Giacomo Leopardi

LEOPARDI 1

(1798-1837)

Giacomo Leopardi est né en 1798 à Recanati, dans les Marches (États Pontificaux). Son père, le comte Monaldo est un homme pétri d’érudition et de tradition. Sa mère est froide et autoritaire. L’année suivante naît Carlo, qui sera son « confident universel ».

Giacomo se passionne pour l’étude. Un prêtre alsacien ayant fui la Révolution française Joseph Vogel, philologue de haut niveau, l’incite à apprendre le grec, l’hébreu, l’anglais et l’espagnol.

À seize ans, il rédige son Discours sur l’état actuel des mœurs des Italiens. Dans le même temps, il ne cesse de traduire du grec et du latin. Ses recherches philologiques attirent l’attention des lettrés mais, de constitution fragile, ses excès de travail ont ruiné sa santé.

En 1817, il fait la connaissance du critique Pietro Giordani, qui devient son mentor littéraire, et commence à rédiger son Zibaldone. En 1819, il tente d’organiser son départ de Recanati, mais son père découvre le projet et il doit renoncer.

En 1822 son oncle obtient l’autorisation de l’emmener à Rome. Sans cesser de revenir à Recanati, il fait de longs séjours à Milan, Bologne puis Florence où il fait la connaissance d’Antonio Ranieri, jeune écrivain napolitain qui devient son ami le plus proche.

Ce n’est qu’en 1830 qu’il quitte définitivement le palais familial. En avril 1831 une nouvelle édition des Canti reçoit un accueil très réservé. Sa santé se dégradant, Leopardi s’installe en 1833 à Naples auprès de Ranieri.

Durant l’été 1836 il séjourne au pied du Vésuve où il écrit ses derniers grands poèmes.

Il meurt à Naples en 1837 à l’âge de 39 ans.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait Giacomo Leopardi

Sur Toucher terre

TANGUY

La lecture de Pierre Tanguy

Extraits d’un article sur Toucher terre paru dans Recours au poème le 3 février 2019

La poésie de Cécile A. Holdban touche à l’intime mais demeure en permanence auréolée d’une forme de mystère. La poète creuse l’énigme de la vie. « Il restait une fleur / sur terre / pour l’éclairer », écrit Cécile A. Holdban, comme en écho à ces mots de Philippe Jaccottet : « Prends cette fleur pour t’éclairer dans la traversée des jours ». Mais si l’écriture de l’auteure a parfois des accointances avec celle du grand poète français, son univers poétique la rattache plutôt à une veine d’écrivains anglo-américains qui lui sont chers (Kathleen Raine, Sylvia Plath…) et, encore plus, à ces auteurs des ex-pays de l’Est, notamment hongrois, pour lesquels elle éprouve une affection (littéraire) particulière. […]

Elle y publie notamment des poèmes de Sandor Weöres (1913-1989), considéré comme l’un des plus grands poètes hongrois, de Janos Pilinszki (1921-1981), poète et dramaturge également hongrois, mais aussi des Américains Howard Mc Cord ou Linda Pastan.

À propos de ce nouveau livre de Cécile A. Holdban, son éditeur [évoque] « d’obscures menaces et des grâces envoûtantes ». Les obscures menaces sont là quand « l’aube s’efface », et « la lune rouille », quand « les arbres au loin noircissent » ou quand « le corps est bien là », mais que « le cœur se fige ». Les grâces envoûtantes, elles, s’arc-boutent à « notre seule viatique : l’espérance secrète du printemps ». La poète peut alors s’émerveiller et noter que « les yeux rubis des groseilles ouvrent des milliers de paupières » et se mettre à l’écoute de « la respiration palpitante de la pluie mêlant le sang des fleurs à la terre ».

Entre les « menaces » et les « grâces », il y a cette « obstination à chercher / l’étincelle, la part / manquante ». Car Cécile A. Holdban nous dit avoir « plongé dans le monde avec emportement ». C’est cette énergie vitale (native) qui continue à l’animer. Elle est demeurée « la fillette qui s’élance » en quête de « cette violence joyeuse, cette libération dans le jaillissement de certaines sources ». Car, s’il y a « l’hiver du monde », il y a aussi cette femme qu’elle est (et que l’amour éclaire) dont le « corps déborde » et dont la « tête chante ».

Rabbi Chmuel Bornstein

(1856-1926)

Rabbi Chmuel Bornstein de Sochaczew est né  en 1856 dans la maison de son grand-père, le fameux Rabbi de Kotzk dont la fille avait épousé Rabbi Abraham, son disciple bien-aimé. Après son mariage, en 1874, avec la fille d’un hassid de Kotzk, il continuera d’habiter près de lui.

