Stefan ZWEIG

(1881-1942)

Stefan Zweig est né à Vienne en 1881. Son père, d’une famille juive de Moravie, a fait fortune comme fabricant de tissus. Avec son aîné, Alfred, Stefan reçoit une éducation laïque et libérale. À l’université de Vienne, il s’inscrit en philosophie et en littérature. Il fréquente l’avant-garde artistique, prenant pour modèles Hofmannsthal et Rilke.

En février 1901 paraît à Berlin son premier recueil, Les Cordes d’argent, suivi en 1904 d’un premier recueil de nouvelles. Muni de solides rentes, il effectue de nombreux voyages. Il rencontre ses deux « maîtres » : le Belge Verhaeren et le Français Romain Rolland. Lorsqu’éclate la guerre, il est affecté aux Archives de Guerre, puis part pour la Suisse où ses convictions pacifistes s’approfondissent.

La guerre terminée, ses nouvelles, son théâtre, ses biographies remportent un vif succès. En 1934, la guerre civile éclate à Vienne. Zweig part pour Londres. Lorsque le 14 mars 1938 Hitler fait son entrée à Vienne, ses biens sont saisis. En 1940, il obtient enfin sa naturalisation britannique.

 En juin 1940, il part pour les États-Unis puis le Brésil. À Rio, il écrit Le Monde d’hier. En août 1941, il s’installe à Petropolis. Le 22 février 1942 il s’empoisonne au véronal avec sa seconde femme Lotte.

OUVRAGES AUX ÉDITIONS ARFUYEN

La Vie d’un poète

Paul Valéry

(1871-1945)

Paul Valéry est né en 1871 à Sète. Son père, corse, travaille dans les douanes. Sa mère appartient à la famille Grassi, l’une des plus illustres de la noblesse triestine et gênoise.

Inscrit à l’école primaire chez les dominicains, il entre au collège en 1873 au collège de Sète. En 1884, la famille déménage pour Montpellier où il se sent exilé. Il s’inscrit en droit, mais passe son temps à écrire.

En mai 1890, il fait la rencontre de Pierre Louÿs qui le met en relations avec Mallarmé et Gide. Le 4 octobre 1892 a lieu la fameuse « nuit de  Gênes » : il commence de travailler à ses Cahiers.

Installé à Paris, il se lève très tôt et couvre ses cahiers de croquis et de notations elliptiques. En 1895, il publie l’Introduction à la méthode de Léonard de Vinci, suivie de La soirée avec Monsieur Teste (1896).

Son essai La Crise de l’esprit (1919) en fait bientôt l’écrivain officiel de la IIIe République. Élu à l’Académie Française en 1925, puis en 1937 au Collège de France, il multiplie essais, dialogues et textes critiques parmi lesquels les fameux Regards sur le monde actuel (1931).

Pendant la guerre, ses prises de position lui valent des sanctions du régime de Vichy. Début 1942, il adhère au Comité National des Écrivains. Il meurt à Paris en 1945 et reçoit des obsèques nationales.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait Paul Valéry

William Butler Yeats

(1865-1939)

William Butler Yeats est né à Dublin en 1865. Fils et frère de peintre, il fréquente très tôt un milieu d’artistes et d’intellectuels. Il abandonne ses études en 1886 pour se consacrer à l’écriture.

Frappé par les œuvres de Blake, de Shelley et Swedenborg, il se tourne vers la mystique et la philosophie. Il publie en 1889 son premier recueil. C’est aussi l’année de sa rencontre avec l’artiste et militante politique anglaise Maud Gonne, favorable à l’autodétermination irlandaise, qui sera la grande passion de sa vie.

Il sillonne la campagne irlandaise pour recueillir les légendes populaires et travaille à Galway pour le renouveau du théâtre irlandais. Très vite il est internationalement reconnu, notamment aux États-Unis où il se rend plusieurs fois. Il est très impliqué dans la naissance de la République irlandaise.

Il entreprend en 1917 il se lance dans la rénovation d’une tour médiévale, Thoor Ballylee, qui inspirera plusieurs de ses grands recueils. Il reçoit le prix Nobel en 1923. Le théâtre nô influence de plus en plus des œuvres comme Les Quatre Pièces pour danseurs (1921).

L’angoisse de la vieillesse se traduit par une  multiplication des liaisons féminines et une écriture de plus en plus sensuelle. Il meurt dans un petit hôtel du sud de la France, à Roquebrune, le 28 janvier 1939.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait W. B. Yeats

Catherine de Gueberschwihr

(1260-1330)

Catherine de Gueberschwihr est née vers 1260.  On ne dispose que de peu d’éléments précis sur sa vie. On sait qu’elle est entrée toute jeune encore au monastère d’Unterlinden (« Sous le tilleul »), à Colmar. On ignore les fonctions qu’elle a occupées dans la communauté. Il est possible, comme l’affirme la tradition, qu’elle ait été prieure de la communauté.

