Marie de la Tour et Taxis

(1885-1934)

Marie, fille du prince Egon zu Hohenlohe-Waldenburg-Schillingsfürst, est née en 1855 à Venise. Dotée d’une vaste culture, elle parle couramment six langues, dont le français.

Elle épouse en 1876 le prince Alexandre de la Tour et Taxis de la branche de Bohême de la famille de la Tour et Taxis. Trois enfants naîtront de cette union.

Très tôt Marie de la Tour et Taxis commence à tenir un salon à Paris que fréquentent la Duse, Nijinski, Rudolf Kassner ou Anna de Noailles. C’est à la demande de cette dernière que la princesse écrit à Rilke le 10 décembre 1909 pour l’inviter à l’Hôtel Liverpool. Trois jours plus tard, les deux femmes font la connaissance du poète.

La princesse restera jusqu’à sa mort sa fidèle amie et mécène. Le 20 avril 1910, elle le reçoit pour la première fois dans son vaste château de Duino. La même année elle le reçoit dans sa résidence de Lautschin, en Bohême.

Le poète séjournera plusieurs fois à Duino, où lui vient en 1912 la première inspiration des Élégies. Entre le 6 et le 9 juin 1922, dans sa tour de Muzot, Rilke lit à la princesse les Élégies de Duino et les Sonnets à Orphée.

Au moment de la mort du poète, Marie de la Tour et Taxis est à Rome. Dans les années qui suivent, elle rédige en français ses souvenirs de Rilke, qui paraissent en traduction allemande en 1933.

Elle meurt en 1934, à Lautschin, sans voir paraître le texte original de son livre chez Émile-Paul, en 1936, par les soins de Maurice Betz.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Souvenirs sur Rainer Maria Rilke

Bède le Vénérable

(735-804)

On sait peu de choses de la vie de Bède le Vénérable. Il serait né vers 672 au nord-est de l’Angleterre, sur les terres du double monastère de Wearmouth-Jarrow.

Wearmouth a été fondé en 674 par Benoit Biscop et Jarrow par le même Biscop en 681.  L’ensemble, défini comme « un seul monastère en deux lieux », deviendra l’un des centres culturels les plus importants du pays.

À 7 ans, Bède est confié à Biscop comme oblat. Du fait de ses qualités intellectuelles exceptionnelles, il est ordonné diacre dès ses 19 ans. À 30 ans il est ordonné prêtre.

Il passe le reste de sa vie au monastère où il se consacre à l’étude et devient l’un des plus grands érudits du haut Moyen Âge. Bède connaît le latin et le grec, il lit Aristote et Hippocrate comme Cicéron et Sénèque, Virgile comme Ovide.

Avant tout, exégète et historien, il maîtrise à peu près toute la science de son époque (orthographe, métrique, cosmologie…). Son œuvre est considérable par son étendue, sa diversité et sa maîtrise : commentaires exégétiques, traités éducatifs, œuvres scientifiques, études historiques. En ce domaine, son chef-d’œuvre est l’Histoire ecclésiastique du peuple anglais, rédigé en latin, qui lui vaut le titre de « Père de l’histoire d’Angleterre ».

Il meurt en 735. C’est en 1899 qu’il a été canonisé en 1899 et nommé docteur de l’Église par le pape Léon XIII.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Le Psaume des psaumes

Clotilde Marghieri

(1897-1981)

Clotilde Marghieri est née à Naples en 1897. Elle suit ses études secondaires dans un pensionnat situé dans une des plus belles villas médicéennes de Florence puis revient vivre à Naples. Elle étudie le latin et le russe et lit tous les auteurs français qu’elle trouve : « Pendant mes 25 premières années, écrit-elle, je n’ai lu que des auteurs français. »

En 1920, elle se marie avec l’avocat Gino Marghieri. Dans le salon de son beau-père, sénateur du royaume, elle fréquente toute l’intelligentsia antifasciste.

Elle fait à Capri la connaissance de l’écrivaine féministe Sibilla Aleramo, dont le livre Una donna a eu en Italie un vaste retentissement. Le même été, elle rencontre également la grande et scandaleuse Eleonora Duse.

Bien que toujours mariée, elle décide, en 1933 de quitter Naples pour vivre dans la villa de son père au  flanc du Vésuve. Elle y reçoit nombre d’amis italiens et étrangers, venus souvent sur la recommandation de son ami lituano-américain le fameux historien de l’art Bernard Berenson.

Elle publie des récits et des nouvelles dans différents magazines et se fait critique littéraire pour Il Mattino de Naples, puis d’autres grands journaux.

Pour s’occuper de ses enfants, elle s’installe à Rome en 1939. Ce n’est qu’en 1960 qu’elle publie son premier livre, Vita in villa (L’Île du Vésuve), que suivent en 1963 Le educande (Les Collégiennes) et en 1970 Il segno sul braccio (Le signe sur le bras).

Elle reçoit en 1974 le prix Viareggio pour Amati enigmi (Énigmes aimées).

