L’arrière-silence

Après Balbuciendo (2012), La Troisième main (2015), Connaissance par les larmes (2017), Sur un piano de paille (2020) et La Ballade des hommes-nuages (2022) et La voie du large (2024), L’arrière-silence est le septième livre de Michèle Finck que publient les Éditions Arfuyen. Son œuvre se caractérise par une rare puissance et intensité. Rappelons que La voie du large, le sixième livre de Michèle Finck publié par les éditions Arfuyen, a remporté en 2024 le prix Apollinaire.

Leçons de silence, tel aurait pu être le titre de ce nouveau livre. s’il avait eu une intention démonstrative, mais l’ambition de Michèle Finck est toute différente. Il ne s’agit ici que de simples témoignages rapportés de l’exploration de ce tréfonds de silence qui veille en nous, en-deçà de la conscience et du langage, « cette rumeur silencieuse unique en chacun de nous / qui nous accompagne toute une vie ».

Le terme« arrière-silence » fait évidemment penser à cet « arrière-pays » qui a donné son titre au récit autobiographique publié par Y. Bonnefoy en 1972. Mais le pays qu’évoque ici M. Finck est une contrée purement intérieure : « arrière-silence cette rumeur silencieuse unique en chacun de nous / qui nous accompagne toute une vie en s’accumulant strates par strates dans l’arrière-crâne / c’est avec son énigme que nous passons notre existence – et peut-être notre mort ».

Ce livre, comme tous les ouvrages de M. Finck, est soutenu par une puissante architecture en sept mouvements : « L’origine » (prologue), « Les muets », « La femme », « A cappella pour les sans-voix », « Le chant des choses », « L’invention du silence », « La leçon de silence », « Neige, enfin « Pianécrire » (épilogue).

Professeur de littérature comparée à l’université de Strasbourg, M. Finck est l’autrice d’ouvrages essentiels sur la poésie contemporaine. Pour Arfuyen, elle a traduit Trakl et son père, Adrien Finck.

Ainsi parlait George Orwell

George Orwell (1903-1950) est certainement l’un des écrivains qui a le mieux pensé l’évolution des sociétés modernes. Ses deux célèbres romans La Ferme des animaux et 1984 dénoncent avec une force prophétique des totalitarismes nouveaux fondés sur la technologie et la désinformation.

Le succès planétaire de ces deux romans fait trop souvent oublier qu’Orwell est aussi l’auteur de très nombreux essais, articles et lettres où il a rendu compte de ses expériences d’écrivain engagé (enquêtes sociales, guerre d’Espagne) développé une profonde réflexion sur l’homme et sur la société. Au-delà de ces deux célèbres romans, Orwell a mené à travers de très nombreux essais, articles et lettres une profonde réflexion sur l’homme et sur la société. « Le langage politique, écrit-il dans un de ses essais politiques,est conçu pour rendre les mensonges crédibles et le meurtre respectable. »

Cet Ainsi parlait bilingue anglais-français permet d’avoir une approche d’ensemble d’une œuvre lucide et courageuse, d’une extrême actualité. Thierry Gillybœuf qui a conçu et traduit cet Ainsi parlait Orwell a publié chez Arfuyen Ainsi parlait Thoreau et Ainsi parlait Melville et, dans le domaine italien, l’intégrale de l’œuvre d’Antonia Pozzi.

C’est Kellyanne Conway, conseillère de Donald Trump, qui a utilisé la première l’expression « vérité alternative ». S’il y a aujourd’hui un écrivain à lire pour lutter contre cette intoxication répandue aujourd’hui par les politiques et les médias, c’est à coup sûr Georges Orwell : « Dire la vérité dans un temps de mensonge universel, écrivait-il, est un acte révolutionnaire. » Orwell a fait de la lutte contre les différentes formes de totalitarisme une mission primor-diale. La Ferme des animaux et 1984 dénoncent de manière prophétique les techniques de manipulation et l’écrasement de l’individu de nos cyberdictatures.