On sait qu’elle a été en correspondance avec le célèbre dominicain Venturin de Bergame (1304-1346), ce qui témoigne au moins d’un certain statut. Son style littéraire montre la solidité de sa formation. Son latin, riche et élégant, porte l’empreinte des Écritures mais est aussi très marqué par la langue classique.

Catherine de Gueberschwihr a écrit son livre pendant sa vieillesse. Les religieuses dont elle parle sont toutes mortes, mais certaines récemment, comme la prieure Hedwige de Gundolsheim qu’elle a visiblement bien connue. On est ainsi assuré que l’ouvrage a été écrit après 1282, et probablement dans vers 1330-1340.  

Son nom est cité à la 95e place dans l’obituaire  de sœurs d’Unterlinden. On peut donc penser qu’elle serait morte vers 1330.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

À l’ombre d’un tilleul. Les Vies des sœurs d’Unterlinden

Yves Namur

Yves Namur est né à Namur, en Belgique, le 13 juillet 1952. Après avoir suivi des études de médecine à Louvain, il s’est établi comme médecin généraliste à Châtelineau, près de Charleroi. Il a publié depuis 1971 près de 40 ouvrages et anime les éditions belges du Taillis Pré depuis 1984.

En 1992, il rencontre à Marseille les poètes Antonio Ramos Rosa et Roberto Juarroz. Ce sera le point de départ d’une amitié littéraire avec ce dernier. En 2000 il a publié avec Liliane Wouters une anthologie intitulée Un siècle de femmes (Les Éperonniers).

Son œuvre a été distinguée par de nombreux prix littéraires et notamment par le Prix international Eugène Guillevic (2008) et le Prix Mallarmé (2012).

Il est l’auteur de deux anthologies sur la poésie francophone de Belgique : Poètes aujourd’hui, un panorama de la poésie francophone de Belgique (Le Taillis Pré/Le Noroît, 2007) et La nouvelle poésie française de Belgique (Le Taillis Pré, 2009).

Il a été élu en 2019 secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique. Il est par ailleurs membre de l’Académie européenne de poésie et, depuis 2013, de l’Académie Mallarmé.  

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Dis-moi quelque chose

Georg Trakl

(1887-1914)

Trakl est né le 3 février 1887 à Salzbourg. Son père, d’origine hongroise, protestant, tient une quincaillerie. Sa mère, d’origine tchèque, catholique, est sans tendresse.

Une gouvernante alsacienne bilingue s’occupe des enfants et leur apprend le français.  Se désintéressant des études, Trakl se révolte contre la société bourgeoise et se tourne vers la drogue. L’inceste avec sa sœur cadette, Grete, est à l’origine d’une sourde culpabilité.

La rencontre en 1912 de Ludwig von Ficker est décisive. Ses poèmes paraissent dans la revue Der Brenner. La publication des Gedichte (Poésies) en 1913, marque une première consécration. Les rencontres avec Karl Kraus, Else Lasker-Schüler et Kokoschka favorisent sa création poétique.

En mars 1914 un second livre, Sebastian im Traum est accepté, mais il ne sera publié, à cause de la guerre, qu’en 1915.

Lors de la bataille de Grodek en septembre 1914, Trakl, mobilisé dans les services sanitaires, doit soigner une centaine de blessés graves. Le 7 octobre il est transporté à l’hôpital militaire de Cracovie, où une « démence précoce » est diagnostiquée.

La nuit du 2 au 3 novembre 1914, il succombe à une forte dose de cocaïne. Les autorités médicales concluent à un suicide. Mais cette mort reste entourée d’obscurité.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN :

Les Chants de l’Enténébré

Marcel PROUST

(1871-1922)

Marcel Proust est né à Paris le 10 juillet 1871. Son père, Adrien Proust, fils d’un épicier d’Illiers (Eure-et-Loir) est un médecin très renommé. Sa mère, Jeanne Weil, est la fille d’un riche agent de change.

Marcel entre en 1882 au lycée Condorcet. Grâce à ses camarades, il commence très tôt à fréquenter les salons mondains. À la fin de son service militaire, il s’inscrit à la faculté de droit et à l’École libre des sciences politiques. 

En 1893, il rencontre chez Madeleine Lemaire la comtesse Greffulhe et la comtesse de Chevigné, modèles de la duchesse de Guermantes, ainsi que Robert de Montesquiou, modèle du baron de Charlus.

Son premier livre, Les Plaisirs et les jours, paraît en juin 1896, préfacé par Anatole France. Sa traduction de La Bible d’Amiens de Ruskin paraît en 1904.

Durant l’été 1911, Proust s’enferme au Grand-Hôtel de Cabourg et y achève Du côté de chez Swann, publié à compte d’auteur par Grasset en novembre 1913. En 1919, À l’ombre des jeunes filles en fleurs paraît chez Gallimard et reçoit le Goncourt.

Frappé de violentes crises d’asthme, Proust meurt le 18 novembre 1922.  Trois volumes paraissent: La Prisonnière (1923), Albertine disparue (1925) et Le Temps retrouvé (1927).