A la suite du décès de son père, en 1910, il est choisi par les hassidim de Sochaczew comme chef spirituel. En 1891, Rabbi Chmuel Bornstein avait visité la terre d’Israël et toute sa vie il en garda la nostalgie. Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, il est arrêté en Allemagne mais parvient en tant que sujet russe à retourner en Pologne.

Il s’installe à Lodz où  prononce nombre des homélies présentées dans ses livres. Son souci y est de transmettre l’importance de l’étude de la Torah à ses disciples mais aussi à un public plus vaste. Comme son grand-père, le Rabbi de Kotzk, il ne voulait pas inciter à la vénération. Chacun devait avoir à cœur de faire son chemin.

Sa santé s’étant dégradée, il alla vivre dans une ville plus calme, près de Lodz, puis à Otwock près de Varsovie, où il mourut en 1926. Il fut enterré à Sochaczew près de son père. Les 5 volumes qui constituent le Chem miChmuel furent publiés de façon posthume, ils suivent, année après année (de 1910 à 1926) l’ordre de lecture des passages bibliques hebdomadaires.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Rabbi Chmuel Bornstein (1856-1926). L’espoir hassidique 

Rabbi Chmuel Bornstein (1856-1926). L’espoir hassidique

Après Les Lettres de la création (2006), les Éditions Arfuyen ont commencé de travailler avec Catherine Chalier à une suite d’ouvrages consacrée aux grandes figures du hassidisme. Le projet de cette série est de donner à lire pour la première fois les textes les plus substantiels de ces auteurs, et non pas seulement leurs anecdotes ou bons mots.

Après Kalonymus Shapiro, rabbin au Ghetto de Varsovie (2011), Aux sources du hassidisme, le Maggid de Mezeritch (2014) et Le Rabbi de Kotzk , un hassidisme tragique (2018), le présent volume est consacré à Rabbi Chmuel Bornstein, petit-fils du  rabbi de Kotzk.

Après une longue présentation de Rabbi Chmuel Bornstein, Catherine Chalier donne ici la traduction d’importants extraits de son œuvre maîtresse, le Chem miChmuel. Publiés de façon posthume, les cinq volumes de cet ouvrage sont devenus aujourd’hui des livres fondamentaux du hassidisme polonais.

Chmuel Bornstein a une conscience aiguë des ravages du désespoir qui guette les créatures, même les plus dévouées à Dieu et aux êtres humains. Pour lui le Chabbat est une réponse à ce tourment. Là où chaque créature se sent pleine d’elle-même, le Chabbat oblige l’homme à une pause bienfaisante qui arrête l’avidité d’être et creuse en chacun un espace qui lui permet donc de devenir un réceptacle de cette lumière et de ce souffle.

C’est pourquoi le Chabbat est décrit comme « saint », c’est-à-dire séparé du temps ordinaire où l’impatience – d’être et de faire – ne cesse de revendiquer ses droits.

Coll. Les Carnets spirituels – 120 p – 2019 –  978-2-845-90280-0 – 14 €

Le Grand Veneur des âmes

Après Enquête sur les domaines mouvants (2007) et Les Degrés de l’incompréhension (2014), Le Grand Veneur des âmes est le troisième livre de Max de Carvalho aux Éditions Arfuyen. Il en avait auparavant publié deux : Adresse de la multiplication des noms (Obsidiane, 1997) et Ode comme du fond d’une autre réalité (L’Arrière-pays, 2007).

Si la revue de Max de Carvalho, La Treizième, est placée sous l’égide de Nerval, les titres de ses livres, marqués d’étrangeté, définissent l’espace qui lui est propre : un espace où les mots sont incertains, où la réalité est chancelante, où les territoires sont mouvants, où l’intelligence se heurte à une croissante perplexité, où la mort est maîtresse du jeu.

Ici deux grandes parties : Le canon des dissimilitudes et La frontière, aux titres d’emblée significatifs de séparation. Dans la première partie, des sous-titres eux aussi hautement suggestifs : « Scardanelli parle », « Théâtre d’ombres », « La rivière de vif-argent », « Vieilles marines », « Nescience ultime », « L’adoration ténébreuse », « L’ombre des biens à venir ». Dans la seconde, trois subdivisions : « L’été 14 », « Août à l’office des petites heures », « La frontière ».