Orwell considère que la liberté commence par la fidélité aux faits et la clarté des mots. Le concept de « Novlangue » qu’il introduit dans 1984 montre comment le pouvoir peut déformer la réalité en pervertissant les mots : car « si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée. » Par le courage de ses engagements et par son extraordinaire lucidité, par son indépendance d’esprit et son refus des dogmes, Orwell est un penseur plus que jamais nécessaire pour apprendre à penser librement et à défendre les fondements de cette liberté : « Le véritable ennemi, c’est l’esprit réduit à l’état de gramophone. »

Les Aventures d’une jeune fille noire

Comme un roman inédit de Conrad avait inauguré 2025 pour la collection Le Rouge & le Noir, 2026 s’ouvre par un texte quasi inconnu du grand Bernard Shaw, prix Nobel de littérature 1925, aussi génial et provocateur que son contemporain irlandais Oscar Wilde. 

Les Aventures d’une jeune fille noire ont paru à Londres en 1932  Écrit d’une traite lors d’un séjour de Shaw en Afrique du Sud, le livre est le récit tendre et ironique des rencontres d’une jeune fille noire dans la forêt africaine : prophètes et charlatans, caravanes de colons, ermites., etc. Cette drôlerie n’est cependant pas gratuite. Shaw dénonce toutes les formes d’obscurantisme religieux, mais livre aussi un ardent plaidoyer féministe et antiraciste.

« Je considère, écrivait Shaw, que la morale actuelle en matière de relations économiques et sexuelles est désastreusement erronée, et je considère avec horreur certaines doctrines du christianisme tel qu’il estaujourd’hui compris. »Le diagnostic reste plus vrai que jamais avec le regain actuel des fondamentalismes. L’ouvrage a suscité un véritable scandale dans les milieux conservateurs et religieux, et a été même interdit dans l’État libre d’Irlande. Ce n’était cependant pas la première fois que Shaw défiait le conformisme religieux et moral du public.

Cette levée de boucliers qu’ont suscitée Les Aventures de la jeune fille noire n’a pas n’empêché que ce grand texte obtienne un grand succès tant en Angleterre qu’aux États-Unis. Dès 1933, le livre était traduiteen français par Augustin et Henriette Hamon, traduction qui, du fait de l’antisémitisme affiché du traducteur, n’a jamais été rééditée. Ce contretemps a certainement beaucoup nui à la découverte en France d’un texte pourtant particulièrement représentatif de l’esprit généreux et irrévérencieux de Shaw.

La nouvelle a été rééditée à Londres en 1934 accompagnée d’un court essai, écrit à Ayot St.Lawrence, le village où Shaw s’était retiré. Nous présentons ici la traduction de ce texte, révisé en 1946, convaincus nous aussi, quelques décennies plus tard, de « l’importance d’un tel message dans la crise mondiale actuelle ».

George Orwell

George Orwell (pseudonyme de Eric Arthur Blair) est né en 1903 à Motihari, en Inde, où son père est fonctionnaire. Il fait ses études en Grande-Bretagne et obtient une bourse au collège d’Eton. Huxley est son professeur de français. Rêvant de retourner en Asie, il s’engage en 1922 dans la police en Birmanie : «Le fonctionnaire maintient le Birman à terre, écrira-t-il, pendant que l’homme d’affaires lui fait les poches. »

En 1927, il donne sa démission. Au printemps 1928, il s’installe pour 18 mois à Paris où il publie dans des journaux communistes. À son retour, il enseigne dans une école privée. Il termine Dans la dèche à Paris et à Londres, qui paraît en 1933. Une histoire birmane et son roman Une fille de pasteur paraissent en 1935.  Devenu libraire à Londres, il se marie en1936. Une enquête sur la vie dans les bassins miniers le convertit au socialisme et lui inspire son livre Le Quai de Wigan.

Dès décembre 1936, il est à Barcelone avec sa femme et rejoint les milices du POUM où il voit « une sorte de microcosme de société sans classes ». Son Hommage à la Catalogne paraît en 1938. En 1940, il tente de s’engager, mais sa faible santé l’en empêche. Il travaillera d’abord à la BBC, puis dans la presse de gauche. La Ferme des animaux paraît en août 1945 après avoir été refusé par quatre éditeurs.

