Terminus

et autres poèmes intimes

Edith Wharton était poète autant que romancière. Mais c’est la première fois que sa poésie est traduite en français. Le choix de Jean Pavans comprend aussi bien des poèmes publiés dans Verses (1878, elle avait 16 ans) que le merveilleux poème écrit l’année de sa mort en 1937.

On sait que l’écrivaine américaine était véritablement poursuivie par les sujets de romans : « Ils pullulent autour de moi comme des moustiques ! Ils me rendent malade ; ils m’étouffent. J’aimerais m’en débarrasser. » Enfant déjà, elle ne cessait de raconter des histoires à ses proches, et il fallait que ces histoires semblent extraites d’un livre : « Chaque jour, durant des heures j’arpentais la nursery absorbée à “lire” inépuisablement des contes dans un livre que la plupart du temps je tenais à l’envers. »

Tout aussi précoce que sa vocation de romancière fut pour Wharton la vocation de poète. « Quand je lus mes premiers poèmes, écrit-elle, je sentis que c’était “une bénédiction d’être vivant par une pareille aurore”. Ici, les mots étaient transfigurés … C’étaient des présences visibles, presque tangibles, avec des visages aussi distincts que ceux des personnes parmi lesquelles je vivais. »

Wharton avait 16 ans quand parut son premier recueil de poèmes, Verses, en 1878. Deux autres livres de poésie ont paru de son vivant : Artemis in Actaeon en 1909 et Twelve Poems en 1926. Mais autant de ses poèmes, éparpillés dans ses correspondances ou dans ses carnets, n’ont paru qu’à titre posthume.

C’est le cas de Terminus, l’un de ses poèmes les plus amples et les plus personnels, que Jean Pavans a placé au centre de ce choix de textes qui permet de découvrir enfin en France la poésie de Wharton, la plus française des écrivaines américaines.

Rappelons que Lenox (Massachussets) où a vécu Wharton aux USA est à moins de 100 km d’Amherst (Massachussets) où a vécu Dickinson. Verses (1878), de Wharton,  a paru douze ans avant le premier volume de poèmes de Dickinson, posthume comme on le sait (1890).