
Dits et maximes de vie. Textes choisis et présentés par Philippe Simon
Barbey d’Aurevilly avait pour son œuvre une ambition immense. « J’ai tâché de faire du Shakespeare dans un fossé du Cotentin », écrit-il à son ami Trébutien. « Il y a là-dedans, ajoute-t-il, l’audacieuse tentative d’un fantastique nouveau, sinistre et crânement surnaturel. »
De fait l’œuvre de Barbey d’Aurevilly est d’une originalité et d’une variété impressionnantes : romans, essais, textes polémiques, correspondances, mais surtout une d’innombrables et passionnants textes critiques. Mais comme souvent, son texte le plus célèbre, Les Diaboliques, a fait de l’ombre au reste de ses écrits.
Proust l’a bien compris, lorsqu’il compare la magie de la « sonate de Vinteuil » à certains éléments qu’il trouve chez Barbey d’Aurevilly, « une même sensation d’anxiété dans un passage, que ce soit la femme cherchant son mari dans Une vieille maîtresse, ou le mari, dans L’Ensorcelée, parcourant la lande ».
La personnalité de Barbey d’Aurevilly est un tissu de paradoxes. « Débordant psychologie et psychanalyse, écrit Wanda Bannour, Barbey nous révèle sa vraie dimension : celle d’un métaphysicien que n’effraient ni l’occultisme ni la gnose, poète qui a su créer des êtres à la mesure de son imaginaire puissant et étonnamment fertile. »
Incarnation du dandysme et grand seigneur désargenté, celui qu’on appelait le « Connétable des lettres » a eu une influence considérable sur des écrivains majeurs, de Bloy à Huysmans et bien au-delà.
Philippe Simon est un grand connaisseur de Barbey d’Aurevilly dont il a rassemblé l’œuvre presque complète, qu’il nous fait partager ici.
Coll. Ainsi parlait – 192 p. – 14 € – ISBN 978-2-845-90389-0