Ford Madox FORD

Ford Hermann Hueffer est né en 1873 à Wimbledon dans le Surrey. Son père, Francis Hueffer, né à Münster en Prusse, s’est installé à Londres en 1869. Sa mère est la fille du peintre préraphaélite Ford Madox Brown.

Ford a suivi ses études à l’University College School de Londres, mais n’a jamais fréquenté l’université. En 1894, Ford s’enfuit avec une de ses condisciples, Elsie Martindale. Le couple se marie à Gloucester et aura deux enfants, Christina (1897) et Katharine (1900).

Après deux romans écrits en collaboration avec Joseph Conrad, Les Héritiers du monde (1901) et L’Aventure (1903), il publie la trilogie La Cinquième Reine (1906-1908).

En 1908, Ford fonde The English Review. Il y publie des auteurs confirmés comme Thomas Hardy, H. G. Wells, Joseph Conrad, Henry James, May Sinclair, John Galsworthy ou W. B. Yeats, mais aussi les premières œuvres d’auteurs tels que Ezra Pound, Wyndham Lewis, D. H. Lawrence ou Norman Douglas.

En  juillet 1915, Ford, âgé de 41 ans, s’engage dans l’armée britannique qui l’envoie sur le front de France.

En 1924, il fonde The Transatlantic Review qui aura une grande influence sur la littérature moderne. Proche de la communauté artistique du Quartier latin à Paris, Ford se lie d’amitié avec James Joyce, Ernest Hemingway, Gertrude Stein et Jean Rhys.

Ford a passé les dernières années de sa vie à enseigner au Olivet College, dans le Michigan, aux États-Unis. Il tombe malade à Honfleur, en France, en juin 1939 et meurt quelques jours après à Deauville à l’âge de 65 ans.

Les Héritiers du monde

Joseph CONRAD

Connu sous le nom de Joseph Conrad, Józef Teodor Konrad Korzeniowski (1857-1924) est né à Berdytchiv, en Ukraine.

Orphelin à 11 ans, il part en 1874 pour Marseille, où il embarque comme mousse sur un voilier. En 1886, il obtient son brevet de capitaine au long cours et prend la nationalité britannique. Il décide en 1894 de se consacrer entièrement à la littérature. La Folie Almayer paraît l’année suivante.

Avec sa famille, il emménage en 1898 dans la maison de Pent Farm, dans le Kent, que lui loue son ami l’écrivain et éditeur Ford Madox Ford (1873-1939). C’est une période faste où paraissent des livres majeurs comme Au cœur des ténèbres (1899), Lord Jim (1900), mais aussi Les Héritiers du monde (1901), écrit avec Madox Ford à partir de ces mêmes souvenirs d’Afrique qui lui avaient inspiré Au cœur des ténèbres.

En juin 1910, Conrad, qui vient de souffrir d’une grave dépression nerveuse, déménage pour Capel House, ferme isolée près d’Ashford, dans le Kent. En 1913, Chance lui donne enfin le succès commercial.

Obligés de quitter Capel House en 1919, les Conrad reprennent une vie itinérante. Pour faciliter la rédaction de L’Attente, le couple effectue en 1921 un séjour  en Corse. En 1923, Conrad part seul pour une longue tournée aux États-Unis.

Après une crise cardiaque en juillet 1924, Joseph Conrad meurt le 3 août à Bishopsbourne, dans le Kent, à l’âge de 66 ans. Il est enterré à Canterbury.

Les Héritiers du monde

Rabbi Nahman de Bratzlav

Rabbi Nahman est né à Medjybij, à l’ouest de l’Ukraine, en 1772. Il était l’arrière-petit-fils du Baal Chem Tov (1700-1760), fondateur du hassidisme dans cette même ville. Marié à 13 ans, il eut 7 enfants. À 18 ans, il y devint le rabbin d’une petite communauté de Hassidim.

En 1798-1799, il fit un voyage en terre d’Israël. C’est grâce à ce voyage, disait-il, qu’il reçut la force de remplir son rôle de Juste. À son retour, il rendit visite à R. Arié Leib, disciple du Baal Chem Tov, qui lui interdit de s’installer à Medjybij et devint son pire ennemi. La mémoire restait vive des méfaits provoqués par les prédications des faux messies Sabbataï Tsevi (1626-1676), puis Jacob Franck (1726-1791), le premier finissant par se convertir à l’islam et le second au christianisme.

Il s’établi donc à Bratzlav, un peu à l’est de sa ville natale. Il y fut rejoint par son disciple principal R. Nathan (1780-1844), qui mit par écrit ses enseignements. R. Nahman mettait l’accent sur l’étude de la Torah orale (Talmud, Zohar) et sur la solitude dans les champs et les forêts d’Ukraine. Il fut éprouvé par la mort de plusieurs de ses enfants en bas-âge et de sa femme Saskia, atteinte de la tuberculose comme il le sera lui-même.

Durant les quatre dernières années de sa vie, il commença à raconter des histoires qui furent ensuite publiées en yiddich et en hébreu et eurent une grande postérité. Kafka, dit-on, en avait lues certaines.

