 1836 il séjourne au pied du Vésuve où il écrit ses derniers grands poèmes.

Il meurt à Naples en 1837 à l’âge de 39 ans.

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Ainsi parlait Giacomo Leopardi

Rabbi Chmuel BORNSTEIN

(1856-1926)

Rabbi Chmuel Bornstein de Sochaczew est né  en 1856 dans la maison de son grand-père, le fameux Rabbi de Kotzk dont la fille avait épousé Rabbi Abraham, son disciple bien-aimé. Après son mariage, en 1874, avec la fille d’un hassid de Kotzk, il continuera d’habiter près de lui.

A la suite du décès de son père, en 1910, il est choisi par les hassidim de Sochaczew comme chef spirituel. En 1891, Rabbi Chmuel Bornstein avait visité la terre d’Israël et toute sa vie il en garda la nostalgie. Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, il est arrêté en Allemagne mais parvient en tant que sujet russe à retourner en Pologne.

Il s’installe à Lodz où  prononce nombre des homélies présentées dans ses livres. Son souci y est de transmettre l’importance de l’étude de la Torah à ses disciples mais aussi à un public plus vaste. Comme son grand-père, le Rabbi de Kotzk, il ne voulait pas inciter à la vénération. Chacun devait avoir à cœur de faire son chemin.

Sa santé s’étant dégradée, il alla vivre dans une ville plus calme, près de Lodz, puis à Otwock près de Varsovie, où il mourut en 1926. Il fut enterré à Sochaczew près de son père. Les 5 volumes qui constituent le Chem miChmuel furent publiés de façon posthume, ils suivent, année après année (de 1910 à 1926) l’ordre de lecture des passages bibliques hebdomadaires.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Rabbi Chmuel Bornstein (1856-1926). L’espoir hassidique 

Le Grand Veneur des âmes

Après Enquête sur les domaines mouvants (2007) et Les Degrés de l’incompréhension (2014), Le Grand Veneur des âmes est le troisième livre de Max de Carvalho aux Éditions Arfuyen. Il en avait auparavant publié deux : Adresse de la multiplication des noms (Obsidiane, 1997) et Ode comme du fond d’une autre réalité (L’Arrière-pays, 2007).

Si la revue de Max de Carvalho, La Treizième, est placée sous l’égide de Nerval, les titres de ses livres, marqués d’étrangeté, définissent l’espace qui lui est propre : un espace où les mots sont incertains, où la réalité est chancelante, où les territoires sont mouvants, où l’intelligence se heurte à une croissante perplexité, où la mort est maîtresse du jeu.

Ici deux grandes parties : Le canon des dissimilitudes et La frontière, aux titres d’emblée significatifs de séparation. Dans la première partie, des sous-titres eux aussi hautement suggestifs : « Scardanelli parle », « Théâtre d’ombres », « La rivière de vif-argent », « Vieilles marines », « Nescience ultime », « L’adoration ténébreuse », « L’ombre des biens à venir ». Dans la seconde, trois subdivisions : « L’été 14 », « Août à l’office des petites heures », « La frontière ».

« Laisse-moi t’approcher, dit l’un des poèmes, / par-delà l’aigue morte / de cette vive mort dont / tu as le visage, trembler / sans dire un mot sur le / seuil de la porte, que / personne désormais / si je frappe n’ouvrira. » Ce poème, « Ma rue morte », dit la blessure béante qui est au cœur de cette écriture.

♦♦♦ Lire l’article de Monique Pétillon

Coll. Les Cahiers d'Arfuyen – 176 p – 2019 – 978-2-845-90279-4