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Rabbi Nahman de Bratzlav (1772-1810) la nostalgie hassidique

Textes traduits de l’hébreu et présentés par Catherine Chalier

Nahman de Bratzlav n’est pas seulement le conteur populaire qu’ont donné à lire Les Contes de Rabbi Nahman de Martin Buber. C’est un profond penseur et un maître spirituel dont  les enseignements, ici traduits pour la première fois, ont été recueillis par son disciple Rabbi Nathan Sternhartz sous le titre Recueil de notre maître R. Nahman et Recueil des lois. 

R. Nahman a lutté toute sa vie contre la peur et la tristesse. La vocation de son enseignement est d’aider ses disciples à lutter contre ces deux sentiments.

Pour lui, il existe une mélodie (nigun) sainte et éternelle en toute créature, pas seulement humaine. Cette mélodie-là qui est celle de la création est plus puissante qu’une discussion pour éveiller l’âme humaine. C’est cette mélodie éternelle que chaque personne tenterait de rejoindre grâce à sa propre mélodie, même quand elle l’ignore.

Rabbi Nahman met au vif de son propos une nostalgie pour Dieu, incessante et aigue. Il fait sien l’enseignement du Rabbi Isaac Luriaselon lequel l’acte créateur implique un retrait/cachement (tsimtsoum) de la lumière de l’Infini (Ein Sof). En effet, si cela ne se produisait pas, il n’y aurait place pour aucune créature. Rabbi Nahman distingue ainsi deux types de souffrances : celles qui relèvent de la brisure des vases et celles qui relèvent de l’espace vide.

Garder le sentiment d’être loin, mais désirer se rapprocher, plutôt que d’en venir à des conclusions définitives, voilà l’essentiel pour Rabbi Nahman. C’est aussi le de son adage célèbre selon lequel « il n’est pas bon d’être vieux ». Il faut en effet se renouveler sans cesse.

     Coll. Les Carnets spirituels – 178 p – 2024 –  978-2-845-90378-4 – 16 €
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