Malcolm de Chazal

Malcolm de Chazal naît en 1902, à Vacoas, au centre de l’île Maurice, alors colonie anglaise. Sa famille, d’origine française, s’est établie à Maurice au XVIIIe s. et a adhéré à l’église de Swedenborg.

De 1919 à 1924 il étudie à l’université de Bâton-Rouge en Louisiane et obtient un diplôme d’ingénieur agronome spécialisé en technologie sucrière.

Après quelques mois à Cuba, il rentre sur son île et  travaille dans l’industrie sucrière, puis celle du textile. En 1935, il publie deux ouvrages d’économie :  Une synthèse objective de la crise actuelle et un Nouvel essai d’économie politique. En 1937, il devient fonctionnaire dans les télécommunications.

À partir de 1940, il commence à publier dans la presse ou à compte d’auteur des textes littéraires : Pensées, puis Sens-plastique. En 1948, Gallimard réédite Sens-Plastique : « Un art qui mérite, je pense, le nom de génie, écrit Jean Paulhan. Ce nom, et aucun autre. » André Breton s’enthousiasme pour le livre. L’année suivante, Gallimard publie La Vie filtrée, mais refuse les manuscrits suivants. Chazal se replie sur son île. Il publie en 1951 son unique roman Petrusmok

En 1958, il commence à peindre et à exposer. Sa pièce Judas est créée en 1960. En 1968, il rencontre la princesse indienne Indira Devi, qui devient son égérie. En 1974 il présente un plan de maisons-fées (projet Malcolmland).

Il meurt en 1981 à Curepipe.

La Parole

Jules BARBEY D’AUREVILLY

Jules Barbey d’Aurevilly est né en 1808, à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche). Son arrière-grand-père a été anobli sous Louis XV. Durant ses études à Valognes, il habite chez son oncle, esprit libéral qui l’émancipe des idées de sa famille.  Après le collège Stanislas à Paris, il fait son droit à Caen. Il y rencontre Trébutien, avec qui il échangera une importante correspondance.

En 1833, sa thèse soutenue, il regagne Paris. Il s’affiche dans les salons en dandy. Pour survivre, il collabore aux journaux. En 1840, Mme de Maistre lui ouvre son salon, repère des légitimistes. Il y oublie ses idées libérales et renoue avec les idées traditionnalistes de sa famille. Il y rencontre aussi en 1851 la baronne de Bouglon, veuve mère de deux enfants, avec qui il ne se mariera jamais.

En 1852, il s’affiche comme partisan de Napoléon III et écrit dans Le Pays, journal bonapartiste. Il publie Une vieille maîtresse (1851) et L’Ensorcelée (1854). En 1856, il retrouve le Cotentin après 20 ans d’absence. Il publie Le Chevalier des Touches (1864) et Un prêtre marié (1865).

Son père meurt en 1868 : tous les biens de la famille sont vendus pour payer les dettes. De retour à Paris, il écrit comme critique littéraire au Constitutionnel. En 1874 paraissent Les Diaboliques, avec un début de succès, mais le livre est aussitôt interdit. Il s’incline. Il devient le « Connétable des lettres » à qui on vient demander conseil.

En 1882, Une histoire sans nom connaît un certain succès, mais il continue de vivre chichement dans une simple chambre louée rue Rousselet à Paris. Il meurt en 1889 assisté de sa bonne amie Louise Read.

Ainsi parlait Barbey d’Aurevilly

René de CECCATTY

René de Ceccatty est né en 1952 à Tunis. Sa famille s’installe en France en 1958. Il effectue des études de philosophie à la Sorbonne , et y présente un mémoire sur le psychiatre Ludwig Binswanger et un doctorat sur l’écrivaine Violette Leduc.

Après avoir enseigné comme professeur de philosophie, il devient conseiller littéraire aux éditions Denoël, puis aux éditions Gallimard, Rivages et Stock, puis directeur de collections au Seuil.

Spécialiste des littératures italiennes et japonaises, il a traduit de nombreux textes classiques et modernes dans ces deux domaines. On citera tout particulièrement La Divine Comédie, le Canzoniere de Pétrarque et les Chants de Leopardi.