Envoyé spécial de The Observer en France et en Allemagne en 1945, il rentre à Londres à la mort de sa femme et commence d’écrire 1984. En parallèle, à partir d’août 1945, il devient vice-président du Freedom Defence Committee.

1984 paraît en 1949. La même année il se remarie. Il meurt de la tuberculose en janvier 1950.

Ainsi parlait George Orwell

Bernard Shaw

George Bernard Shaw est né en 1856 dans  un quartier populaire de Dublin. D’origine anglaise, son père n’est qu’un modeste fonctionnaire alcoolique Sa mère a introduit dans le ménage George John Lee, brillant musicien. Elle le suit à Londres en 1873 avec ses deux filles aînées. George reste à Dublin avec son père et apprend seul à jouer du piano. Il abandonne le prénom de George et décide de s’appeler seulement Bernard Shaw .

En 1876; apprenant que sa sœur Agnes est en train de mourir, il rejoint sa mère en Angleterre. Il ne retournera en Irlande que 29 ans plus tard. Lee lui trouve du travail comme répétiteur de piano et chanteur occasionnel, mais aussi comme journaliste musical, ce qu’il fera longtemps.

Il se rapproche en 1884 de la Fabian Society et participe avec elle en 1894 à la création de la London School of Economics (LSE). Il obtient la même année son premier succès au théâtre avec Arms and the Man, qu’on accuse d’être antipatriote. En 1898, il se marie avec une riche Anglo-Irlandaise. En 1906, ils s’installent à Ayot St Lawrence pour le reste de leurs jours. Ils n’auront pas d’enfants.

Shaw participe en 1912 à la création d’un nouvel hebdomadaire socialiste, The New Statesman, dont il devient directeur. Favorable à l’autonomie irlandaise, il est consterné  par la partition de l’Irlande en 1921.

Sa grande pièce Saint Joan, montée à Broadway en 1923, remporte l’enthousiasme. Le prix Nobel de littérature lui est attribué en 1925. Il se rend en URSS en 1931 et se laisse abuser le régime stalinien. Après  l’invasion de la Pologne par les nazis en 1939, il exhorte les États-Unis à entrer en guerre. Il continue d’écrire jusqu’à plus de 90  ans. Il meurt en 1950 à 94 ans.

Les Aventures d’une jeune fille noire

2026

23 août 2026 — Les plis du mensonge, d’Yves Namur, lu par Rony Demaeseneer (Le Carnet et les Instants)

21 août 2026 — Série Rilke aux éditions Arfuyen, par Stéphane Bataillon : 6. Sur Dieu (La Croix L’Hebdo)

7 août 2026 — Série Rilke aux éditions Arfuyen, par Stéphane Bataillon : 5. Pour Madame Lisa Heise (La Croix L’Hebdo)

1er août 2026 — Les plis du mensonge, d’Yves Namur, lu par Marc Wetzel (Poesibao)

31 juillet 2026 — Série Rilke aux éditions Arfuyen, par Stéphane Bataillon : 4. Consolation de Marie (La Croix L’Hebdo)

30 juillet 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Jean Legay (Strophe)

24 juillet 2026 — Série Rilke aux éditions Arfuyen, par Stéphane Bataillon : 3. Ô Seigneur, donne à chacun (La Croix L’Hebdo)

19 juillet 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Veneranda Paladino (DNA)

17 juillet 2026 — Série Rilke aux éditions Arfuyen, par Stéphane Bataillon : 2. Que feras, Dieu, si je meurs (La Croix L’Hebdo)

16 juillet 2026 — La voie du large, de Michèle Finck, lu par Anne Segal (Phœnix)

10 juillet 2026 — Série Rilke aux éditions Arfuyen, par Stéphane Bataillon : 1. J’aime une vie palpitante (La Croix L’Hebdo)

11 juillet 2026 — Retour à Florence, d’Henry James, lu par Anne-Mary Mitchell (La Marseillaise)

