L’Œuvre poétique II : Tout le soleil durant

Né à Swansea sur la côte du pays de Galles, mort à 39 ans à New York, Dylan Thomas (1914-1953) est un de ces poètes météores dont l’œuvre intense et déroutante ne cesse de nous interroger. Les Éditions Arfuyen ont décidé de publier en deux gros volumes bilingues l’intégrale de cette œuvre réputée intraduisible. Le premier volume de L’Œuvre poétique de Dylan Thomas (1914-1953) a paru aux Éditions Arfuyen en février 2024. Avec ce second volume le lecteur français a maintenant accès à l’intégralité de cette œuvre, l’une des plus importantes et déroutantes de la poésie du xxe siècle. 

Le traducteur, Hoa Hôï Vuong, a traduit et présenté en 2015 pour Arfuyen L’Œuvre poétique bilingue du grand poète américain Hart Crane (1899-1932) dans une traduction virtuose qui avait  été largement saluée. Sa traduction de Dylan Thomas a été couronnée par le Prix Nelly-Sachs 2025 de la traduction littéraire. Dans la revue Europe, Michel Ménaché salue « le mérite et le sérieux de l’édition exhaustive de L’Œuvre poétique dont ce premier tome annonce une prouesse exemplaire ». Et dans En attendant Nadeau, Alain Roussel souligne que « traduire Dylan Thomas relève de l’exploit linguistique. C’est à cette tâche que s’attelle avec succès Hoa Hôï Vuong .»

Au début de ce second volume, Dylan Thomas a 30 ans. Avec les années, la vie et l’écriture lui sont devenues de plus en plus difficile. Peu lui importe cependant : tout ce qui compte à ses yeux, c’est de tenter de piéger le soleil et déjouer l’orage qui gronde au fond des plus banales journées. Alors que la Seconde Guerre mondiale ravage la planète, il écrit Morts et Entrées, qu’il publie en 1946. Six ans après ce sommet lyrique, Au pays du sommeil clôt l’œuvre par de larges pans de vers ralentis d’une saveur terrienne. À ces deux recueils majeurs, ce second volume de L’Œuvre poétique adjoint de nombreuses pièces jusqu’à présent inédites en français.

Dans toute la poésie de Dylan Thomas, il n’est question que d’une chose : dire la chair de la pensée, surprendre le monde et l’esprit-corps dans leur mouvement conjoint. Pour le poète gallois, écrire, c’est mourir au milieu de la vie et vivre au milieu de la mort. Pour paiement de son terrible labeur, Dylan Thomas, grand seigneur, ne réclame que son dû : « Langouste pour le thé, champagne chaque nuit, une niche dans les Lettres, et un trou dans la terre à perpétuité. »