PANOPTIKUM

Personnages et décors

Joseph Roth (1894-1939) est l’un des plus grands écrivains du XXe siècle par la qualité de son écriture, l’ambition de son œuvre mais aussi par sa personnalité très attachante. Stefan Zweig proclamait que Job, l’un de ses principaux romans était«la seule œuvre destinée à survivre à tout ce que nous, ses contemporains, avons créé et écrit ». Roth s’est exilé en France dès 1933. Il n’y a survécu que grâce à l’aide d’amis comme Zweig.  Il est mort à Paris en 1939 et y est enterré. L’« Hommage à Roth » ici présenté a été prononcé par Zweig, quelques jours après sa mort de Roth.

Le PANOPTIKUM de Joseph Roth a été publié à Munich en 1930, juste entre ses deux grands romans Job (1930) et La Marche de Radetzky (1932). La présente édition constitue la première traduction intégrale de cet ouvrage en français. Ue première traduction de brefs extraits a paru  en 1959 dans les  Classiques Hachette. Une dizaine de textes a paru ensuite dans différents recueils et un ensemble plus large dans le volume intitulé Cabinet des figures de cire précédé d’Images viennoises (Seuil, 2009).

Le terme Panopticon a été vulgarisé par le philosophe anglais Jeremy Bentham (1748-1832) pour désigner une architecture d’où tout peut être observé d’un point central. Roth a conçu son livre  comme un dispositif d’observation de la société de son temps. Il reprend  cette image à plusieurs reprises au sens d’un musée de cire (autre sens de Panoptikum en allemand), d’une lanterne magique donnant un « panorama du monde » (Weltpanorama) ou d’un « musée des horreurs  panoptique ». Les 28 textes de l’architecture créée par Roth  se répartissent ainsi en trois ensembles très identifiables : Villes, L’Hôtel et Voyages.

L’ « Hommage à Joseph Roth » présenté en tête du présent volume a été prononcé par Stefan Zweig à Paris. Nombre des thèmes qu’il aborde se retrouvent dans les textes du PANOPTKUM et les analyses qu’en donne celui qui n’a pas publié encore le fameux Monde d’hier (rédigé de 1934 à 1942) en renforce l’effet « panoptique », comme une autre forme d’auto-biographie d’un monde en éclats.