2 juillet 2026 — Jardins suspendus, de Gérard Pfister, lu par Marc Wetzel (Poesibao)

2 juillet 2026 — Une amitié sans faille, de Camille Rondier (La République du Centre)

2 juillet 2026 — Ainsi parlait George Sand, de Pascale Auraix-Jonchière, par Marc Wetzel (La Cause littéraire)

Juillet 2026 – Les plis du mensonge, d’Yves Namur (Nos Lettres, Bruxelles)

Juillet-août 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Frédéric Dieu (Les Lettres françaises)

Juillet-août 2026 – Ainsi parlait Horace, de Gérard Pfister, lu par Dominique Hoizey (Le Chat Murr)

Juillet-août 2026 — Une amitié sans faille, de Camile Rondier (Orléans Magazine)

30 juin 2026 — Jardins suspendus, de Gérard Pfister, lu par Christian Travaux (Sitaudis)

26 juin 2026 – Ainsi parlait George Orwell, de Thierry Gillybœuf, lu par Frédérique Roussel (Libération)

24 juin 2026 — Ainsi parlait Horace, de Gérard Pfister, lu par Pierre Tanguy (Recours au poème)

22 juin 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par François Lallier (Sitaudis)

18 juin 2026 — Elizabeth von Arnim, L’Histoire de Christine, lu par Françoise Urban-Menninger (e-litterature.net)

17 juin 2026 — Joseph Roth, Panoptikum, lu par Philippe Barthelet (Valeurs actuelles)

14 juin 2026 — Henry James, Mal d’Italie, lu par Mathieu Lindon (Libération)

12 juin 2026 — Elizabeth von Arnim, L’Histoire de Christine, lu par Florence Noiville (Le Monde des livres)

10 juin 2026 — Edward Stachura, La Marche du scorpion, lu par Antoine Jockey (Al Majalla)

5 juin 2026 — Edward Stachura, La Marche du scorpion, lu par Louri Chretienne de Penanros (Le Monde des livres)

2 juin 2026 — Edward Stachura, La Marche du scorpion, par Alta Ifland (Poesibao)

2 juin 2026 — Les plis du mensonge, d’Yves Namur, lu par Christian Travaux (Sitaudis)

Juin 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Frédéric Dieu (Les Lettres françaises)

Juin 2026 — Les plis du mensonge, d’Yves Namur, lu par Philiuppe Lekeuche (Les Lettres françaises)

Juin 2026 — Michèle Finck, La voie du large, cahier d’essai proposé par Florence Saint-Roch (Terre à ciel)

Juin 2026 — Michèle Finck, L’arrière-silence, lu par Sabine Dewulf (Terre à ciel)

30 mai 2026 — La Vie et les Chants, de Rainer Maria Rilke, lu par Patrick Corneau (Le Lorgnon mélancolique)

30 mai 2026 — Ainsi parlait Goeorge Sand, de Pascale Auraix-Jonchière, lu par Patrick Corneau (Le Lorgnon mélancolique)

27 mai 2026 — La Vie et les Chants, de Rainer Maria Rilke, par Myriam Aït-Sidhoum (DNA Dernières Nouvelles d’Alsace)

26 mai 2026 — La Marche du scorpion, d’Edward Stachura, lu par Charles Garatynski (EAN – En attendant Nadeau)

12 mai 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Alain Roussel (EAN – En attendant Nadeau)

6 mai 2026 — Yves Namur, Les plis du mensonge, lu par Gérard Bocholier (Recours au poème)

6 mai 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Pierrick de Chermont (Recours au poème)

6 mai 2026 — L’Œuvre poétique , de Dylan Thomas, traduit par Hoa Hôï Vuong, lu par Samuel Martin, University of Pennsylvania (Journal of Welsh Studies)

2 mai 2026 — Ainsi parlait Horace, de Gérard Pfister, lu par Patrick Corneau (Le Lorgnon mélancolique)

Mai 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Christian Travaux (Europe)