« Laisse-moi t’approcher, dit l’un des poèmes, / par-delà l’aigue morte / de cette vive mort dont / tu as le visage, trembler / sans dire un mot sur le / seuil de la porte, que / personne désormais / si je frappe n’ouvrira. » Ce poème, « Ma rue morte », dit la blessure béante qui est au cœur de cette écriture.

Coll. Les Cahiers d'Arfuyen – 176 p – 2019 – 978-2-845-90279-4

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Le point vif

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Image de couverture de Pascal Kern

 

« La belle fraise / des jardins / le bouche à bouche / d’une volupté attendue / l’ironie ponctuelle / d’une semence / suspendue / entre la terre grumeleuse / et la lumière / de tes jours / le bonheur de la peau / la sagesse de l’écorce / l’arbre meurt / lentement / détaché de son fruit » (Le Point vif).

C’est en 1964 qu’a paru aux éditions Gallimard Le Viol. Après deux premiers livres publiés aux éditions de Minuit au début des années cinquante, c’est le cinquième roman d’Alfred Kern. Alfred Kern n’est alors âgé que de 45 ans. En 1957, Le Clown, immense errance à travers une Mitteleuropa foisonnante de personnages déplacés et de villes insaisissables, a affirmé avec puissance son univers d’écrivain.

Le prix Renaudot attribué en 1960 à son roman Le Bonheur fragile, a attiré sur son travail l’attention du public. Une œuvre existe déjà, que la richesse et l’originalité de son tempérament littéraire semblent devoir année après année accroître de nouveaux opus.

C’est le contraire qui se passe. Pendant un quart de siècle, aucun livre ne paraît plus. Puis ce seront coup sur coup deux recueils de poèmes complémentaires, Gel & Feu, en 1989, et Le Point vif, deux ans plus tard. Poèmes envahis par la contemplation des choses et la fascination de la langue, comme de longs continuum où le poète, mot à mot, pierre à pierre, récite le mystère du monde.

Tout au long des marches autour de sa maison dans les Vosges alsaciennes, chaque pas est l’occasion de rencontres nouvelles, sources d’émerveillement autant que de perplexité ; chaque jour se déposent, au seul gré du hasard, sensations, ébauches, fragments comme les improbables pièces d’une chaîne sans fin de haïku ou de tanka. Observations à ce point détachées de tout regard, à ce point abandonnées, qu’à la manière des poèmes des anciens sages bouddhistes ou taoïstes il ne s’y trouve presque plus de place pour un seul verbe, pour un sujet ou un complément.

Coll. Les Cahiers d'Arfuyen – ISBN 978-2-908-82512-1 –  9,91 €

Yves Leclair

LECLAIR1

Yves Leclair est né à Martigné-Briand (Maine-et-Loire) en 1954. Après des études de musique et un doctorat de lettres à la Sorbonne, il a été professeur de lettres à Saumur.

Il a collaboré à partir de 1978 à différentes revues : L’École des Lettres, puis La Nouvelle Revue Française, Europe, Critique et Études.

Il a publié des textes de formes très variées : poèmes, fragments, récits, essais. Parmi ses ouvrages, on citera : L’Or du commun (1993), Bouts du monde (1997), Manuel de contemplation en montagne (2005), Orient intime (2010), Cours s’il pleut (2014), Pierre-Albert Jourdan : écrire comme on tire à l’arc (2018).

En avril 2019 a paru aux Éditions Gallimard L’autre vie, alternant avec maestria des sortes de vers très long et de courts paragraphes, qui situent le lecteur, dans une troublante indécision, tantôt du côté du poème et tantôt de la notation, tantôt du côté du prosaïque quotidien et tantôt du côté d’«autre chose »  : « Nous ignorions, tandis que nous la vivions pleinement, que c’était déjà l’autre vie. »

Il a reçu en 2014 le prix Alain-Bosquet pour l’ensemble de son œuvre.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Michel Jourdan, Bouteilles à la mer d’un ermite migrateur (préface)

Léon Bloy, Ainsi parlait Léon Bloy (choix et présentation)

Charles Baudelaire, Ainsi parlait Charles Baudelaire (choix et présentation)

Gustave Flaubert, Ainsi parlait Gustave Flaubert (choix et présentation)

Sur Le Rabbi de Kotzk

La lecture de Jacques Pineault

Extraits d’un article sur Le Rabbi de Kotzk paru dans le Bulletin de spiritualité monastique (2018/3)

Du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle, le hassidisme est l’un des courants les plus marquants de la philosophie juive, dont l’influence a été essentielle : « un hassidisme porté sur l’étude de la Thora et du Talmud, et ce qui est essentiel pour Rabbi Menahem Mendel, sur la nécessité pour chacun de trouver sa propre voie vers Dieu » (p. 14).