OUVRAGES PARUS AUX ÉDITIONS ARFUYEN : 

Ainsi parlait Marcel Proust

Blaise PASCAL

(1623-1662)

Pascal est né en 1623 à Clermont-Ferrand. Son père est un haut magistrat savant et lettré, sa mère meurt trois ans plus tard. Blaise n’ira jamais à d’autre école qu’à celle de son père.

En 1635, il découvre seul la 32e proposition d’Euclide et, en 1642, il invente la machine arithmétique. En 1647, il reçoit la visite de Descartes et discute de l’existence du vide.

En 1653, sa sœur Jacqueline prend le voile à Port-Royal. Le 23 novembre 1654, c’est la nuit de feu relatée par le Mémorial. Au début 1655, il fait retraite à Port-Royal-des-Champs. En janvier 1656 paraît la première Provinciale contre les jésuites. En septembre, les Provinciales sont mises à l’Index.

Le 24 mars 1656, sa nièce est guérie d’une fistule lacrymale au contact d’un reliquaire contenant une épine de la couronne du Christ. Pascal dépose comme témoin de ce miracle dit « de la Sainte Épine ». Il commence à travailler à une apologie du christianisme qui deviendra les Pensées.

En 1658, il lance un défi sur la Roulette. Personne n’ayant trouvé la solution, Pascal fait paraître l’année suivante, sous pseudonyme, des lettres la donnant, ainsi que des traités sur le  calcul infinitésimal.

En 1662 Pascal lance à Paris les « carrosses à cinq sols », précurseurs des transports publics urbains. En juin, son état de santé s’aggrave. Il lègue la moitié de ses biens aux pauvres et meurt le 19 août 1662.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN :

Ainsi parlait Blaise Pascal

Rabbi Mordechai Joseph LEINER

(1801-1854)

Rabbi Mordechai Joseph Leiner est né à Tomashov, dans la province de Lublin en Pologne, en 1801 dans une famille de tradition hassidique.

Son père meurt alors qu’il n’a que deux ans. Peu de choses sont connues de son enfance. Il a été le disciple du renommé rabbin hassidique Simha Bunem auprès duquel il a été introduit par le Rabbi de Kotzk. Après la mort de Rabbi Bunem, le Rabbi de Kotzk lui succède et fonde sa propre école où Rabbi Leiner le suit.

Rabbi Leiner  rompt avec le Rabbi de Kotzk en 1839 peut-être à cause des tendances ascétiques extrêmes de ce dernier. R. Leiner fonde alors son propre mouvement d’abord à Tomaszow puis à Izbica Dès lors l’antagonisme entre les disciples du Rabbi de Kotzk et ceux de R. Leiner se creuse et lui-même ne reverra plus jamais son ancien maître. R. Leiner meurt à Ibizca en 1854.

Sa pensée nous est connue par son livre Mei haChiloah (Les eaux de Siloé) qui propose des commentaires sur la Torah et sur le Talmud. Rassemblés par son petit-fils, ces textes ont été publiés en 1860. Les propos de R. Leiner s’inspirent beaucoup de la Cabbale dont ils donnent une interprétation davantage désireuse d’éclairer les profondeurs de la psyché humaine que d’élaborer une théosophie. Mais il se réfère également au Talmud et aux philosophes juifs, en particulier Maïmonide dont il préconise la voie moyenne.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Rabbi Mordechai Joseph Leiner (1801-1854). La liberté hassidique 

Alda MERINI

(1931-2009)

Alda Merini est née en 1931 à Milan. Bien que de milieu très modeste et ayant dû interrompre ses études, elle est remarquée pour ses textes alors qu’elle n’a que 15 ans.

En 1947, elle affronte « les premières ombres de son esprit ». Des troubles bipolaires sont diagnostiqués. En 1953, elle épouse un ouvrier, Ettore Carniti, avec qui elle aura quatre filles. La même année sort son premier livre, La presenza di Orfeo, d’emblée salué par Pasolini.

De 1964 à 1972, elle est internée à l’hôpital psychiatrique de Milan. Ce n’est qu’en 1979 qu’elle  peut recommencer à écrire. Son mari mort en 1983, elle se retrouve seule et oubliée du monde littéraire. En 1984 paraît pourtant La Terra Santa et elle se remarie avec un médecin et poète de Tarente, âgé de 85 ans.

 À la mort de son second mari elle rentre à Milan où son œuvre commence enfin à être reconnue. Elle reçoit en 1993 le prestigieux prix Librex Montale.

Elle ne survit pourtant que grâce aux aides sociales. Son œuvre témoigne de cette proximité viscérale avec les exclus.  Lorsqu’en 2004, elle est à nouveau internée, des messages affluent de toute l’Italie appelant à l’aider. Les hommages à son œuvre se multiplient.

Alda Merini meurt en 2009. Des funérailles officielles sont célébrées dans le Dôme de Milan. Une maison-musée lui a été consacrée par la ville de Milan.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

La folle de la porte à côté