Simone Weil

Simone Weil est née à Paris en 1909 dans une famille d’origine juive alsacienne. Sa mère, née à Rostov en Russie, a été élevée en Belgique. La famille suit les affectations de son père, chirurgien militaire.

Elle obtient à 16 ans le baccalauréat. En khâgne à Henri-IV, elle a pour professeur Alain. Elle entre à Normale Sup en 1928 et obtient l’agrégation de philosophie en 1931. Elle commence alors sa carrière de professeur au Puy.

Syndicaliste, elle écrit en 1933-34 dans la revue marxiste antistalinienne La Critique sociale. Elle quitte l’enseignement en 1934 pour devenir ouvrière chez Alsthom puis Renault.

Du fait de sa mauvaise santé, elle reprend l’enseignement l’année suivante. Elle prend part aux grèves de 36 et, malgré son pacifisme, s’engage dans la guerre civile espagnole avec les anarcho-syndicalistes.

Un séjour à Assise en 1937 puis à Solesmes en 1938 la rapprochent du christianisme. Elle commence en 1940 à rédiger ses Cahiers. Le dominicain Joseph-Marie Perrin la met en contact avec Gustave Thibon en juin 1941 qui la l’accueille dans sa ferme dans l’Ardèche.

En 1942, elle s’embarque avec ses parents pour les États-Unis d’où elle repart pour Londres. Elle y travaille pour la France libre, mais, comme on lui refuse de rejoindre la résistance intérieure, en démissionne.

Tuberculeuse, elle est hospitalisée à Londres, puis admise à Ashford. Elle meurt en 1943, à 34 ans, et est enterrée à Ashford.

Ainsi parlait Simone Weil

Elizabeth von ARNIM

Elizabeth von Arnim est née en 1866 à Sydney (Australie) d’une riche famille anglaise. De son vrai nom Mary Annette Beauchamp, elle est la sœur d’Harold Beauchamp, père de Kathleen Beauchamp, dite Katherine Mansfield, avec qui elle entretiendra des reations de grande aînée.

Elle n’a que trois ans quand sa famille regagne Londres. Brillante élève, elle intègre le Collège Royal de Musique. À la fin de ses études, en 1889, elle part avec son père faire un grand tour d’’Europe au cours duquel elle rencontre en Italie le comte von Arnim, aristocrate prussien apparenté au grand romantique allemand Achim von Arnim. Elle l’épouse en 1891.

Le couple s’installe à Berlin, puis en 1895 au château de Nassenheide (Poméranie) où Elizabeth découvre la vie à la campagne. Les cinq enfants du couple ont des précepteurs célèbres : E. M. Forster et Hugh Walpole. Elizabeth publie anonymement Elizabeth et son jardin allemand (1898), un premier livre qui connaît un énorme succès.

En 1908, la famille déménage pour Londres. Arnim meurt en 1910. Elizabeth s’installe à Crans-Montana, dans le Valais suisse en 1912. Le « Chalet Soleil » qu’elle s’y fait construire devient un centre de vie mondaine. Elle y entretient une liaison tapageuse avec H. G. Wells.

Sa fille Joyce meurt en Allemagne en 1916 d’une pneumonie aiguë à l’âge de 16 ans. Son livre L’Histoire de Christine, publié l’année suivante sous le pseudonyme d’Alice Cholmondeley, est directement inspiré de cet événement.

En 1916, elle épouse Francis Russell, frère aîné de Bertrand Russell, prix Nobel 1950. Ils divorcent en 1919.

Elizabeth partage dès lors  sa vie entre l’Angleterre, la Suisse et Mougins, dans le sud de la France. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle gagne les États-Unis. Elle y meurt à Charleston, en 1941.

Un été en montagne

L’Éclatante Beauté de Sally

L’Histoire de Christine

Dylan THOMAS

Dylan Thomas naît en 1914  à Swansea, « une adorable ville laide » de la côte sud du Pays de Galles dans  une famille aisée et cultivée. Il quitte le lycée à seize ans et devient reporter au journal local.