15 avril 2026 — Ainsi parlait Horace, de Gérard Pfister, lu par Bertrand Levoyer (Revue des Deux Mondes)

10 avril 2026 — Ainsi parlait Horace, de Gérard Pfister, lu par Marc Wetzel (Poesibao)

7 avril 2026 — Ainsi parlait Horace, de Gérard Pfister, lu par Christian Travaux (Sitaudis)

7 avril 2026 — Rainer Maria Rilke, Le Livre introuvable, 11 poèmes bilingues inédits , par Gérard Pfister (Poesibao)

4 avril 2026 — Panoptikum, de Joseph Roth, lu par Patrick Corneau (Le Lorgnon mélancolique)

1er avril 2026 — Les Aventures d’une jeune fille noire, de Bernard Shaw, lu par Philippe Barthelet (Valeurs actuelles)

Avril 2026 — Un déjeuner en montagne, de Gérard Pfister, lu par Michèle Finck (Europe)

28 mars 2026 — N’oublie pas de regarder le ciel, de Vladimir Galpérine, lu par Patrick Corneau (Le Lorgnon mélancolique)

25 mars 2026 — Panoptikum, de Joseph Roth, lu par Bertrand Levoyer (Revue des Deux Mondes)

20 mars 2026 – Les Aventures d’une jeune fille noire, de Bernard Shaw, lu par Marc Wetzel (La Cause littéraire)

14 mars 2026 — La Marche du scorpion, d’Edward Stachura, lu par Patrick Corneau (Le Lorgnon mélancolique)

13 mars 2026 — Ainsi parlait Orwell, de Thierry Gillybœuf, lu par Marc Wetzel (La Cause littéraire)

12 mars 2026 — Ainsi parlait Horace, de Gérard Pfister, lu par Didier Moulinier (Les Livres de philosophie)

9 mars 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Michaël Bishop (Sitaudis)

6 mars 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Jean-Marc Sourdillon (Recours au poème)

2 mars 2026 — Ainsi parlait George Orwell, de Thierry Gillybœuf, lu par Fabien Ribéry (Le Blog de F. R.)

Mars 2026 — Un déjeuner en montagne, de Gérard Pfister, lu par Yves Namur (Le Journal des Poètes)

Mars 2026 — Entretien avec Michèle Finck, par Laurine Rousselet (Experimental Poetic)

27 février 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Christian Travaux (Poesibao)

26 février 2026 — Ainsi parlait George Orwell, par Thierry Gillybœuf, lu par Antoine Jockey (Al Majalla)

25 février 2026 — Ainsi parlait George Orwell, de Thierry Gillybœuf, par Philippe Barthelet (Valeurs actuelles)

14 février 2026 — Ainsi parlait George Orwell, de Thierry Gillybœuf, lu par Patrick Corneau (Le Lognon mélancolique)

14 février 2026 — Les Aventures d’une jeune fille noire, de Bernard Shaw, lu par Patrick Corneau (Le Lognon mélancolique)

14 février 2026 — L’arrière silence, de Michèle Finck, lu par Patrick Corneau (Le Lorgnon mélancolique)

13 février 2026 – L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Françoise Urban-Menninger (e-litterature.net)

11 février 2026 — Lettres aux Amis de l’Île-Verte, de l’Ami de Dieu de l’Oberland, lu par Gilles Banderier (La Cause Littéraire)

5 février 2026 —L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Marc Wetzel (Poesibao)

4 février 2026 — L’Éclatante Beauté de Sally, d’Elizabeth von Arnim, par Philippe Barthelet (Valeurs actuelles)

3 février 2026 — L’arrière-silence, de Michèle Finck, lu par Guillaume Curtit (Poesibao)

2 février 2026 — Journal d’une planète minuscule, d’Agnès Clerc, lu par Antoine Jockey (Al Majalla)

7 janvier 2026 — Ainsi parlait Platon, d’Emmanuel Pasquier, par Philippe Barthelet (Valeurs actuelles)

6 janvier 2026 – Un déjeuner en montagne, de Gérard Pfister, lu par Marie-France de Palacio (Recours au poème)