René de Ceccatty est l’auteur de romans, parmi lesquels L’Accompagnement (1994), Consolation provisoire (1998), Fiction douce (2002), L’Hôte invisible (2007) et Raphaël et Raphaël (2012).

Il a également publié d’importantes biographies, comme celles de Pasolini, Moravia, Maria Callas ou Violette Leduc. Il a consacré des récits biographiques à Leopardi, Sibilla Aleramo et Greta Garbo.

Il a travaillé pour le théâtre, notamment avec le metteur en scène Alfredo Arias et des comédiennes comme Claudia Cardinale et Isabelle Adjani.

Fumiko Hayashi La Flûte de la grue (traduction du japonais)

Fumiko Hayashi Une femme célèbre (traduction du japonais)

Agnès Clerc Journal d’une planète minuscule (préface)

Jack LONDON

John Griffith Chaney est né à San Francisco en 1876.

Sa mère enceinte a été abandonnée et se marie la même année avec John London, dont l’enfant reçoit le nom. La famille déménage sans cesse. Son beau-père se fait maçon, menuisier, épicier, agriculteur, sa mère professeure de musique puis calamiteuse gestionnaire d’une pension de famille. Le tout jeune Jack doit commencer à travailler.

Après son certificat d’études en 1891, il entre dans une conserverie de saumon et commence à boire. En 1893, il s’engage comme mousse pour chasser le phoque. Début 1894, il rejoint une armée de chômeurs en marche vers Washington pour obtenir le lancement de travaux publics. Il est arrêté pour vagabondage.

En 1895, il intègre le lycée d’Oakland en payant ses études par des petits boulots. L’année suivante, il adhère au Socialist Labor Party. Il est admis à l’université de Berkeley, mais doit y renoncer faute d’argent. En 1900, il publie son premier recueil de nouvelles, The Son of the Wolf et se marie. Il aura deux filles, Joan et Bess. En 1902, il vit six semaines dans l’East End de Londres et en tire The People of the Abyss. L’énorme succès arrive en 1903 avec The Call of the Wild.

La même année, il quitte sa femme pour Charmian Kittredge avec qui il restera jusqu’à sa mort. Début 1904, couvrant la guerre russo-japonaise, il est arrêté par l’armée japonaise. En 1905, il achète un ranch, non loin de la baie de San Francisco.

En 1907, il entame un tour du monde sur son navire The Snark. Atteint d’ulcères cutanés, il est contraint de mettre fin à l’aventure. En 1911, il se retire dans son ranch qu’il agrandit et exploite. Il y fait construire la maison de ses rêves, Wolf House, détruite par un incendie avant d’être achevée. En 1914, il couvre le conflit entre le Mexique et les États-Unis.

Il meurt en 1916 d’un empoisonnement du sang.

L’Étrange Expérience d’unn misogyne

Johann Wolfgang von GOETHE

De retour à Francfort, il publie Les Souffrances du jeune Werther (1774), succès foudroyant dans toute l’Europe. En 1775, il commence à travailler pour la famille régnante du duché de Saxe-Weimar. En 1786, il part pour l’Italie : les deux années qu’il y passe lui seront « une seconde naissance ».

De retour en Allemagne, il se sent isolé par son évolution vers le classicisme. Il est obsédé par la Révolution française, dont il ne cesse d’interroger les causes et les conséquences. Avec le duc, il accompagne l’armée austro-prussienne jusqu’à sa défaite à Valmy.

Avec Schiller, il développe un classicisme allemand. Directeur du théâtre de Weimar il y fait jouer les tragédies de son ami. Fasciné par Napoléon, sa rencontre avec lui à Erfurt en 1808 est « un des sommets de sa vie ». Il découvre à travers les travaux et les traductions des orientalistes français et allemands la poésie classique persane, qui lui ouvre les portes d’une nouvelle liberté poétique.

Il devient en Allemagne un « monument national vivant ». Par les gravures de Delacroix et la traduction du Faust par Nerval ; il devient paradoxalement le saint modèle des romantiques français.

Il meurt à Weimar en 1832 et est inhumé dans le caveau princier à côté de Schiller.