Son premier recueil 18 poèmes est publié en 1934 grâce à un prix local. Il s’installe à Londres. En 1936 paraît à Londres son deuxième recueil. Il enregistre en 1937 la première de ses 147 émissions de radio pour la BBC. La même année il se marie. Un premier enfant naîtra en 1939.

En 1940, il publie un recueil de nouvelles, Portrait de l’artiste en jeune chien. Pour des raisons financières, sa famille déménage fréquemment. En 1941, il arrête son activité poétique pour plusieurs années. Il travaille comme scénariste de films de propagande.

Son quatrième recueil, Mort et entrées, connaît en 1946 un grand retentissement. En automne, la BBC 3 est créée : il s’y implique comme acteur, animateur et écrivain. En 1949 il s’installe à Laugharne dans une maison achetée par sa mécène.

En 1950, première tournée de conférences aux États-Unis, suivie en 1952 d’une seconde. Son dernier recueil, Dans le pays du sommeil, est publié aux États-Unis la même année. Le premier enregistrement de ses lectures de ses poèmes à New York connaît un énorme succès.

En 1953, troisième puis quatrième tournées de lectures aux États-Unis (il en aura fait 107 au total) et première de sa pièce Au bois lacté à New York. Il rencontre Stravinsky à Boston pour un projet d’opéra.

Le 5 novembre, il tombe dans le coma à New York et meurt quelques jours après à 39 ans.

L’Œuvre poétique I. Le code de la nuit

L’Œuvre poétique II. Tout le soleil durant

Anatole FRANCE

François Anatole Thibault, est né en 1844 à Paris. Le nom de « France » est le diminutif du prénom « François » que portait aussi son père François Noël Thibault, dit Noël France, libraire quai Malaquais spécialisé dans les ouvrages sur la Révolution française.

Anatole France gardera une grande affection pour les livres et pour la Révolution française. Il se marie en 1877 avec Valérie de Sauville dont il divorcera en 1893.

En 1888, il engage une liaison avec Mme Arman de Caillavet, qui tient un célèbre salon littéraire. Il y rencontre le jeune Proust qui lui dédie Les Plaisirs et les Jours et en fera le modèle de Bergotte dans la Recherche. Cette liaison durera jusqu’à la mort de celle-ci, en 1910. En 1920 il se remariera avec l’ancienne femme de chambre de Mme de Caillavet.

Il connaît son premier succès public en 1881, avec Le Crime de Sylvestre Bonnard. Il devient en 1887 critique littéraire du Temps et est élu en 1896 à l’Académie française.

Il dénonce le génocide arménien, soutient Zola dans sa campagne en faveur de Dreyfus, participe à la fondation de la Ligue des droits de l’Homme, s’engage pour la séparation de l’Église et de l’État, contre la « barbarie coloniale » et, lors de la Grande Guerre, contre la folie guerrière du monde capitaliste.

Proche de Jaurès, il adhère aux idées socialistes, mais reste à l’écart des partis politiques , dénonçant les risques totalitaires.

Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1921 et meurt en 1924 dans sa maison de Saint-Cyr-sur-Loire.

Ainsi parlait Anatole France

Eugène DELACROIX

(1798-1863)

Eugène Delacroix est né en 1798. Il passe son enfance à Marseille puis à Bordeaux. Son père meurt en 1805, sa mère en 1814. Sa jeunesse sera très pauvre. Guidé par son oncle, le peintre Henri Riesener, il entre à l’École des Beaux-Arts en 1816.

En 1822, il expose pour la première fois au Salon (La Barque de Dante) et commence son Journal qu’il interrompt en 1824. Il rencontre en Angleterre le peintre Thomas Lawrence en 1825.

En 1831, il expose au Salon La Liberté guidant le peuple. En 1832, il accompagne le comte de Mornay dans une ambassade au Maroc où il prend de nombreux croquis. En 1839 il est chargé de décorer la Bibliothèque du Palais du Luxembourg (Sénat).

En 1842, premier de trois séjours à Nohant, chez George Sand et Frédéric Chopin, dont il aime passionnément la musique. En 1844, il loue une maison à Champrosay, près de Fontainebleau, où il se rendra désormais chaque année. En 1847, il reprend son Journal qu’il tiendra jusqu’à sa mort.