Après Les Lettres de la création (2006), les Éditions Arfuyen ont commencé de travailler avec l’éminente spécialiste qu’est Catherine Chalier à une suite d’ouvrages consacrée aux grandes figures du hassidisme. […] Grâce aux présentations et traductions de l’hébreu de nombreux textes inédits, réalisées par la série consacrée au hassidisme dans la collection Les Carnets spirituels, il est possible d’entrer au cœur de l’œuvre de ses plus grands penseurs, qui désiraient « devenir […] un lieu où puisse habiter l’inspiration de la Chekhina, de la présence divine » (p. 20). Car, prétend-on, « dans la Torah, le sens littéral véritable est aussi son sens secret » (p. 72). […]

Deux ouvrages ont paru à ce jour : Kalonymus Shapiro, rabbin au Ghetto de Varsovie (2011) et Aux sources du hassidisme, le Maggid de Mezeritch (2014). Le troisième ouvrage de cette série est consacré à une figure majeure du hassidisme, le Rabbi de Kotzk. Après une longue présentation de sa pensée, Catherine Chalier donne ici la traduction d’importants extraits de ses deux grands ouvrages : le Livre de la colonne de la vérité (Sefer Amud haEmet) et le Livre de la vérité et de la confiance (Sefer Emet veEmouna). C’est dans cette dernière œuvre qu’on trouve cette pensée réconfortante : « Si, à un moment donné, on prie avec une certaine attention, cette prière entraîne avec elle toutes les autres prières sans attention qui ont précédé ce moment, elle les élève jusqu’au trône des cieux, qu’il soit béni. Ces prières forment alors un unique et bon ensemble sous le rideau céleste » (p. 101).

Comment vivre l’amour de Dieu de façon absolument désintéressée et dans une lucidité qui éclaire tous les replis cachés de soi ? Pour le Rabbi de Kotzk, l’homme doit avancer « un pied dans le ciel, un pied sur la terre » en se sachant « entouré par l’abîme » (p. 48). Sa pensée forte et exigeante s’exprime dans de nombreux aphorismes brillants et pessimistes, tels que celui-ci : « Pour sauver Sodome, il fallait dix justes ; pour renverser le monde et tout ce qui s’y trouve, il suffit d’un seul idiot » (p. 67).

Le Rabbi de Kotzk, Menahem Mendel Halperin Morgenstein, est né en 1787 à Goraz (actuelle Pologne), dans une famille d’opposants au hassidisme. En 1803, il se rend à Lublin auprès du célèbre « Voyant de Lublin » (p. 40) sur les talents de thaumaturge sur lequel il porte un jugement sévère. Il quitte le Voyant sans son autorisation pour étudier avec l’un de ses disciples, dit « le saint Juif », chez qui il trouve le hassidisme exigeant qu’il cherchait, fondé d’abord sur l’étude et un « enseignement relatif à une présence de Dieu partout dans l’immanence de la création » (p. 17). À la mort de ce dernier, en 1813, il s’attache à son disciple Rabbi Simha Bunem, avant de le remplacer à sa mort. […]

En 1828, il va continuer son enseignement à Kotzk « pour entamer un chemin spirituel » (p. 21), « se confronter à un Dieu de vérité (Jr 10,10)  » (p. 39). […] En 1839, il se retire dans une pièce de sa maison où il reste cloîtré « entre l’étude et la prière » jusqu’à sa mort en 1859, ne recevant que très peu de visiteurs (p. 47). « La quête de la vérité (émet), tel était en effet le sens par excellence du chemin, ardu et solitaire, du Rabbi de Kotzk » (p. 16).

Jean Moncelon

moncelon

 

Jean Moncelon est né en 1954. Il est titulaire d’un doctorat de Lettres modernes et d’un Doctorat d’État en Lettres et Sciences humaines.

Spécialiste de Novalis, il anime sur internet une communauté virtuelle : D’Orient et d’Occident.

Avec Christian Destremau, il a publié Louis Massignon, le cheikh admirable (Éditions Le Capucin, 2005).

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Rulman Merswin, Le Livre des neuf rochers (co-traducteur avec Éliane Bouchery)

L’Ami de Dieu de l’Oberland, Le Livre des cinq hommes (co-traducteur avec Éliane Bouchery)

L’Ami de Dieu de l’Oberland, Le Sage et l’Ermite (co-traducteur avec Éliane Bouchery)

Novalis, Ainsi parlait Novalis (co-traducteur avec Marie Moncelon)