Adrien FINCK

Adrien Finck est né en 1930 d’une famille de paysans, à Hagenbach, dans le Sundgau (Haut-Rhin). En 1973, il consacre sa thèse de doctorat à Georg Trakl. Professeur de germanistique à l’université de Strasbourg, il travaille en particulier sur la poésie moderne et contemporaine (Hölderlin, Rilke, Kunze…).

Parallèlement, il mène un travail de pionnier au service de la littérature alsacienne, et notamment l’œuvre de René Schickele (1883-1940) auquel il consacre plusieurs livres. Proche de Claude Vigée, il le traduit en allemand et lui consacre un livre.

 Fervent Européen, il s’engage pour la défense de l’alsacien et de l’allemand en Alsace, aux côtés de ses amis André Weckmann et Conrad Winter. Avec Auguste Wackenheim, il fonde en 1983 la Revue alsacienne de littérature, dont il reprend la direction de 1997 à 2007. Pour rendre compte de la culture alsacienne, il élabore le concept de « triphonie » (français, allemand, alsacien).

En tant qu’écrivain, il écrit lui-même dans ces trois langues.  En 1985, son grand roman Der Sprachlose est écrit en allemand. Parmi ses livres de poésie, largement écrits en alsacien, on citera Mülmusik (1980)   ou Brenngeischt (2001). Distingué par de prestigieux prix littéraires comme le Oberrheinischer Kulturpreis (1983) ou le Johann-Peter-Hebel-Preis (1992), il est élu en 1993 à la Deutsche Akademie für Sprache und Dichtung.

Adrien Finck meurt en 2008 à Strasbourg. Il repose au cimetière d’Hagenbach.

L’Homme sans langue, suivi de Résistance par la langue

Ilarie VORONCA

Connu sous le nom d’Ilarie Voronca, Eduard Marcus est né en 1903 dans une famille juive roumaine à Brăila, sur les bords du Danube.

Après une enfance triste et solitaire en Moldavie, il suit des études de droit à Bucarest. Passionné de littérature, il rencontre le grand critique littéraire Eugen Lovinescu. Il devient une figure centrale de l’avant-garde roumaine.

En 1933, Voronca et son épouse Colomba, menacés par la montée de l’antisémitisme, s’installent à Paris où ils sont en contact avec Brancusi, Ionesco, Fondane, Ghérasim Luca et Tzara. Malgré son doctorat, il doit se résoudre à travailler pour des compagnies d’assurance.

Écrivant uniquement en français, il publie dans les principales revues et fait paraître plusieurs livres de poésie. Voronca et son épouse obtiennent en 1938 la nationalité française. Ils se séparent la même année.

Voronca est mobilisé en 1940 puis renvoyé dans ses foyers. Quand l’armée allemande entre dans Paris en juin 1940, il part pour la zone libre : d’abord Marseille, puis Moyrazès, dans l’Aveyron. Il y rejoint la Résistance.

Il commence à écrire des textes en prose comme Lord Duveen ou L’invisible à la portée de tous (1941), La Confession d’une âme fausse (1942) ou La Clé des réalités (1944). Après la Libération, il regagne la capitale.

Deux romans paraissent l’année suivante : Henrika et Souvenirs de la planète Terre.

Il se donne la mort le 4 avril 1946. Il repose au cimetière de Pantin.

Souvenirs de la planète Terre

Natalie BAUER-LECHNER

Natalie Lechner est née en 1858 à Vienne. Son père, Rudolf Lechner, est libraire et sa mère, née Julia von Winiwarter, est fille d’un professeur d’université. Natalie apprend le violon dès l’âge de 5 ans et est inscrite au Conservatoire quand elle n’a que 8 ans. Elle étudie le violon et l’accompagnement au piano et en sort diplômée à 14 ans.

En 1875 (elle a 17 ans), elle épouse Alexandre Bauer, un universitaire plus âgé de 22 ans. À la même époque elle rencontre Mahler. En 1885, son mariage est rompu. Elle commence à travailler comme altiste et donne des cours de violon. En 1895, elle devient altiste d’un quatuor féminin fondé par une élève du célèbre violoniste Joseph Joachim. Elle y travaillera jusqu’en 1913.