Rabbi Nahman de Bratzlav (1772-1810) La nostalgie hassidique

Edith WHARTON

Edith Newbold Jones est née à New York en 1862. Sa famille paternelle a fait fortune dans l’immobilier. De 1866 à 1872, sa famille visite l’Europe.  Edith apprend le français, l’allemand et l’italien.

À 15 ans, elle écrit sa première nouvelle et publie l’année suivante un recueil de poèmes. Sa famille ne soutient pas ces tentatives. Elle doit se marier en 1885 avec Edward Robbins Wharton, de douze ans plus âgé. En 1902, le couple s’installe à The Mount, la maison qu’elle a aménagée à Lenox (Massachusetts). En 1905, elle rencontre Henry James de qui elle restera très proche. En 1905 paraît son premier roman Chez les heureux du monde.

À mesure de la dégradation de la santé de son mari, elle vit de plus en plus en France. En 1907, elle s’installe à Paris. En 1911, Ethan Frome paraît aux États-Unis, puis l’année suivante, chez Plon, sa version française, Sous la neige. Le divorce est prononcé en 1913.

En 1914, lorsque éclate la guerre, elle décide de rester à Paris. Elle s’engage personnellement dans l’effort de guerre. Elle est parmi les rares étrangers autorisés à aller jusque dans les tranchées.

Après la guerre, elle réside au Castel Sainte-Claire, à Hyères (Var) et à Saint-Brice-sous-Forêt (Val d’Oise). Elle ne retournera qu’une seule fois aux États-Unis. Edith Wharton est en 1922 la première femme à remporter le prix Pulitzer.

Elle meurt le 11 août 1937 à Saint-Brice-sous-Forêt. Elle repose au cimetière protestant de Versailles.

Terminus

Sous la neige

Mihai Eminescu

Il grandit dans le village d’Ipoteşti (Moldavie aujourd’hui roumaine), puis est inscrit au lycée de Tchernivtsi (Moldavie aujourd’hui ukrainienne). Excellent élève, il ne supporte pourtant pas ces études et fugue à plusieurs reprises notamment avec une troupe de théâtre. À Tchernivtsi, il est recueilli par son professeur, dont il inventorie la riche bibliothèque et grâce à qui il commence à écrire. À sa mort en 1866, il reprend une vie errante à travers les Carpates jusqu’au Danube.

En 1869, sa famille l’envoie pour trois ans à l’université de Vienne. Grâce au soutien du  grand essayiste Titu Maiorescu, il s’inscrit en philosophie en 1872 à l’université de Berlin qu’il quitte brutalement.

Après de nombreux métiers, il devient journaliste à Bucarest. En 1883, victime d’un « choc nerveux », il commence des traitements psychiatriques. Les améliorations ne seront que temporaires.  

Maiorescu, qui conserve tous ses manuscrits édite en 1883 le seul livre paru de son vivant. Il est soigné près d’Odessa, se réfugie dans un monastère, puis chez sa sœur. Interné en 1889, il est retrouvé mort le 15 juin.

Ainsi parlait Mihai Eminescu

Joë Bousquet

Né à Narbonne en 1897, Joë Bousquet abandonne ses études commerciales en 1916 pour s’engager dans l’infanterie. Il est grièvement blessé près du Chemin des Dames en 1917. L’année suivante, il est atteint par une balle allemande à Vailly-sur-Aisne. La paralysie de ses membres inférieurs est définitive.

Installé dans le logement familial à Carcassonne, il transforme sa chambre en lieu de rencontres et en laboratoire d’écriture où éclosent romans, contes, poèmes et essais. S’y s’ajoutent de longues corres-pondances amoureuses. Il participe largement à la vie littéraire à travers les collaborations à des revues.

En 1939 paraissent deux romans Le Mal d’enfance et Iris et Petite-Fumée. En 1941, paraît un ensemble autobiographique, Traduit du silence, puis en 1945, les poèmes de La Connaissance du soir et le roman Le Médisant par bonté…

Durant la Seconde Guerre mondiale, sa chambre devient un lieu de rendez-vous des organisations secrètes (FFI ou FTP), des écrivains opposants à Vichy, comme Aragon et Éluard, des intellectuels (Simone Weil, Benda…), et des artistes (Ernst, Bellmer…)..

Dans ses dernières années d’existence, son œuvre revêt la forme de fragments à teneur tantôt autobiographique, tantôt spéculative. À partir de 1947, Il entre dans une période de grande souffrance physique. Il meurt en 1950.

Au seuil de l’indicible. Journal de lecture

Ainsi parlait Joë Bousquet

Jules RENARD

Jules Renard est né en 1864 à Châlons-du-Maine (Mayenne) où son père, entrepreneur, travaille sur une voie ferrée. Dernier de quatre enfants, Il passe son enfance à Chitry-les-Mine (près de Nevers) dont il deviendra le maire. Il termine ses études au lycée Charlemagne à Paris, mais renonce à Normale Sup.

Sa première plaquette (Les Roses) paraît en 1886, sans succès. Il vit d’emplois précaires et prépare un roman (Les Cloportes). Il commence à écrire son Journal. Il se marie en 1888. L’année suivante naît son premier fils, surnommé Fantec.

