Jours

CA 244 Marwan Hoss
Textes 1969-2019

Avec quatre lettres inédites de René Char

Le 10 novembre 1970, René Char écrit à Marwan Hoss : « Il m’est agréable de vous écrire combien vos poèmes me trouvent, me découvrent peut-être aussi à moi-même, à l’âge des sombres chagrins. » Et un mois plus tard : «  Sur la ligne de l’horizon où vous m’êtes apparu, je ne vous confonds avec aucun autre. »

Placée dès l’origine sous le double parrainage de Char et de Schéhadé, l’œuvre poétique de Marwan Hoss est d’une tonalité unique : étrange et grave, ascétique et sensuelle, brûlante et raffinée.

Jours réunit l’ensemble de ses textes depuis 1969 jusqu’à aujourd’hui : 50 années d’écriture revisitées pour arriver à l’épure d’une vie. « J’étais l’enfant des premières pluies / qu’un baiser emprisonne / Ma mère avait le charme / mon père la fatigue / J’étais l’adolescent qui savait / Des pays je compris la distance / Du silence je pris la parole » Ainsi commence ce livre d’une vie, comme si dans cette vision déjà un destin était tracé.

Destin énigmatique, lumineux et cruel, qui semble comme chez Nerval revêtir les d’une femme que le poète sans cesse interroge : «  Où vas-tu ainsi / sans détourner ton regard / Je vais vers l’infiniment loin / – me répondit-elle avec tendresse » Sans cesse le rêve s’y mélange à la veille, la mort avec la vie. « Mes yeux étaient ouverts, mais je ne voyais rien, parfois les larmes dispersaient mon regard. » Et les poèmes, brefs, sont autant de révélations, menaçantes ou apaisées.

La poésie dans ce qu’elle a de plus nu, de plus vital, c’est ce que nous fait entendre la voix de Marwan Hoss. Aussi sobre et sombre dans le refus de toute éloquence que celle d’une Anise Koltz, aussi démunie et déchirante que celle d’un Takuboku.

♦♦♦ Lire l’article d’Antoine Boulad

Coll. Les Cahiers d'Arfuyen –  2019 – 248 p – ISBN 978-2-845-90295-4 – 18 €