De l’improbable

Bancquart

suivi de MO(R)T

 

C’est Marie-Claire Bancquart elle-même qui a voulu ce livre ultime qui regroupe deux textes inédits : MO(R)T, écrit en 2010 sous une forme très singulière dans son œuvre, et De l’improbable, le dernier texte qu’elle a pu elle-même relire. Elle a demandé à son élève et amie Aude Préta-de Beaufort d’y ajouter une courte postface.

Citons-en ici le premier poème, d’une discrétion tout ironique : « Attendant les paroles de la maladie // que signifie cette main / agrippée // on ne sait trop si c’est à la mort / ou à la vie? » Et cet autre, le tout dernier, déchirant de douceur : « Laissez moi seule / avec l’oiseau / qui m’apporte / ce que vous savez ».

L’une des voix féminines majeures de la poésie francophone contemporaine, Marie-Claire Bancquart est décédée à Paris le 19 février 2019 et ses cendres ont été dispersées au Père Lachaise. Comme son écriture était dépourvue de toute ostentation, elle a voulu que son départ soit également sans artifice.

Le mois précédent son œuvre était entrée dans la collection Poésie-Gallimard avec une anthologie intitulée Terre énergumène. En juin 2016 avait paru aux Éditions Arfuyen son dernier recueil au titre testamentaire : Tracé du vivant.

Chez Marie-Claire Bancquart, l’expérience de la souffrance est fondatrice. C’est celle d’un corps qui depuis l’enfance l’a tenue recluse et empêchée. De cinq à neuf ans, elle a vécu enfermée dans un hôpital, le corps plâtré de la poitrine au pied gauche et au genou droit. Aucune plainte cependant chez Marie-Claire Bancquart, aucune condamnation de la vie, mais au contraire une tension permanente pour échapper au désespoir et reconnaître dans les choses les plus simples une fraternité de destin.

Une écriture dédaigneuse de toute facilité lyrique, de toute pose philosophique, mais soucieuse avant tout de la plus grande justesse dans une présence au monde ressentie comme terriblement précaire et démunie.

Coll. Les Cahiers d'Arfuyen – 104 pages – ISBN 978-2-845-90291-6 – 11 €