En 1981 paraît sa vaste correspondance croisée avec Berenson. Elle meurt à Rome la même année.

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L’Île du Vésuve

Thérèse Lemoine, dite Thérèse de Jésus

(1947-1976)

Née en 1925, Thérèse Lemoine est entrée en 1947 au carmel de Lisieux. Par l’entremise de sa prieure, elle entre en 1959 en correspondance avec Le Saux, qui lui confie son projet d’un ashram de Shantivanam féminin.

Elle écrit à Jean XXIII en 1962 pour demander la permission de fonder en Inde un ermitage, permission qui lui est refusée. Mais en 1965, elle obtient son transfert au carmel de Pondichéry et s’embarque pour l’Inde.

En 1967, elle quitte Pondichéry et retrouve Le Saux. Elle ne vit plus que dans l’espoir d’être autorisée à devenir elle aussi ermite, autorisation qu’elle obtient en 1971.

Après la mort de Le Saux en 1973, elle poursuit son expérience. En 1976, le renouvellement de son visa lui est refusé. Thérèse disparaît en septembre 1976 sans laisser de trace, noyée ou assassinée.

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Le Swami et la Carmélite. I – L’appel de l’Inde

Benoît Reiss

Benoît Reiss est né à Lyon en 1976. Il a étudié les lettres modernes et la littérature comparée à Lyon puis à Paris. Il est l’auteur de récits, d’essais et de livres de poésie.

Il a vécu de nombreuses années au Japon où il a été professeur de français. Devenu familier de la culture et de la société japonaise, il a écrit plusieurs livres aussi élégants qu’étonnants sur différents aspects très spécifiques du mode de vie des habitants du pays du Soleil Levant : Notes découpées du Japon (2018), Mains d’herbes – histoires d’un jardin japonais (2019), O’Yu – un éloge de l’eau chaude (2021).

Aux éditions Cheyne, il a publié depuis 2004  quatre livres dont le remarquable Compagnie de Joseph Tassël (2009), récit de la vie imaginaire d’un jeune écrivain qui a fait de la rêverie « un métier personnel et sérieux» et qui s’efface peu à peu dans la démence comme l’écrivain suisse Robert Walser à qui il ressemble tant.

Avec Elsa Pallot, il est depuis 2017 codirecteur de Cheyne éditeur, créé en 1980 par Jean-François Manier et Martine Mellinette.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN :

Un dédale de ciels

Robert de Billy

1869-1953

Robert de Billy est né en 1869 à Paris. Son père est conseiller référendaire à la Cour des comptes. Il reçoit une stricte éducation protestante et fait ses études au lycée Saint-Louis. C’est en 1890, à Orléans, qu’il rencontre Proust : il est alors au 30e régiment d’artillerie et Proust au 76e régiment d’infanterie. Tous deux se retrouvent à l’École libre des sciences politiques.

Billy présente à Proust son ami Edgar Auber, un jeune Genevois protestant, qui les fait admettre au salon de Mme Straus. En 1895, Billy épouse Jeanne Mirabaud, fille du régent de la Banque de France.

Entre 1896 et 1899, Billy est en poste à Londres. En 1898, il offre à Proust un exemplaire d’un livre de Ruskin qui exercera une influence déterminante sur l’écrivain. En 1901 et 1902, il visite avec Proust et quelques amis, dont Emmanuel Bibesco, les églises et cathédrales de Normandie et des environs de Paris.

En 1906, Billy est nommé secrétaire de la délégation française à la conférence d’Algésiras en 1906. Après un poste au Maroc, il devient premier secrétaire d’ambas-sade à Rome. En l’absence de l’ambassadeur, c’est lui qui reçoit Mussolini lors du retournement de celui-ci par la France en 1914. Succédant à Claudel, il est ambassadeur au Japon de 1927 à 1929.

Robert de Billy meurt à Paris en 1953.

LIVRES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN :

« Mon cher Robert » Correspondances et conversations avec Marcel Proust

André Gide

(1869-1951)

André Gide est né en 1869 à Paris, premier et unique enfant de Paul Gide, professeur de droit, qui meurt de la tuberculose en 1880. Il se retrouve seul avec une mère très rigoriste.

Après son baccalauréat, il décide d’arrêter ses études pour écrire. Marqué par Amiel, il publie en 1891 les Cahiers d’André Walter. La même année, il rencontre Mallarmé., dont il devient un familier, et Oscar Wilde. En 1895, il part pour Alger où il retrouve Wilde et lord Alfred Douglas.

La même année sa mère meurt et il se marie avec sa cousine Madeleine. Les Nourritures terrestres paraissent en 1897, L’Immoraliste en 1902. Lecture de Stendhal et de Montaigne.

En 1907, il cofonde la NRF. En 1923 naissance de Catherine, fille de la Petite Dame, qu’il reconnaîtra après la mort de son épouse.

Il part pour le Congo en 1925, chargé d’une enquête sur les concessions coloniales. Il se rapproche des communistes en 1930.

