Yves Namur

Yves Namur est né à Namur, en Belgique, le 13 juillet 1952. Après avoir suivi des études de médecine à Louvain, il s’est établi comme médecin généraliste à Châtelineau, près de Charleroi. Il a publié depuis 1971 près de 40 ouvrages et anime les éditions belges du Taillis Pré depuis 1984.

En 1992, il rencontre à Marseille les poètes Antonio Ramos Rosa et Roberto Juarroz. Ce sera le point de départ d’une amitié littéraire avec ce dernier. En 2000 il a publié avec Liliane Wouters une anthologie intitulée Un siècle de femmes (Les Éperonniers).

Son œuvre a été distinguée par de nombreux prix littéraires et notamment par le Prix international Eugène Guillevic (2008) et le Prix Mallarmé (2012).

Il est l’auteur de deux anthologies sur la poésie francophone de Belgique : Poètes aujourd’hui, un panorama de la poésie francophone de Belgique (Le Taillis Pré/Le Noroît, 2007) et La nouvelle poésie française de Belgique (Le Taillis Pré, 2009).

Il a été élu en 2019 secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique. Il est par ailleurs membre de l’Académie européenne de poésie et, depuis 2013, de l’Académie Mallarmé.  

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Dis-moi quelque chose

Georg Trakl

(1887-1914)

Trakl est né le 3 février 1887 à Salzbourg. Son père, d’origine hongroise, protestant, tient une quincaillerie. Sa mère, d’origine tchèque, catholique, est sans tendresse.

Une gouvernante alsacienne bilingue s’occupe des enfants et leur apprend le français.  Se désintéressant des études, Trakl se révolte contre la société bourgeoise et se tourne vers la drogue. L’inceste avec sa sœur cadette, Grete, est à l’origine d’une sourde culpabilité.

La rencontre en 1912 de Ludwig von Ficker est décisive. Ses poèmes paraissent dans la revue Der Brenner. La publication des Gedichte (Poésies) en 1913, marque une première consécration. Les rencontres avec Karl Kraus, Else Lasker-Schüler et Kokoschka favorisent sa création poétique.

En mars 1914 un second livre, Sebastian im Traum est accepté, mais il ne sera publié, à cause de la guerre, qu’en 1915.

Lors de la bataille de Grodek en septembre 1914, Trakl, mobilisé dans les services sanitaires, doit soigner une centaine de blessés graves. Le 7 octobre il est transporté à l’hôpital militaire de Cracovie, où une « démence précoce » est diagnostiquée.

La nuit du 2 au 3 novembre 1914, il succombe à une forte dose de cocaïne. Les autorités médicales concluent à un suicide. Mais cette mort reste entourée d’obscurité.

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Les Chants de l’Enténébré

Marcel PROUST

(1871-1922)

Marcel Proust est né à Paris le 10 juillet 1871. Son père, Adrien Proust, fils d’un épicier d’Illiers (Eure-et-Loir) est un médecin très renommé. Sa mère, Jeanne Weil, est la fille d’un riche agent de change.

Marcel entre en 1882 au lycée Condorcet. Grâce à ses camarades, il commence très tôt à fréquenter les salons mondains. À la fin de son service militaire, il s’inscrit à la faculté de droit et à l’École libre des sciences politiques. 

En 1893, il rencontre chez Madeleine Lemaire la comtesse Greffulhe et la comtesse de Chevigné, modèles de la duchesse de Guermantes, ainsi que Robert de Montesquiou, modèle du baron de Charlus.

Son premier livre, Les Plaisirs et les jours, paraît en juin 1896, préfacé par Anatole France. Sa traduction de La Bible d’Amiens de Ruskin paraît en 1904.

Durant l’été 1911, Proust s’enferme au Grand-Hôtel de Cabourg et y achève Du côté de chez Swann, publié à compte d’auteur par Grasset en novembre 1913. En 1919, À l’ombre des jeunes filles en fleurs paraît chez Gallimard et reçoit le Goncourt.

Frappé de violentes crises d’asthme, Proust meurt le 18 novembre 1922.  Trois volumes paraissent: La Prisonnière (1923), Albertine disparue (1925) et Le Temps retrouvé (1927).

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Ainsi parlait Marcel Proust

Blaise PASCAL

(1623-1662)

Pascal est né en 1623 à Clermont-Ferrand. Son père est un haut magistrat savant et lettré, sa mère meurt trois ans plus tard. Blaise n’ira jamais à d’autre école qu’à celle de son père.

En 1635, il découvre seul la 32e proposition d’Euclide et, en 1642, il invente la machine arithmétique. En 1647, il reçoit la visite de Descartes et discute de l’existence du vide.

En 1653, sa sœur Jacqueline prend le voile à Port-Royal. Le 23 novembre 1654, c’est la nuit de feu relatée par le Mémorial. Au début 1655, il fait retraite à Port-Royal-des-Champs. En janvier 1656 paraît la première Provinciale contre les jésuites. En septembre, les Provinciales sont mises à l’Index.

