À l’ombre d’un tilleul

Les Vies des sœurs d’Unterlinden

Traduit du latin et présenté par Christine de Joux – postfaces de Georges Bischoff, Rémy Valléjo et Jeanne Ancelet-Hustache (en couverture détail d’un tableau d’Henry Lebert, Le Couvent des Unterlinden, 1838, Musée Unterlinden)

Traduit en allemand dès 1863, transcrit par Jeanne Ancelet-Hustache, première éditrice en France de l’œuvre de Maître Eckhart, le manuscrit des Vitae sororum est l’un des trésors de la Bibliothèque patrimoniale des dominicains à Colmar.

Écrit par une contemporaine de Maître Eckhart, dans un des monastères dont il avait la charge, le prestigieux monastère d’Unterlinden, à Colmar, ce texte est ici traduit en français pour la première fois.

« J’étais déjà avancée en âge, écrit Catherine de Gueberschwihr au début de son récit, lorsque j’ai écrit et rédigé ce texte de ma propre main, d’abord sur des tablettes de cire, alors que ma vue déclinait, et j’étais remplie de crainte et rouge de honte à l’idée que vous puissiez jamais connaître mon ignorance. »

Il est émouvant de lire ces lignes de cette femme, Catherine de Gueberschwihr (1260-1330) qui, au tout début du xive siècle, écrit la vie de quarante-cinq autres femmes. Car elles sont rares les écrivaines, en cet automne du Moyen Âge, et rares aussi les témoignages sur la vie des femmes d’alors.

Catherine de Gueberschwihr est une authentique écrivaine : elle a l’art du récit et de la notation concrète. Elle dispose d’une documentation sur ces sœurs – dont beaucoup ont été mariées – qui donne à son texte un grand intérêt historique et sociologique.

L’intérêt de ce texte est encore renforcé par le fait que le monastère d’Unterlinden, dont elle raconte les origines, est aujourd’hui encore un lieu culturel de premier plan : il est le siège du musée d’Unterlinden qui conserve le fameux Retable d’Issenheim de Mathias Grünewald.

  Coll. Les Vies imaginaires – 336 p. —  2021 – ISBN 978-2-845-900311-1 – 20 €