En 1936, Retour de l’U.R.S.S., qui marque sa rupture avec le communisme. En 1941, il rompt avec la NRF, trop liée à la collaboration, et part pour la Tunisie, puis Alger où il rencontre de Gaulle.

Il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1947. En 1949, il met un point final à son Journal. Il meurt en 1951 d’une congestion pulmonaire.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait André Gide

Giuseppe Conte

Giuseppe Conte est né à Imperia en 1945 d’une mère ligure et d’un père sicilien. Il suit ses études à Oneglia, puis s’inscrit à la faculté des lettres et de philosophie de Milan.

Il s’impose à l’attention de la critique avec deux livres de poésie : Le processus de la communication selon Sade (1975) et Le dernier avril blanc (1979). Son talent s’affirme dans le roman avec Printemps incendié (1980) et Équinoxe d’automne (1987) que suivront d’autres textes, de L’Empire et l’Enchantement (1995) à Sexe et apocalypse à Istanbul (2018).

Proche de l’avant-garde, Conte se tourne vers la redécouverte des mythes, du sacré et de la nature. En 1994, il est à l’origine de l’occupation de la basilique Santa Croce de Florence. Sur le parvis, il prononce un discours affirmant le primat éthique et spirituel et la poésie. Il reçoit des messages de soutien de Ferlinghetti, Luzi et Gao Xingjian.

En 1995-96 il contribue à l’émergence du mouvement « Mitomodernismo ». Au premier Festival de ce nom, à Alassio, il présente L’Iliade et le jazz, avec des textes d’Homère et de lui et des morceaux de Duke Ellington.

Il collabore à différents journaux comme La Stampa et Il Giornale ou revues comme Il Verri ou Nuova Corrente. Il a traduit des œuvres de Shelley, D. H. Lawrence, Blake et Whitman.

En 2006, son recueil Ferite e rifioriture (Blessures et refleurissements) remporte le prix Viareggio.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Je t’écris de Bordeaux. Blessures et refleurissements

Antoine Bibesco

(1878-1951)

Antoine Bibesco est né en 1878. Son père, le prince Alexandre Bibesco, est le dernier fils survivant de l’ultime hospodar de Valachie Georges III Bibesco. Sa mère reçoit dans son salon des peintres, comme Bonnard ou Vuillard, des écrivains comme Maeterlinck ou Loti, des musiciens comme Debussy ou Fauré.

Après des études secondaires en Angleterre et en France, il poursuit ses études universitaires à Paris en et entre dans la carrière diplomatique en 1900. Conseiller de la légation roumaine à Paris, puis à Saint-Pétersbourg, il devient premier secrétaire à Londres en 1914. Proche d’Herbert Asquith, ancien Premier ministre britannique, il épouse sa fille Elizabeth. Nombreuses demeurent les liaisons féminines de celui que la romancière Rebecca West surnommera « l’athlète du boudoir ».

En 1936, lorsque le Premier ministre roumain rappelle en l’ensemble du personnel diplomatique, il s’entremet auprès de la France et de la Grande-Bretagne pour les assurer que le royaume ne versera pas du côté du fascisme.

À partir de 1939, Bibesco vit en Roumanie. En 1945, sa femme meurt et les propriétés familiales sont confisquées par le régime communiste. Il ne retournera plus dans son pays. Il revient vivre à Paris où il meurt à en 1951.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

« Mon petit Antoine ». Correspondances et conversations avec Marcel Proust

Maurice Betz

(1898-1946)

Maurice Betz naît en 1898 à Colmar, dans une Alsace alors annexée au Reich allemand. Son père décède alors qu’il n’a que 3 ans. Il entre au lycée impérial de Colmar où l’enseignement est donné en allemand.

En 1915, Maurice Betz, accompagné de sa mère, franchit sans passeport la frontière suisse et s’installe à Neuchâtel. Il y fréquente le gymnase puis la faculté des Lettres. Il découvre les textes de Rilke. En avril 1917, il s’engage à Berne dans la Légion étrangère afin de combattre dans l’artillerie française.

Après la guerre, il entreprend des études de droit. Il sera avocat à la Cour d’Appel de Paris. Il s’installe à Paris au 1, rue Médicis, face au Jardin du Luxembourg. En 1927, quand il se mariera, il s’installera dans un manoir de campagne au bord de la Marne près de Meaux.

En 1921, il publie un recueil de poèmes, Scaferlati pour troupes, et son premier roman, Rouge et Blanc. Il publiera par la suite de nombreux romans et essais.

Son travail de traducteur est particulièrement brillant. En 1925, il traduit les Cahiers de Malte Laurids Brigge, de Rilke, dont il devient le traducteur attitré et l’ami. En 1929, il traduit La Montagne magique, de Thomas Mann, puis, en 1936, Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche.

Il meurt dans une chambre d’hôtel, à Tours en 1946.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Conversations avec Rainer Maria Rilke