À partir de 1890 se développe entre la musicienne et Mahler une étroite relation, qui ne prend fin qu’en 1902, lorsque Mahler épouse Alma Schindler.

À partir des années 1900, Natalie prend des positions féministes et pacifistes de plus en plus marquées. Elle publie en 1907 Fragmente: Gelerntes und Gelebtes (Fragments. Ce que j’ai appris et ce que j’ai vécu), un ensemble d’essais et d’aphorismes sur des thèmes esthétiques, politiques et psychologiques.

En 1918, un article intitulé « Sur la guerre » lui vaut d’être emprisonnée pour haute trahison. Les dernières années de Natalie Bauer-Lechner sont difficiles.

Elle habite un temps chez une amie, puis dans un hospice viennois. Elle meurt en 1921.

Conversations avec Gustav Mahler

COLETTE

Gabrielle Colette est née à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne) en 1873. Sa mère, Sidonie Landoy (dite Sido), restée veuve en 1865, a épousé la même année le capitaine Colette qui, blessé au combat et amputé d’une jambe, est devenu percepteur à Saint-Sauveur.

Gabrielle Colette est reçue en 1889 au brevet élémentaire : ses études s’arrêtent là. En 1892, elle se fiance avec Henri Gauthier-Villars, dit Willy.  Grâce à lui, elle est introduite dans la société artistique parisienne, d’Anatole France à Proust et Debussy à Marguerite Moreno.

En 1895, Colette écrit son tout premier texte, Claudine à l’école. Publié en 1900 sous la signature de Willy, il obtient un vif succès. Elle écrit plusieurs suites qu’il continue de signer seul. En 1905, le couple se disloque : Colette vit avec Mathilde de Morny, dite Missy. Ne touchant aucuns droits sur les Claudine, Colette commence à joue au théâtre.

En 1907, elle fait paraître au Mercure de France un premier livre sous le nom Colette Willy, La Retraite sentimentale. En 1910, elle commence à collaborer au journal Le Matin, que dirige  Henry de Jouvenel. Elle l’épouse en 1912. Sa mère Sido meurt la même année.

En 1932, elle ouvre un institut de beauté. En 1935, elle épouse Maurice Goudeket. Le couple s’installe en 1939 au 9, rue de Beaujolais. Elle meurt en 1954. L’église lui refuse une cérémonie religieuse. Des obsèques nationales sont célébrées dans la cour d’honneur du Palais-Royal.

Ford Madox FORD

Ford Hermann Hueffer est né en 1873 à Wimbledon dans le Surrey. Son père, Francis Hueffer, né à Münster en Prusse, s’est installé à Londres en 1869. Sa mère est la fille du peintre préraphaélite Ford Madox Brown.

Ford a suivi ses études à l’University College School de Londres, mais n’a jamais fréquenté l’université. En 1894, Ford s’enfuit avec une de ses condisciples, Elsie Martindale. Le couple se marie à Gloucester et aura deux enfants, Christina (1897) et Katharine (1900).

Après deux romans écrits en collaboration avec Joseph Conrad, Les Héritiers du monde (1901) et L’Aventure (1903), il publie la trilogie La Cinquième Reine (1906-1908).

En 1908, Ford fonde The English Review. Il y publie des auteurs confirmés comme Thomas Hardy, H. G. Wells, Joseph Conrad, Henry James, May Sinclair, John Galsworthy ou W. B. Yeats, mais aussi les premières œuvres d’auteurs tels que Ezra Pound, Wyndham Lewis, D. H. Lawrence ou Norman Douglas.

En  juillet 1915, Ford, âgé de 41 ans, s’engage dans l’armée britannique qui l’envoie sur le front de France.

En 1924, il fonde The Transatlantic Review qui aura une grande influence sur la littérature moderne. Proche de la communauté artistique du Quartier latin à Paris, Ford se lie d’amitié avec James Joyce, Ernest Hemingway, Gertrude Stein et Jean Rhys.

Ford a passé les dernières années de sa vie à enseigner au Olivet College, dans le Michigan, aux États-Unis. Il tombe malade à Honfleur, en France, en juin 1939 et meurt quelques jours après à Deauville à l’âge de 65 ans.

Les Héritiers du monde