6 janvier 2026 — Le Rêve de Dostoïevski, de Cécile A. Holdban, lu par Pierrick de Chermont (Recours au poème)

5 janvier 2026 — Journal d’une planète minuscule, d’Agnès Clerc, lu par Marie Étienne (EaN – En attendant Nadeau)

Janvier-février 2026 — Opus incertum VII. La Voix de l’érable, de Roger Munier, lu par Jacques Lèbre (Europe)

Janvier-février 2026 — Le Rêve de Dostoïevski, lu par Isabelle Baladine Howald (Europe)

Janvier-février 2026 — Le Message réisophique, de Laurent Albarracin, lu par Thierry Romagné (Europe)

Janvier 2026 — Ainsi parlait Goethe, de Roland Krebs, lu par Carola Hähnel-Mesnard (Allemagne aujourd’hui)

Janvier 2026 — Lettres aux Amis de l’Île-Verte, de l’Ami de Dieu de l’Oberland (Le Lettre de Ligugé)

Janvier 2026 —Le Rêve de Dostoïevski, de Cécile A. Holdban, lu par Isabelle Baladine Howald (Europe)

Janvier 2026 — Ainsi parlait Barbey d’Aurevilly, de Philippe Simon, lu par Thomas Penguilly (Bulletin de la Société Barbey d’Aurevilly)

Décembre 2025 – février 2026 — Ainsi parlait Barbey d’Aurevilly, de Philippe Simon, lu par Claude Cornu (Études normandes)

Octobre 2025

C’est Jean Genet qui d’abord nous a réunis, Agnès et moi. Notre ami commun, Albert Dichy, qui gérait les archives de l’écrivain à l’Institut mémoires de l’édition contemporaine, nous avait mis en contact. Je dirigeais au Seuil une collection, et Albert avait pensé que ce qu’écrivait Agnès pouvait m’intéresser. Elle m’a donné un manuscrit, intitulé La Mouette aux yeux bleus, roman situé à Marseille et dont le protagoniste, jeune professeur, spécialiste de Proust, s’éprenait d’un groupe d’adolescents qui plongeaient dans la mer.

Comment avait-elle eu l’idée de lier le geste littéraire de Proust qui, dans la Recherche, avait fait d’Alfred Agostinelli Albertine, à son propre roman qui opérait une inversion de sexe dans l’autre sens ? Les plongeurs de Marseille devenaient les doubles des «jeunes filles en fleurs » de Balbec. Et elle se faisait l’interprète de leur langage comme Pasolini l’avait fait avec les banlieusards de Rome. […]

Elle vivait alors à Chicago où elle enseignait la littérature, dans une des universités les plus prestigieuses des États-Unis, Northwestern, tout en enquêtant sur la peine capitale. Et elle a poursuivi son œuvre avec un mélange de sérénité et d’angoisse, d’assurance et de doute, en inventant à chaque livre une forme nouvelle, où s’entrelaçaient le journal intime, la fiction, le déplacement, la condensation, l’inversion, comme dans les rêves […]

Lorsqu’on a terminé la lecture d’un livre d’Agnès Clerc, il reste beaucoup de lumière dans notre mémoire de lecteur. Qu’elle parle d’art contemporain, de politique, de deuil, de passion amoureuse ou amicale, d’animaux, de pierres, de plantes, d’envoûtement ou de voyage, qu’elle soit linéaire ou expérimentale, elle travaille en orfèvre des mots et des sensations. Et son propre « je », à la différence de tant de ceux d’écrivains, n’est ni égocentré, ni omniscient. Elle est le témoin des interférences du monde et de soi, elle est attentive aux vibrations de la vie, plus qu’aux relations psychologiques. En cela, elle a une démarche, certes poétique, mais aussi philosophique. […]

Agnès a beaucoup voyagé, a beaucoup traduit, a beaucoup lu, a beaucoup regardé les œuvres d’art de ses contemporains. Il ne s’agit pas de simples considérations esthétiques, mais d’une attention, à travers l’art et les comportements humains, au chaos relationnel lié à une sorte de délitement de la société, où les « sans place » perdent leur voix, si l’on ne recueille pas l’expression de leur désespoir. Mais elle a intériorisé tout ce qu’elle a rencontré, sans jamais opposer soi et les autres, sujet et objet. […]