Le 24 mars 1656, sa nièce est guérie d’une fistule lacrymale au contact d’un reliquaire contenant une épine de la couronne du Christ. Pascal dépose comme témoin de ce miracle dit « de la Sainte Épine ». Il commence à travailler à une apologie du christianisme qui deviendra les Pensées.

En 1658, il lance un défi sur la Roulette. Personne n’ayant trouvé la solution, Pascal fait paraître l’année suivante, sous pseudonyme, des lettres la donnant, ainsi que des traités sur le  calcul infinitésimal.

En 1662 Pascal lance à Paris les « carrosses à cinq sols », précurseurs des transports publics urbains. En juin, son état de santé s’aggrave. Il lègue la moitié de ses biens aux pauvres et meurt le 19 août 1662.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN :

Ainsi parlait Blaise Pascal

Rabbi Mordechai Joseph LEINER

(1801-1854)

Rabbi Mordechai Joseph Leiner est né à Tomashov, dans la province de Lublin en Pologne, en 1801 dans une famille de tradition hassidique.

Son père meurt alors qu’il n’a que deux ans. Peu de choses sont connues de son enfance. Il a été le disciple du renommé rabbin hassidique Simha Bunem auprès duquel il a été introduit par le Rabbi de Kotzk. Après la mort de Rabbi Bunem, le Rabbi de Kotzk lui succède et fonde sa propre école où Rabbi Leiner le suit.

Rabbi Leiner  rompt avec le Rabbi de Kotzk en 1839 peut-être à cause des tendances ascétiques extrêmes de ce dernier. R. Leiner fonde alors son propre mouvement d’abord à Tomaszow puis à Izbica Dès lors l’antagonisme entre les disciples du Rabbi de Kotzk et ceux de R. Leiner se creuse et lui-même ne reverra plus jamais son ancien maître. R. Leiner meurt à Ibizca en 1854.

Sa pensée nous est connue par son livre Mei haChiloah (Les eaux de Siloé) qui propose des commentaires sur la Torah et sur le Talmud. Rassemblés par son petit-fils, ces textes ont été publiés en 1860. Les propos de R. Leiner s’inspirent beaucoup de la Cabbale dont ils donnent une interprétation davantage désireuse d’éclairer les profondeurs de la psyché humaine que d’élaborer une théosophie. Mais il se réfère également au Talmud et aux philosophes juifs, en particulier Maïmonide dont il préconise la voie moyenne.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Rabbi Mordechai Joseph Leiner (1801-1854). La liberté hassidique 

Alda MERINI

(1931-2009)

Alda Merini est née en 1931 à Milan. Bien que de milieu très modeste et ayant dû interrompre ses études, elle est remarquée pour ses textes alors qu’elle n’a que 15 ans.

En 1947, elle affronte « les premières ombres de son esprit ». Des troubles bipolaires sont diagnostiqués. En 1953, elle épouse un ouvrier, Ettore Carniti, avec qui elle aura quatre filles. La même année sort son premier livre, La presenza di Orfeo, d’emblée salué par Pasolini.

De 1964 à 1972, elle est internée à l’hôpital psychiatrique de Milan. Ce n’est qu’en 1979 qu’elle  peut recommencer à écrire. Son mari mort en 1983, elle se retrouve seule et oubliée du monde littéraire. En 1984 paraît pourtant La Terra Santa et elle se remarie avec un médecin et poète de Tarente, âgé de 85 ans.

 À la mort de son second mari elle rentre à Milan où son œuvre commence enfin à être reconnue. Elle reçoit en 1993 le prestigieux prix Librex Montale.

Elle ne survit pourtant que grâce aux aides sociales. Son œuvre témoigne de cette proximité viscérale avec les exclus.  Lorsqu’en 2004, elle est à nouveau internée, des messages affluent de toute l’Italie appelant à l’aider. Les hommages à son œuvre se multiplient.

Alda Merini meurt en 2009. Des funérailles officielles sont célébrées dans le Dôme de Milan. Une maison-musée lui a été consacrée par la ville de Milan.

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La folle de la porte à côté

Jean Pierre VIDAL

Né le 9 août 1952 à Alger, d’origines cévenole, suisse et italienne, il quitte en 1962 sa ville natale pour les Ardennes, seconde terre de naissance : il trouve la paix dans le pays de Rimbaud et de Dhôtel, cette contrée de forêts marquée par les guerres et les exodes. Après des études de lettres à Lyon, il enseigne avec grand bonheur dans divers collèges et lycées entre Saint-Étienne et Lyon.

Depuis 1971, lors de très fréquents séjours en Italie, il cherche à acquérir une connaissance approfondie de la peinture et de la poésie de ce pays, en particulier des œuvres de Giotto, Piero della Francesca, Giorgio Morandi, Mario Luzi. Il travaille longtemps avec Philippe Jaccottet au rassemblement de son travail critique, et publie un ouvrage de référence sur son œuvre.

Ses essais lient le souci éthique et la recherche esthétique, ne refusant pas la confiance autobiographique. Parallèlement, il publie des poèmes en livres d’artistes, accompagnés d’estampes de sa compagne peintre et dessinatrice Marie Alloy. Il poursuit ses recherches autour des peintres caravagesques français, en particulier de l’œuvre de l’énigmatique Valentin de Boulogne, auquel le lie un profond sentiment fraternel.

