
Dits et maximes de vie. Textes choisis et présentés par Gérard Pfister
La littérature française classique compte quatre écrivaines majeures : Madame de Sévigné, Germaine de Staël, George Sand et Colette. De ces quatre-là, Colette est la seule dont l’œuvre est très largement lue aujourd’hui encore.
Écrivaine populaire avec les Claudine et les Chéri, Colette est devenue grâce à sa liberté d’esprit et la puissance de son écriture, une sorte d’équivalent féminin de son contemporain Marcel Proust.
Colette aimait à dire pourtant qu’elle n’était devenue écrivaine que par hasard : « Dans ma jeunesse je n’ai jamais, jamais désiré écrire. » Mais à l’âge de 20 ans, elle épouse Gauthier-Villars (Willy) et devient l’un de ses multiples « nègres ». Sa vocation, nous dit-elle, était tout autre : « Née d’une famille sans fortune, je n’avais appris aucun métier. Je savais grimper, siffler, courir, mais personne n’est venu me proposer une carrière d’écureuil, d’oiseau ou de biche. »
Colette n’a pas fréquenté, comme les autres grands écrivains de sa génération, les grands lycées parisiens. Sa scolarité s’est arrêtée lorsqu’elle avait 16 ans. Elle a toujours gardé l’accent bourguignon : cette « voix de syrinx, écrivait Aragon, où perchait / Avec toutes les variations d’un / Beaune / Le roulement des r comme un vin dans le chai ».
Sans cesse, écrivait-elle, il faut retourner aux choses : « Nous ne regardons, nous ne regarderons jamais assez, jamais assez juste, jamais assez passionnément. » Ce qui rend vivantes toutes choses, c’est une certaine vibration qui est en elles, un rythme. Colette jouait bien du piano et a écrit le livret de L’Enfant et les Sortilèges de Ravel.
C’est chez sa mère qu’elle a trouvé la force de cette liberté indomptable. « Marcel Schwob, déclarait-elle, m’appelait “la béguine aux scrupules”. Et il est vrai que je mets des scrupules un peu dans tout. Je cache mes scrupules sous un peu de cynisme. »
Coll. Ainsi parlait – 192 p. – 14 € – ISBN 978-2-845-90379-1