Il participe à la fondation du Mercure de France où il publie, à partir de janvier 1990, ses Sourires pincés.

À partir des années 1890, sa situation s’améliore. Il rencontre notamment Courteline et Schwob. L’Écornifleur paraît en 1892, suivi de Poil de Carotte en 1894. En 1895, est représentée sa première pièce.

C’est le théâtre qui lui assurera le succès. Il sera joué à la Comédie-Française. En 1896, il loue près de Chitry une ancienne maison de curé où il séjournera de plus en plus souvent.

Fasciné par Jaurès et attiré par le socialisme, il se consacre beaucoup à sa fonction de maire. Il est élu en 1907, à l’Académie Goncourt.

Il meurt le 22 mai 1910, au 4 de la rue du Rocher. Son célèbre Journal ne paraîtra qu’en 1925- 1927.

Ainsi parlait Jules Renard

Honoré de BALZAC

Honoré de Balzac naît à Tours en 1799 de Bernard-François Balssa, qui a fait transformer son nom de famille en Balzac et sera directeur des approvisionnements aux Armées. Honoré est l’aîné de quatre enfants. En 1814, la famille revient à Paris. En 1816, il s’inscrit en droit et s’installe en 1819 au 9, rue de Lesdiguières.

Il s’oriente vers le roman historique à la Walter Scott et écrit sous plusieurs pseudonymes. Après une faillite comme libraire-éditeur en 1824, il revient à l’écriture. En 1829, il publie Le Dernier Chouan sous le nom Honoré Balzac, puis La Physiologie du mariage. Enfin reconnu, il publie en 1831 L’Auberge rouge, sous le nom «de Balzac ».

La Peau de chagrin (1831) marque le début du chantier de La Comédie humaine. Influencé par les théories de Cuvier, il croit qu’il existe « des Espèces Sociales comme il y a des Espèces Zoologiques ». Le Père Goriot ( 1835) marque le retour des personnages.

Il fascine ses contemporains par son insatiable appétit d’argent, de femmes, de gloire. Par une production forcenée, il cherche à financer une vie fastueuse.

Entre 1836 et 1838, il se rend en Italie pour affaires et s’éprend du pays. 

En 1847, il rejoint Mme Hanska en Ukraine dans sa propriété de 21 000 hectares et son château de 300 domestiques. Il l’épouse en 1850.

Malade du cœur, il lui faut revenir à Paris. Il meurt le 18 août.

Deux Histoires vénitiennes

Fumiko HAYASHI

Fumiko Hayashi est née au sud du Japon, en 1903. Ses parents sont marchands ambulants et elle passe une enfance misérable sur les routes du Japon.

En mai 1916, la famille s’installe à Onomichi. Son professeur encourage ses dons littéraires. Pour payer ses études, elle travaille dans un magasin de nouilles et une usine de voiles. Elle lit fébrilement des œuvres étrangères et publie ses premiers poèmes en 1921.

En 1922, elle rejoint à Tokyo son premier amour, Gunichi Okano, parti y poursuivre ses études.  Les parents s’opposent à leur mariage. Elle vit de petits boulots d’ouvrière.

Elle fréquente un groupe de poètes d’avant-garde qui se réunissent au premier étage d’un restaurant français de Hongô à Tôkyô et publie avec eux des manifestes anarchistes et dada. Elle multiplie les liaisons de courte durée. En 1926, elle épouse le peintre Rokubin Tezuka et s’installe avec lui à Shinjuku à Tôkyô. De 1928 à 1930, elle publie en feuilleton son journal intime romancé.

Publié en volume Horoki (Vagabonde) obtient un succès phénoménal.  Voyages en Chine, puis à Paris où elle tente d’apprendre le français.

Désormais romancière la plus lue du Japon, elle donne partout des conférences. En 1933, elle est incarcérée pour sympathies communistes.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est correspondante de guerre en Mandchourie et en Indonésie.

Elle meurt le 28 juin 1951.

La Flûte de la grue

Une femme célèbre

Thierry GILLYBŒUF

Thierry Gillybœuf est né le 26 avril 1967 à Lille. Entomologiste de formation, il a d’abord enseigné la biologie, les mathématiques et les sciences physiques, puis il est entré comme documentaliste dans une administration militaire.

Il a traduit des auteurs anglophones tels que Wallace Stevens, William Carlos Williams, Henry David Thoreau, Ralph Waldo Emerson ou Herman Melville.

Dans le domaine italien, il a notamment traduit Antonia Pozzi, Salvatore Quasimodo, Italo Svevo et Leonardo Sinisgalli.

Plusieurs ouvrages collectifs ont paru sous sa responsabilité, consacrés notamment à Remy de Gourmont et à Georges Perros.

Il est également l’auteur de préfaces et d’ouvrages critiques.

H. D. Thoreau, Ainsi parlait Thoreau (Choix, traduction et présentation)

Hermann Melville, Ainsi parlait Melville (Choix, traduction et présentation)

Antonia Pozzi, La Vie rêvée. Journal de poésie 1929-1933

Antonia Pozzi, Un fabuleux silence. Journal de poésie 1933-1938