Lorsqu’on me demande quels auteurs je suis le plus fier d’avoir publiés au Seuil, je dis sans hésiter Agnès Clerc, même si j’ai édité beaucoup d’autres écrivains de talent. Mais aucun autre ne me semble avoir pâti d’un sort aussi injuste en ayant manifesté autant d’originalité. C’est qu’Agnès Clerc, tout en faisant usage d’une sensibilité extraordinairement affinée, ne se prend pas pour objet, ni même pour sujet, dans la mesure où son regard se porte sur ses amis, de diverses générations, de diverses espèces. Dans son deuxième livre, Le Dragon de Lawson, qui raconte son séjour aux États-Unis, comme plus tard Phoenix, c’est une animal insolite de compagnie, un lézard du désert d’Australie qui lui sert d’objet « transitionnel » (tout comme le narrateur de cette « planète minuscule »). […]

Bien sûr, pour aller vite, on pourrait dire que l’œuvre d’Agnès Clerc appartient à l’underground. Mais le concept est désormais galvaudé. C’est une marque déposée : rien de plus contraire à l’esprit de ce livre. S’il est expérimental, c’est malgré soi. L’estampille aurait accrû la notoriété, mais au prix d’un malentendu.

Lettres aux Amis de l’Île-Verte

L’ouvrage ici publié s’inscrit dans le long travail de fond mené par les éditions Arfuyen sur la mystique rhénane : Eckhart, Tauler, Suso, Merswin, Ruysvbroeck et Silesius. Elles iont travaillé dans ce domaine avec les meilleurs spécialistes, parmi lesquels Alain de Libera, Roger Munier, Jean Moncelon ou Marie-Anne Vannier. 

En 2011 ont paru dans la traduction de Jean Moncelon Le Livre des neuf rochers de Merswin et Le Livre des cinq Hommes de L’Ami de Dieu de l’Oberland, suivis en 2016 par Le Sage et l’Ermite. Les Lettres aux Amis de l’Île-Verte ici publiées achèvent la traduction des mystérieux manuscrits conservés depuis 1382 dans les archives de Strasbourg.  

Les lettres ici traduites en français pour la première fois retracent l’existence des mystérieux Amis de Dieu, mouvement spirituel de portée européenne et d’inspiration eckartienne, qui sont comme une version bien réelle de l’histoire imaginée par Eco dans Le Nom de la Rose.

Ces lettres ont été adressées de 1363 à 1380 par l’Ami de Dieu de l’Oberland, depuis son ermitage du « Haut-Pays » à ses amis de l’Île-Verte, à Strasbourg. Les manuscrits ont été découverts en 1382, après la mort du banquier et mystique strasbourgeois Rulman Merswin, dans sa maison de « l’Île-Verte » dont les bâtiments sont ceux de l’actuelle ENA (devenue INSP). Ces précieux manuscrits ont été numérisés par à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg et sont conservés aux Archives du Bas-Rhin).

Les événements mentionnés dans ces lettres s’inscrivent dans un territoire qui va de Strasbourg à la Suisse centrale, en passant par Bâle où le Strasbourgeois Jean Tauler, disciple de Maître Eckhart, s’était exilé vers 1340. Ils rayonnent jusqu’à l’Italie, la Hongrie et la Bavière.

Les chercheurs allemands ont fait de nombreuses recherches sur le mystère entourant ces manuscrits. La richesse et la précision des faits ici relatés, mais aussi la transmission directe, depuis leur découverte en 1382 , des manuscrits de l’Ami de Dieu justifient de croire à l’existence historique de tous ces éléments. Car il semble plus invraisemblable encore de penser que tous ces événements auraient pu être imaginés par Merswin, disciple de Tauler et auteur de l’admirable Livre des Neuf Rochers (publié par Arfuyen en 2011).

