Les Eaux profondes – Opus incertum V

Janvier 1990  –  décembre 1993

Les nombreux livres jusqu’à présent parus de Roger Munier ne sont à ses yeux que les marges d’un ensemble beaucoup plus vaste et ambitieux : l’Opus incertum, commencé en 1980 et conçu dès l’origine comme son grand œuvre majeure, l’œuvre d’une vie. Ensemble considérable dont nous ne connaissons encore que les quatre premiers volumes. Les Eaux profondes sont le cinquième volume de cet Opus incertum.

Dans une note liminaire, Roger Munier présente ainsi son ouvrage : « Ce livre est le cinquième d’une série publiée sous le titre générique d’Opus incertum et dont le dernier en date est Le su et l’insu (Gallimard, 2005). On y retrouvera certains des thèmes récurrents dans les écrits antérieurs, mais autrement abordés, à la faveur d’un lent cheminement qui fut celui de la vie même en ses rencontres. Avec, peut-être, une insistance ici plus marquée dans la prospection des régions peu fréquentées qu’évoque le titre, souvent exclues de nos existences de surface, mais qui les hantent sourdement. »

Roger Munier a souhaité que les éditions Arfuyen prennent en charge la publication de la suite de l’Opus incertum. Le présent volume couvre quatre années entières de l’œuvre : 1990, 1991, 1992 et 1993.

Les Eaux profondes : celles qui s’écoulent, sombres et puissantes, sous le miroitement de nos jours sans que nous en ayons conscience autrement que fugitivement, par éclair, sans que nous en sachions rien retenir. Toute l’entreprise de Roger Munier est de se rendre attentif, jour après jour, instant par instant, à ce qui se passe là, dans ce qu’Eckhart appelle « le fond de l’âme » et qui, disait-il, n’a pas de nom.

Quels mots pour dire cela qui est en deçà des pensées, des sentiments, des émotions ? Quels mots pour dire ce qui nous est le plus essentiel et semble, pour cela même, devoir nous rester à jamais inconnu ? C’est l’entreprise de toute une vie : une sorte de contemplation toute particulière, faite à la fois de pure réceptivité et d’intransigeante acuité.

Coll. Les Cahiers d'Arfuyen  –  178 pages  –  ISBN 978-2-845-90110-0  –  14,5 €