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Passage des embellies

André SUARÈS

(1868-1948)

Né en 1868 à Marseille, André Suarès est issu d’une famille juive de négociants d’origine portugaise. Il est reçu à Normale Sup’ en 1886 avec Romain Rolland. De retour à Marseille, il écrit fiévreusement mais ne publie qu’une pièce, Les Pèlerins d’Emmaüs. Durant l’affaire Dreyfus, ses positions courageuses le font remarquer. Il publie ses premiers portraits (Tolstoï , Wagner…).

Le Livre de l’Émeraude, hymne à la Bretagne, est publié en 1902. Le premier volume du Voyage du Condottière paraît en 1910 (Vers Venise). Ses chroniques dans La Grande Revue sont reprises en volumes : Sur la Vie (1909-1912). L’hostilité de Jacques Rivière le pousse à rompre avec la NRF en 1919 où il revient cependant grâce à Jean Paulhan en 1926. ll reçoit en 1935 le grand prix de l’Académie française.

À l’approche de la guerre, ses positions vigoureusement antinazies entravent la publication des Vues sur l’Europe à la NRF, malgré le soutien de Paulhan. Pendant l’Occupation, recherché par la Gestapo et la Milice, il est sauvé d’une arrestation imminente par Pierre de Massot qui l’accueille à Pontcharra. Il poursuit la série des Valeurs, et travaille au Paraclet, son testament spirituel, resté inachevé.

Mort en 1948, il repose aux Baux-de-Provence.

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Ainsi parlait André Suarès

Charles PÉGUY

PEGUY

(1873-1914)

Charles Péguy est né en 1873 à Orléans. Son père, menuisier, meurt dix mois plus tard. Sa mère et sa grand-mère, rempailleuses, l’élèveront seules. Grâce à une bourse municipale, il entre au lycée d’Orléans. Reçu bachelier, il prépare Normale Sup’ à Lakanal, puis Louis-le-Grand. Après deux échecs, il est admis en 1894.

Dès 1895, il proclame son adhésion au socialisme. La mort prématurée de son ami Marcel Baudouin en 1896 le marque très profondément. L’année suivante, il se marie civilement avec la sœur de ce dernier. Il en aura 4 enfants dont aucun ne sera baptisé.

Quand paraît le « J’accuse » de Zola (13.01.1898), Péguy devient un ardent dreyfusiste. En janvier 1900, il fonde les Cahiers de la quinzaine. « Nous sommes irréligieux de toutes les religions, écrit-il. Nous sommes athées de tous les dieux. » Péguy s’éloigne progressivement de Jaurès. Dès le coup de Tanger de 1905, il voit venir l’invasion allemande. En 1910 paraît le Mystère de la charité de Jeanne d’Arc où il déclare son retour à la foi catholique. Mais ses « Mystères » (1911-1912) sont éreintés par la presse catholique.

En 1913 paraît L’Argent qui dénonce la dévalorisation du travail par le capitalisme. Le 4 août 1914, il rejoint le 276e R.I. Le 5 septembre, il est frappé au front par une balle ennemie.

OUVRAGES PARUS AUX ÉDITIONS ARFUYEN : 

Ainsi parlait Charles Péguy 

 

Georges BERNANOS

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(1888-1948)

Georges Bernanos est né le 20 février 1888 à Paris, d’un père tapissier-décorateur originaire de Lorraine, et d’une mère berrichonne. Il fréquente différents collèges religieux, puis est mis en internat à Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais).

Après plusieurs échecs, il obtient son baccalauréat. Il obtient une licence en lettres et une licence en droit à Paris. Dès 1908, il s’inscrit aux Camelots du Roi et fait le coup de poing.

Réformé pour raison de santé, il s’engage en 1914  au 6e Dragons où il fera brillamment toute la guerre. En 1917, il se marie avec Jeanne Talbert d’Arc et devient inspecteur d’une compagnie d’assurances.

En 1926 son premier livre, Sous le soleil de Satan remportant un vif succès, il décide de vivre de sa plume. Suivent L’Imposture (1927), La Joie (1929), La Grande Peur des Bien-pensants (1931).

En juillet 1933, un accident de moto lui broie la jambe : il ne marchera plus qu’avec deux cannes. Il  emmène sa famille aux Baléares où la vie est moins chère et y écrit Le Journal d’un curé de campagne (1936), grand succès.

D’abord séduit par Franco, il fuit Palma dès mars 1937 et écrit les Grands Cimetières sous la lune (1938). Deux mois avant Munich, il s’exile pour le Brésil. Après des essais d’élevage, il s’installe à la Croix-des-Âmes et collabore à des journaux. Ses deux fils ont rejoint la France Libre.

Il ne consent à rentrer en France qu’après un télégramme de De Gaulle en juillet 1945. Il refuse l’Académie Française et la Légion d’honneur.

Fin 1947, il compose les Dialogues des Carmélites. Il meurt à l’hôpital américain de Neuilly le 5 juillet 1948.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait Georges Bernanos