Au terme de ses travaux, Jean Moncelon explique dans cet ouvrage pourquoi l’existence historique de l’Ami de Dieu lui semble assurée. Il établit également que le siège de la communauté du Haut-Pays se serait situé près de Lucerne dans un lieu aujourd’hui encore dénommé Brüdernalp (« la Montagne des Frères »).

L’Éclatante Beauté de Sally

En mars 2024, les éditions Arfuyen ont inauguré leur collection de fiction Le Rouge & le Noir par la traduction d’un roman inédit d’Elizabeth von Arnim, Un été en montagne (In the mountains), qui a permis de constater combien la magie de cette œuvre reste intacte. Pour le 10e volume de la collection, quel meilleur choix que de proposer cet autre roman inédit en français (titre original : Introduction to Sally), plus ample et plus séduisant encore par sa fantaisie, sa finesse et son joyeux féminisme. 

L’Éclatante Beauté de Sally : le titre français de ce roman (en anglais : Introduction to Sally) en dit le thème, d’une parfaite simplicité. Comme chez Feydeau, il en découle cependant une chaîne d’événements imprévisibles et burlesques dans laquelle, grâce au style brillantissime de la romancière, le lecteur est emporté avec délice. Malgré la drôlerie, ce roman est aussi une réflexion profonde et paradoxale sur les rapports hommes-femmes et sur les travers d’une société sclérosée.

« Tu devrais essayer de mieux cacher tes cheveux », suggère à Sally son jeune époux. Mais elle : « Ça ne change rien. Les gens me regardent quand même. » Sally est d’une beauté insolente, ravageuse, qui rend les hommes stupides. Elle n’en tire pas gloire : « Les gens commencent par “Oh, comme vous êtes belle” et finissent toujours en colère. » Les compliments l’insupportent et elle est farouchement indépendante.

Une telle beauté alliée à la lucidité est une malédiction. Brillante et ironique, Elizabeth von Arnim nous entraîne dans une folle cavalcade, jusqu’au point où l’époux doit s’interroger : « Sally, qu’il avait eu l’intention de façonner, était en train de le façonner lui. Ce qu’elle faisait de lui, c’était une marionnette. Oui. Rien que ça. Tous les maris sont-ils des marionnettes ? »

Le personnage lumineux de Sally sert de révélateur à une galerie de personnages pittoresques comme un modèle réduit de la société, du « dessus du panier » d’une vieille aristocratie totalement déphasée aux banlieues cockney, sans ménager les préjugés et les prétentions des classes moyennes, qui ne parlent que de convenances et ne pensent qu’à l’argent.

PLATON

Platon est né en 428 avant J.-C., un an après la mort de Périclès. 26 ans de guerre contre Sparte (de – 431 à – 404) et quatre ans de grande peste (de – 430 à – 426) ont eu raison de la grandeur d’Athènes qui reste un centre culturel, alors que Syracuse est une puissance majeure de la Méditerranée. La mère de Platon aurait été une descendante du législateur Solon, et son père un descendant d’un roi d’Athènes. 

Platon aurait rencontré Socrate vers – 407. Il se détourne alors de l’écriture poétique pour entrer en philosophie. Après la condamnation de Socrate, Platon quitte Athènes et voyage dans tous les grands lieux de savoir de l’époque.

Vers 33 ans, à son retour, il sert dans l’armée athénienne, durant la guerre de Corinthe. En – 38, il fonde l’Académie.

Platon répond favorablement, en – 367, à l’invitation de Denys le Jeune, fils du tyran qui, vingt ans plus tôt, l’avait mal traité. Il a 62 ans. L’enjeu d’une réforme politique à Syracuse est de taille. Mais la tentative tourne court. Platon est invité à nouveau en – 361, et c’est un nouvel échec.

Platon continue de rêver à la meilleure constitution et rédige ses Lois, tandis que monte la puissance menaçante du royaume de Macédoine.

Platon meurt à 81 ans, en – 347, sans épouse ni descendant, laissant la direction de l’Académie au fils de sa sœur.

Ainsi parlait Platon