En 1849, il reçoit la commande de la chapelle des Saints-Anges dans l’église Saint-Sulpice. En 1857, après sept échecs, il est enfin élu à l’Institut. Il s’installe 6, rue de Furstenberg, au Quartier Latin, où il meurt en 1863.

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Ainsi parlait Eugène Delacroix

Paul LABORDE

Paul Laborde est né en 1986 à Paris. Après des études de littérature et de philosophie à la Sorbonne, il est entré dans l’enseignement. Il est actuellement enseignant-chercheur dans une école de design.

Il a publié en 2013 chez Cheyne un premier livre de poésie, Sables, puis l’année suivante, aux éditions Trames, Un rempart, avec une lithographie originale de Farhad Ostovani.

En 2015, il crée la revue Conséquence qui met en question la relation entre l’écriture et la vie, d’abord sous l’angle de la philosophie, puis, dans les numéros suivants sous l’angle de la poésie. Parmi les auteurs publiés par la revue, on citera Alain Badiou, Jacques Rancière, Jean-Luc Nancy, André du Bouchet, Cédric Demangeot, Bernard Noël, Esther Tellermann.

Deux livres paraissent en 2016 : chez Cheyne, Olympe, l’ignorée et chez fissile, Puisqu’une solitude ici désemparée.

À partir de 2017, la fréquentation des philosophies non-duelles, de Maître Eckhart à l’Advaita Vedānta, apportent une nouvelle ouverture à son travail.

Il est membre de de la Société psychédélique française, fondée en 2017 par un collectif d’universitaires, de médecins et de jeunes activistes.

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Le mot de pauvreté

James Joyce

(1882-1941)

James Joyce est né en 1882 dans une famille catholique de la banlieue de Dublin. Il est l’aîné de dix enfants survivants. Joyce, comme son père, revendiquera l’appartenance à l’ancien clan irlandais de Galway.

Il suit une éducation chez les jésuites. Le 16 juin 1904, il fait la connaissance de Nora Barnacle, jeune femme originaire du Connemara, Comté de Galway, qui travaille comme femme de chambre. Cette date situera l’action de son roman Ulysse (le Bloomsday).

Joyce reste un certain temps à Dublin, buvant énormément. Joyce et Nora s’imposent un exil volontaire, à Zurich puis à Trieste où il enseignera l’anglais. Avec ses deux enfants (Giorgio, 1905, et Lucia, 1907), il parlera l’italien. Il ne retournera en Irlande que pour de très courts séjours.

Il passe une grande partie de la guerre à Zurich, survivant grâce à l’enseignement et l’aide de Pound, Yeats et Wells. En 1914 paraît Gens de Dublin, suivi en 1916 du Portrait de l’artiste en jeune homme. La famille s’installe Paris en 1920 où elle demeurera. Sa fille Lucia est atteinte de schizophrénie.

Sylvia Beach publie l’original d’Ulysse à Paris en 1922. A partir de 1923 il rédige et publie en revue des extraits de son Work in Progress qui deviendra Finnegans Wake (1939). Il meurt à Zurich en 1941.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait James Joyce

Alain Roussel

(1948)

Alain Roussel est né à Boulogne-sur-Mer en 1948. Il habite près de Rennes.

Très tôt il s’est intéressé aux traditions spirituelles les plus diverses, de la mystique chrétienne à l’illuminisme, du soufisme aux philosophies orientales.

Il découvre la poésie, vers l’âge de 17 ans, devenant au fil du temps un lecteur insatiable de Rimbaud, Baudelaire et Lautréamont, des écrivains du surréalisme et du Grand Jeu, de Juarroz, Munier et Bonnefoy.

Doué d’une écriture virtuose et d’une immense culture, Alain Roussel est l’auteur de plus de 30 ouvrages de genres et de styles très variés, où l’héritage surréaliste se mêle à l’esprit de la beat generation.

Alain Roussel a écrit de nombreuses proses poétiques d’une écriture dense et serrée où il s’efforce de suggérer la présence, l’absence, l’attente. Citons-en pour exemple Un soupçon de présence (2015).

Il est également l’auteur de récits et divagations où se donnent libre cours une imagination et une verve débridées. On citera ici l’extravagant Labyrinthe du Singe (2014).

Passionné par la linguistique et la cabale phonétique, Alain Roussel a publié en 2019 aux excellentes éditions Maurice Nadeau un essai aussi brillant qu’original intitulé La Vie secrète des mots et des choses.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Le texte impossible suivi de Le vent effacera mes traces

L’Ironie des choses

François-René de Chateaubriand

(1768-1848)

Chateaubriand est né en 1768 à Saint-Malo. La famille s’installe au château de Combourg en 1777.

En avril 1791, il s’embarque pour l’Amérique où il séjourne huit mois. De retour en France, il se marie et émigre pour rejoindre les troupes royalistes. Blessé au siège de Thionville, il gagne l’Angleterre où il restera de 1793 à 1800. En 1801 paraît Atala et en 1802 Le Génie du christianisme qui remportent un énorme succès.

Nommé secrétaire de légation, il arrive à Rome en 1803. Lorsque le duc d’Enghien est fusillé, il donne sa démission. En 1806, il dénonce le despotisme impérial. En 1812 il commence à rédiger ses mémoires. Au retour de Louis XVIII, il est nommé ministre d’État, puis pair de France, avec le titre de vicomte.

En 1817 commence avec Juliette Récamier une liaison qui durera trente ans. En 1821, il est nommé ambassadeur à Berlin puis Londres, avant d’obtenir le portefeuille des Affaires étrangères. Il tombe en disgrâce en 1824 mais est rappelé en 1828 par Charles X comme  ambassadeur auprès du Saint-Siège.

Légitimiste, il refuse le roi Louis-Philippe. En 1834, il achève les Mémoires d’outre-tombe. Il publie sa Vie de  Rancé en 1844. Il meurt en 1848 et est enterré sur l’île du Grand-Bé à Saint Malo.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait Chateaubriand

Otto FLAKE

(1880-1963)

Otto Flake (1880-1963) est l’auteur d’une œuvre considérable, publiée chez Fischer Verlag, l’un des plus grands éditeurs allemands.

Flake est né en 1880, à Metz, dans l’Alsace-Moselle annexée, d’une famille d’origine allemande. Il suit sa scolarité à Colmar, puis ses études supérieures à Strasbourg.

Avec ses amis René Schickele et Ernst Stadler, il fonde en 1902 la revue Der Stürmer qui donne une puissante impulsion à la vie culturelle de la capitale alsacienne. Il publie en 1912 son premier roman, auquel succèderont jusqu’à la fin de sa vie une centaine d’ouvrages : romans, nouvelles, essais et biographies.

Pendant la Première Guerre mondiale, Flake travaille, grâce à son bilinguisme, dans l’administration civile à Bruxelles. En 1918, il devient rédacteur d’un journal créé à Berlin par un éditeur lorrain. Il vit quelques années dans le Tyrol du Sud puis, à partir de 1928, s’installe avec sa famille à Baden-Baden, tout près de Strasbourg.

L’avènement de Hitler en 1933 le place, comme tous les intellectuels et artistes allemands, devant un grave dilemme. Déjà exilé malgré lui de sa terre natale, il choisira autant qu’il pourra une sorte d’exil intérieur dans l’Allemagne nazifiée. 

Dès la chute du régime, Flake s’engage ardemment pour la réconciliation franco-allemande. Largement reconnu outre-Rhin, il est nommé commandeur de l’ordre du Mérite de la République fédérale.

C’est en 1960 qu’il publie chez Fischer son autobiographie. Avec le talent d’un romancier et nouvelliste émérite, il y livre une chronique aussi savoureuse que précise de cette vie de bohème. Il meurt en 1963 à Baden-Baden. C’est là qu’il repose.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Scènes d’une vie de bohème. Une jeunesse à Colmar et Strasbourg (1880-1914)